MONTRÉAL - En l'honneur du Mois de l'histoire des Noirs, Meeker Guerrier a animé une conversation entre le défenseur des Canadiens Jordan Harris et le retraité de la LNH et ancien joueur des Canadiens Georges Laraque sur leurs expériences dans le hockey.
Harris, Laraque et Guerrier discutent de l'histoire des Noirs
L'animateur Meeker Guerrier s'entretient avec le défenseur Jordan Harris et l'ancien joueur des Canadiens Georges Laraque

par
Canadiens de Montréal
canadiens.com
Tout au long du mois de février et à l'occasion du match contre les Blackhawks de Chicago, les Canadiens rendent hommage au riche patrimoine et aux accomplissements des communautés noires, tant au hockey que dans la société d'aujourd'hui. Cette conversation s'inscrit dans cette initiative de l'organisation visant à amplifier les voix des personnes noires au sein de la communauté du hockey.
MISER : Chandails d'échauffement de la Soirée de l'histoire des Noirs autographiés
Voici un court résumé de leur entretien :
Laraque discute de ce qui l'a aidé à poursuivre le hockey dans un environnement très blanc :
C'est avec un modèle suivre. On dit souvent qu'un modèle à suivre est ce qui te permet et qui t'aide à connaître du succès. Quand je vivais tout ce racisme quand je jouais au hockey, je suis tombé par hasard sur le livre de Jackie Robinson. Il y a une version pour enfants de son autobiographie qui explique ce à travers quoi il a dû passer pour devenir le premier joueur de baseball noir. Et quand je l'ai lu, comme il n'y avait pas vraiment de modèle à suivre pour moi dans la LNH, je me disais, le racisme que je vis est normal. Je dois passer à travers ça pour y arriver, comme il l'a fait. Alors ce que j'ai fait, contrairement à plusieurs enfants qui n'ont malheureusement peut-être pas affronté le racisme de la même façon, c'est que je l'ai utilisé comme source de motivation, comme il le faisait, pour prouver à tout le monde qu'ils avaient tort. Donc chaque fois que je me faisais appeler par un nom, au lieu d'être dur avec moi-même et de laisser ça m'affecter, ce qui affecterait mon jeu, je me disais, c'est comme pour Jackie, c'est le même processus. Travaille juste plus fort et utilise ça comme motivation. Puis, quand j'ai atteint la LNH, j'ai remercié tous ceux qui m'avaient traité de noms, parce qu'ils m'avaient donné la motivation supplémentaire dont j'avais besoin pour m'y rendre.
Harris quant à l'opportunité d'être un modèle à suivre pour d'autres :
C'est énorme. Surtout en jouant pour les Canadiens, ce qui est un grand honneur, d'abord et avant tout. Mais je ne crois pas que ce soit suffisant, de juste être un joueur de hockey. Je pense que quand tu arrives à ce stade dans ta carrière, la mienne commence tout juste et j'espère qu'elle sera longue, mais je pense qu'une responsabilité de redonner vient avec ça. De vraiment partager tes expériences et peut-être certaines choses que tu as vécues et apprises en chemin, parce qu'il y a des jeunes qui sont peut-être en train de douter : « Comment est-ce que je navigue à travers ça? », « Est-ce que j'ai vraiment ce qu'il faut? », « Peut-être que je ne ressemble pas aux autres? » Et c'est tellement important parce que tu ne sais jamais où un jeune peut être rendu dans sa carrière ou dans sa vie, et je commence à voir l'impact que tu peux avoir, en ayant la plateforme qu'on a en tant que joueurs de hockey. On a travaillé toute notre vie pour se rendre à ce stade dans nos vies. Ma copine habite à Calgary et elle entraîne une équipe. Il y a un enfant métis dans l'équipe et j'ai eu la chance de parler aux enfants quand on a joué à Calgary et de rencontrer les joueurs, et elle m'a dit : « Hé, ce joueur-là aimerait vraiment te parler. Il a des origines mixtes et il t'admire beaucoup. » Ça a signifié beaucoup pour moi, parce que je me disais, ce jeune-là adore le hockey, et espérons qu'il atteigne la LNH un jour, mais juste de savoir qu'il y a un enfant quelque part avec des expériences similaires à qui je peux peut-être donner quelques conseils ou qui peut simplement me voir jouer pour les Canadiens et se dire, « ok, je peux atteindre ça un jour ». C'était vraiment cool et ça m'a vraiment touché.
Laraque quant aux progrès en matière d'inclusion dans le monde du hockey :
Il y a du progrès. À l'époque, Willie O'Ree recevait des menaces de mort. Je n'ai pas reçu de menaces de mort, mais quand j'écoutais Jordan, c'est vraiment encourageant de voir qu'il n'a rien vu. Alors ça s'en vient mieux. C'est facile de dire que ça ne va pas assez vite. On souhaite tous que tout se règle immédiatement, mais ce n'est pas comme ça que la vie fonctionne. Mais c'est parce que la société a changé, et maintenant, tout le monde demande du changement. Quand ces événements sont survenus dans les dernières années, tu pouvais voir que ce mouvement s'en venait, de tout le monde, pas juste des gens d'une origine, mais d'une nation. Il y a quelques incidents qui arrivent ici et là et qui doivent être adressés, mais quand même, c'est encourageant à voir. C'est agréable de voir des minorités devenir de plus en plus intéressées et j'étais vraiment content et heureux quand je t'ai [Jordan] entendu dire que tu n'avais rien entendu, parce que c'est un pas dans la bonne direction. Ça aurait pu arriver. Si tu avais posé cette question il y a 20 ans à n'importe quel joueur, même un qui ne vient pas d'une minorité, il n'aurait pas répondu ça. Alors c'est un pas dans la bonne direction.
Harris discute de solutions pour rendre le hockey plus accueillant :
Une grande partie de la négativité, de la haine ou du racisme, j'ai l'impression que la plupart du temps, ça vient de l'ignorance. Les gens qui ont peut-être été protégés en grandissant, ou à qui on a appris que les Noirs ne jouent pas au hockey ici, ou qui viennent d'un foyer où il y a du racisme. Donc, j'ai l'impression qu'en grande partie, il faut juste construire des relations, parler, avoir des conversations et avoir des conversations difficiles. Mais ce qu'on fait aujourd'hui, quel que soit ton parcours, je pense que c'est énorme parce qu'une fois que tu apprends à connaître les gens, et les gens peuvent être effrayants ou intimidants au début, donc quand tu apprends à connaître les gens et que tu leur parles, je pense que ça peut vraiment être un grand pas en avant pour être plus inclusif et aller chercher les faits derrière les situations et les gens, il faut juste apprendre à les connaître. Ça ne peut qu'aider.

















