Vingt-cinq ans, c’est long. André Ringuette en est parfaitement conscient.

« Au début, j’étais tout jeune, et je savais déjà que c’était quelque chose de majeur », explique Ringuette. « On m’a donné la chance de photographier des événements sportifs. On m’a donné la chance de photographier des matchs de hockey de très haut niveau. On m’a donné la chance d’aller aux Jeux olympiques! Après trois décennies, j’apprécie toujours ces choses, mais différemment. Comme tout le monde, je suis confronté à la perspective de vieillir, d'avoir une carrière, d'aller de l'avant et tout le reste. Donc, oui, sans faire de mauvais jeux de mots, je vois les choses sous un angle différent. »

Ringuette est le photographe officiel des Sénateurs depuis le début de la saison 2000-01. En réalité, il a commencé à photographier des matchs de l’équipe dès son retour dans la LNH. Avec son équipe, il a couvert de nombreux matchs en plein air, des Matchs des étoiles, des matchs de la Série globale de la LNH et plus de 50 événements internationaux. Parmi ceux-ci, on compte le Championnat mondial masculin et le Championnat mondial féminin de l’IIHF. Ringuette a gouté au Championnat mondial de hockey junior à 13 reprises. Il a été témoin de trois Jeux olympiques. Il vivra l’expérience pour une quatrième fois, à Milan, en février.

En plus de collectionner les grands événements internationaux, Ringuette a vécu quelques moments grandioses au Centre Canadian Tire.

« Les meilleurs moments et mes moments favoris ne sont pas nécessairement les mêmes », dit-il. « Ma photo favorite, c’est celle d’un événement un peu obscur. C’était Alfie, dans les séries éliminatoires. C’était un des premiers matchs d’une ronde. Je crois que c’était contre Buffalo. Alfie se retrouve au cœur d’une altercation. Il est adossé à la baie vitrée, face à moi. Je ne veux pas dire qu’il s’agissait d’une bagarre parce que je ne crois pas qu’il a écopé d’une pénalité majeure. Mais il a fini par perdre son chandail et les fans sont devenus complètement fous. »

« J’ai vécu des moments dans ma carrière. Les poils se dressaient sur mes bras. En voilà un, justement. Les fans soutenaient Alfie de manière inconditionnelle. Il avait ce regard particulier. C’était un mélange de défi et de satisfaction. J’ai capté ce moment, avec les fans dans le background qui étaient là pour le soutenir. »

Quand il songe aux expériences mémorables survenues lors de la couverture des événements internationaux, une rencontre avec un Alex Ovechkin adolescent, lors de la Coupe du monde de 2004, lui vient en tête.

« Je me trouvais très intelligent. Je voulais vraiment le photographier alors qu’il prenait un lancer dans ma direction. J’avais apporté quelques rondelles de caoutchouc. C’était une question de sécurité! Le problème, c’est qu’il a pris tout ça très au sérieux. Je me souviens de la première rondelle qui a frappé la rampe derrière moi. S’il m’avait frappé avec cette rondelle, même s’il s’agissait d’une rondelle de caoutchouc, je ne serais pas pas ici pour vous en parler! »

Au-delà de tous ces grands moments, ce sont les amitiés qui ont rendu l’expérience aussi spéciale.

« Je ne suis plus un jeune homme », dit-il. « C’est un peu déstabilisant quand les joueurs me vouvoient, mais en même temps, c’est quelque chose que j’apprécie. Quand les joueurs débarquent pour la première fois, on ne sait jamais s’ils connaîtront beaucoup de succès. Alfie n’était pas un choix de première ronde et vous voyez ce qu’il est devenu! Mark Stone n’est pas resté avec l’équipe lors de sa première année. Antoine Vermette non plus. J’ai eu plusieurs conversations avec Antoine. Il est un des joueurs que j’ai appris à connaître davantage. Quand il est devenu un leader au sein d’autres organisations, quand il a gagné la coupe Stanley, j’ai trouvé ça pas mal cool. »

À travers toutes ces rencontres, Ringuette a pu développer sa passion pour la photographie. C’est une passion qui le suit depuis l’enfance.

« Mon père a toujours eu une caméra. Moi aussi, j’avais ma petite caméra. La photographie a toujours fait partie de ma vie. Je n’ai pas toujours su que ça deviendrait ma carrière, mais j’ai toujours été à l’aise avec une caméra entre les mains. »

Ringuette a tout compris durant ses études post-secondaire en design graphique. Il a compris où se trouvait sa véritable passion en suivant un cours facultatif en photo.

« J’étais un véritable passionné. On nous donnait accès au laboratoire pendant une heure, le vendredi après-midi. Je devais supplier le technicien de me laisser plus de temps! »

Quand il s’est installé dans la région d’Ottawa, pour ses études universitaires, Ringuette est devenu le photographe de l’équipe de natation de l’Université d’Ottawa. Ce fut le début d’une belle association avec les équipes sportives de son école.

« Je me suis mis à photographier des matchs de basket-ball, de hockey et de volley-ball pour l’école. C’est à ce moment-là que j’ai découvert ma véritable vocation. C’est tout ce que je faisais. J’étais reconnu comme le gars des sports. »

Ringuette a commencé à se forger une réputation à travers la ville quand il est devenu, à la fois, le photographe officiel de l’Université d’Ottawa et de l’université Carleton. Peu de temps après avoir été embauché par le Sport interuniversitaire canadien, il a commencé à photographier des matchs de la LNH pour plusieurs différents clients.

« Mon histoire est associée à celle des Sénateurs. Tout a commencé au premier match de l’équipe au Centre municipal. J’ai travaillé avec un client, puis un autre, puis un autre… Je suis en quelque sorte devenu le photographe du hockey en ville. Huit ans plus tard, c’était tout naturel pour les Sénateurs de m’embaucher à titre de photographe officiel de l’équipe. »

À partir de ce moment, il a été capable de rencontrer des gens qui l’ont accompagné tout au long de sa carrière. Certains joueurs, rencontrés à Ottawa, l’ont croisé un peu partout dans le monde. Kaspars Daugavins constitue un exemple parfait.

« Kaspars était, au mieux, un joueur de troisième trio dans la LNH. Il n’était certainement pas une vedette. Il n’a jamais été un des joueurs les plus populaires de l’équipe. Il y avait cependant cette activité, une visite au ranch de M. Melnyk, chaque fois que les Sénateurs se trouvaient en Floride. Un de ces jours, je me suis retrouvé assis à côté de Kaspars. Il avait un gros tatouage du logo de la Lettonie sur son dos. On a commencé à en parler. C’est quand même étrange. C’était avant que je commence à m’impliquer en couvrant le Championnat mondial. »

« Année après année, je voyais toujours Kaspars au Championnat mondial. Au fil des ans, il est devenu le capitaine de son équipe nationale. Il est devenu une légende dans son pays. Nous avons toujours gardé contact. J’ai fait son premier portrait lors du Championnat mondial de 2012. On est devenus amis au fil du temps. »

Graviter autour de l’organisation pendant tout ce temps lui a permis d’assister à la naissance de toutes les légendes. Ringuette est fier de continuer à documenter les progrès des joueurs qui forment l’équipe actuelle.

« J’ai toujours aimé le camp des recrues », dit-il. « Je suis fier de faire partie des premières personnes que les nouveaux joueurs rencontrent. Je pense à Brady Tkachuk. Lors de son année de repêchage, je travaillais au défi des recrues de l’Association des joueurs, présenté par Upper Deck. Je me souviens de ma première rencontre avec Brady. Il était extrêmement poli. Il était animé par une très belle énergie. Je me suis dit qu’il deviendrait quelqu’un de bien. Je ne m’étais pas trompé. Tous les joueurs qui sont avec notre équipe depuis le début n’ont connu aucun autre photographe officiel. »

Couvrir les Sénateurs a permis à Ringuette d’assister à quelques moments mémorables de l’histoire du hockey. Il a par exemple pu vivre le dernier match de Wayne Gretzky en sol canadien. C’était à Ottawa.

« J’ai une belle photo de lui. Il est à l’autre bout de la patinoire. Tout le monde le salue. Il a un bras en l’air. Il salue la foule à son tour. Je vois son nom, son numéro, la foule en arrière-plan. Un des partisans tient un écriteau sur lequel sont écrits les mots ‘thank you Wayne’. J’ai été capable d’en faire imprimer une copie. Il a signé la photo et elle se trouve aujourd’hui dans mon bureau. »

Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres qui illustre bien l'état d'esprit et la préparation de Ringuette lorsqu'il cherche à immortaliser les moments forts d'une soirée.

« J’ai 60 minutes pour faire quelque chose de spécial », dit-il. « Avec l’expérience, j’ai compris que les moments les plus importants surviennent souvent vers la fin des matchs. Il faut donc être particulièrement attentif. Dans le monde de la photographie, ce qui est bien et ce qui est moins bien, c'est que vous arrêtez en quelque sorte le temps. Avec la vidéo, vous capturez tout le flux du moment, mais une fois que ce flux a disparu, il s'efface. Avec une photo, vous n'avez qu'une fraction de seconde pour le saisir. Mais ensuite, vous le figez et vous le capturez, et cela peut durer éternellement. »

Même s’il ne compte plus les heures, Ringuette ne s’est jamais fatigué de son rôle avec les Sénateurs.

« Le défi, c’est de trouver les bonnes images qui vont venir soutenir la trame narrative d’un match. C’est vraiment stimulant. À la fin de la soirée, quand je regarde les résultats, j’espère avoir réussi à avoir créé quelques belles images. »

« On travaille beaucoup, dans la vie. Mieux vaut choisir un métier qu’on aime. Il faut gagner sa vie. Il faut payer l’hypothèque et mettre un peu de nourriture sur la table. Il faut prendre soin de la famille. Il faut aussi s’amuser. Sinon, on ne fait que perdre du temps précieux au travail. »

Ringuette s’apprête à entreprendre une nouvelle saison dans la LNH. Il a déjà hâte à son voyage en Italie pour vivre une autre expérience aux Jeux olympiques.

Il anticipe déjà le progrès des jeunes Sénateurs, sur la patinoire.

« Atteindre la deuxième ronde des séries, puis la troisième ronde, puis la quatrième… Ce serait bien de vivre cette expérience une fois de plus », dit-il. « J’aimerais qu’on respecte les Sénateurs, comme on les respectait à l’époque où ils avaient Alfie, Heatley, Spezza, Hossa, Redden et Chara. Je pense que notre équipe actuelle possède un grand potentiel. J’aimerais que les Sénateurs se retrouvent sous les feux de la rampe à nouveau. Je pense qu’on mérite ça, nous tous, à Ottawa. »

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