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MONTRÉAL – En grandissant à Brasher Falls, dans l’État de New York, à seulement 90 minutes au sud-ouest de Montréal, Derek Lalonde n’avait jamais imaginé qu’il serait un entraîneur prenant part à une finale de la coupe Stanley ayant lieu au Centre Bell.

Cela dit, lorsque ce jour est arrivé en 2021, quelque chose clochait : il se trouvait dans le mauvais camp.

En tant qu'entraîneur adjoint avec le Lightning de Tampa Bay, Lalonde a aidé les Bolts à remporter la coupe Stanley cette année-là. Du même coup, il a vécu l’immanquable frénésie des séries à Montréal, bien qu’elle s’articulât dans des circonstances des plus étranges, alors que le nombre de partisans dans l’amphithéâtre était limité en raison de la pandémie.

Maintenant, six ans plus tard, Lalonde effectue son retour au Centre Bell. Cette fois-ci, en revanche, il se trouvera du bon côté de la ligne rouge.

L’homme de 54 ans se prépare en vue de sa première saison en tant qu’entraîneur associé avec les Canadiens, aux côtés de Martin St-Louis, qu’il a rencontré pour la première fois lors de la cérémonie du retrait du chandail de l’ancien attaquant à Tampa en 2017.

L’équipe de contenu des Canadiens s’est entretenue avec le nouveau membre du personnel d’entraîneurs du Tricolore pour discuter de son nouveau défi, de son parcours comme instructeur, du hockey à Montréal et de son lien avec Lane Hutson et Cole Caufield.

Veuillez noter que certaines questions et réponses ont été modifiées à des fins de clarté et de concision.

Tu te joins à une équipe qui s’est améliorée de 30 points au classement en seulement deux ans. Qu’est-ce qui te stimule dans le fait d’entraîner cette formation?

C’est un groupe bien établi, maintenant, alors je me sens choyé de m’y joindre à ce moment-ci, et j’espère pouvoir y faire la différence du mieux que je le peux grâce à mon expérience dans la Ligue. J’ai l’impression qu’à travers plusieurs expériences que j’ai vécues, j’ai dû composer avec des attentes élevées qui sont bien réelles. Évidemment, je l’ai vécu à Tampa, où l’on n’arrivait pas à franchir l’étape ultime. Les attentes là-bas, c’était tout ou rien. À Detroit — tu parlais d’une amélioration de 30 points en deux ans — j’ai pris en main une équipe en reconstruction, on s’est améliorés de 17 points en deux ans, on était à la porte d’une place en séries, mais on a terminé à égalité avec Washington et ils ont remporté le bris d’égalité. Mais j’ai composé avec des attentes élevées. Elles sont réelles, et ç’a été une expérience en soi. Je pense donc que, plus que jamais, ce sera ce que Marty prêchera, comme il le fait depuis le tout début, et j’espère pouvoir contribuer à faire avancer le processus.

Dans quelle mesure le fait d’avoir affronté les Canadiens comme entraîneur t’aide-t-il à comprendre ce qu’ils essaient de construire?

Je pense que ç’a m’aide, effectivement, et c’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles je suis enthousiaste face à ce défi. Je me sens très choyé d’avoir cette occasion, mais regarder cette équipe évoluer au fil des ans –– son style de jeu, la vitesse à laquelle elle joue –– tu viens à l’apprécier. Je n’ai jamais réellement pu l'apprécier pleinement comme je ne travaillais pas avec le groupe chaque jour, mais d’être dans la même division et de l’affronter depuis si longtemps, j’en ai développé une sincère appréciation. Même les petits détails, que ce soit lors de sa première série –– je travaillais à Hockey Night in Canada et ça m’a donné la chance de la voir se démener chaque soir, et c’est difficile de ne pas être impressionné par cette équipe de loin.

Ce n’est pas un secret que les Canadiens sont une équipe et une organisation tissées serrées. Cet aspect a-t-il influencé ta décision de venir ici?

Selon moi –– et c'est quelque chose qu’on apprend en étant dans cette Ligue ou en étant entraîneur –– tu veux être entouré de gens qui partagent ta vision. J’ai pris cette décision il y a longtemps. Que ce soit lors de ma première expérience comme entraîneur-chef dans l’USHL à Green Bay, lorsque j’ai pris les rênes à Toledo dans l’ECHL ou lors de mon premier poste dans la Ligue américaine de hockey avec le Wild de l’Iowa, ç’a toujours été à propos des gens, et j’ai l’impression que c’est le cas ici aussi. L’état-major, l’équipe marketing, même le processus de rencontrer des gens à travers l’organisation et d’obtenir de l’aide, je pense qu’ils font vraiment du bon travail à ce chapitre. C’est une organisation axée sur l’humain et c’est dans ce type d’équipe que j’ai envie d’être.

On entend souvent Marty être décrit comme un « entraîneur près de ses joueurs ». Que cela signifie-t-il quand des joueurs sont prêts à aller à la guerre pour un entraîneur?

Je pense qu’aujourd’hui, l'expression « entraîneur près de ses joueurs » a mauvaise presse, et ce que j’entends par là est que les gens l’associent à un entraîneur qui laisse les joueurs décider. Ce n’est pas le cas. Les bons entraîneurs dans cette Ligue, ceux comme qui j’aspire à être et que j’ai côtoyés –– John Cooper, Craig Berube –– ces gars-là, ils travaillent en fonction de la LNH d’aujourd’hui. C’est un partenariat. Bien sûr, Marty est en charge et tout le monde le sait, mais il travaille avec ses joueurs et il les tient responsables, mais il le fait par l’entremise d’un partenariat et d’une relation. Et je crois que c’est ce qu’est la LNH d’aujourd’hui et ce qu’elle se doit d’être. C'est une raison de plus pour laquelle je suis fébrile à l’idée d’entamer ce défi.

Selon toi, qu’est-ce qui fait le succès d’un excellent personnel d’entraîneurs?

La continuité. Le meilleur personnel d’entraîneurs dont j’aie fait partie et le meilleur que j’aie pu voir à l’oeuvre avaient de la complicité dans le vestiaire : les joueurs jouaient les uns pour les autres, et c’était pareil pour la brigade d’entraîneurs. Je crois sincèrement que Marty est en train de bâtir cette culture dans le vestiaire. Il le fait aussi dans sa salle d’entraîneurs et, encore une fois, ça m’enthousiasme énormément.

Tu as été entraîneur dans des villes passionnées de hockey, mais Montréal se situe à un autre niveau. À quel point as-tu hâte de t’immerger dans cet environnement?

Je ne peux m’éloigner des six équipes originales, et je ne peux m’éloigner de la Division atlantique. Donc, même si ç'a été une bénédiction, ç’a aussi été une malédiction parce que c’est extrêmement compétitif. Mais ça te prépare. En venant de Detroit et de Toronto, et en étant maintenant à Montréal, il faut presque le vivre pour comprendre à quel point les partisans et les médias sont passionnés et intenses. Et tu dois t'y habituer. Tu développes une carapace et tu te concentres davantage sur ce qui se passe dans le vestiaire. Ça te mène également à bloquer le bruit externe et à travailler encore plus fort sur le processus. Donc, aussi difficile que ce soit — et on sait tous que ce l’est — ça m’a fait grandir énormément.

Que peux-tu dire à propos d’entraîner au Centre Bell?

C’est un niveau d’énergie différent. C’est vrai. Le parcours en séries de cette année était encore plus survolté. Les gens en parlent avec enthousiasme. [...] En grandissant à 90 minutes au sud de Montréal, je n’aurais jamais imaginé dans mes rêves les plus fous entraîner à Montréal lors d’une finale de la coupe Stanley, donc je suis enthousiaste de vivre ce qu’est cet amphithéâtre lorsqu’il est plein chaque soir.

Lorsque tu intègres un nouveau vestiaire, que recherches-tu lors des premières semaines?

[Je cherche à] créer des liens et simplement apprendre à connaître les gens. Encore une fois, je fais mon entrée dans un vestiaire qui commence à être bien établi, qui a une certaine continuité et, ç’a toujours été ce que j’ai fait tout au long de ma carrière. Je veux rencontrer les gens, apprendre à les connaître et découvrir qui ils sont réellement. J’ai eu la chance d’entraîner Lane Hutson à un Championnat du monde, j’ai entraîné Cole Caufield à un Championnat du monde, et, tout naturellement, je me suis très bien entendu avec les deux. Je vais donc chercher à connaître les gens et à bâtir des relations.