Ne comptez toutefois pas sur ses coéquipiers pour lancer la pierre à Bishop, qui a raté les huit derniers matchs des siens. Son dernier départ remontait au 13 août, soit au match no 2 contre les Flames de Calgary en première ronde des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
« Nos dix premières minutes ont été une véritable farce, a lancé l'attaquant des Stars Andrew Cogliano. [Bishop] va accepter le blâme et placer cette défaite sur ses épaules, mais soyons honnêtes… nous avons été atroces au cours des dix premières minutes. Le pointage était de 5-0 avec [cinq] minutes à écouler à la période. Ça n'a rien à voir avec nos gardiens. Nous perdons notre temps si nous parlons du rendement de nos gardiens. Nous avons le luxe de miser sur ces deux gars-là, et quand Bishop est devant le filet, nous avons pleinement confiance en lui. Nous l'avons laissé tomber. »
L'entraîneur Rick Bowness, qui avait bien caché son jeu au cours de sa visioconférence avec les médias en après-midi en indiquant que Bishop n'avait pas patiné au cours de la journée et qu'il n'était pas encore apte à jouer, a également refusé de faire porter l'odieux de la défaite à son gardien.
« Si vous pointez Ben Bishop du doigt, vous faites fausse route, a affirmé Bowness. Aucun d'entre nous n'était prêt à jouer ce soir, alors le premier à être pointé du doigt devrait être moi. »
Bowness n'a pas voulu s'avancer quant à l'identité de son gardien partant en vue du match no 6, qui aura lieu mercredi (20 h (HE); NBCSN, SN, CBC, TVAS). Anton Khudobin, qui avait amorcé les huit rencontres précédentes, conservant un dossier de 6-2, une moyenne de buts alloués de 2,95 et un pourcentage d'arrêts de ,912, a accordé deux buts sur 22 tirs en relève.
« Cette rencontre a été tellement mauvaise, que nous avons beaucoup de choses à analyser avant de pouvoir prendre une décision par rapport au match de mercredi », a mentionné le pilote.
Place au troisième gardien
Les Stars n'ont pas été les seuls à envoyer dans la mêlée un gardien que personne n'attendait. L'Avalanche a de son côté fait confiance à Michael Hutchinson, qui obtenait un premier match en carrière en séries éliminatoires.
Le vétéran de 30 ans est devenu l'homme de confiance de l'entraîneur Jared Bednar à la suite des blessures subies par Philipp Grubauer dans le match no 1, et de Pavel Francouz dans le match no 4.
« Quand j'étais enfant, je rêvais de prendre part aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley, alors j'avais évidemment hâte d'avoir la chance de jouer », a souligné Hutchinson.
Hutchinson n'a pas semblé intimidé par l'ampleur du moment, alors que la saison de l'Avalanche était en jeu dans ce match no 5. Pour un gardien dont le dernier départ remontait au 2 mars et qui n'avait disputé que deux matchs, toutes ligues confondues, depuis le 5 février, ce n'était pas une mince tâche.
« Je ne voyais pas cela comme une pression additionnelle, mais plutôt comme une très belle occasion, a résumé Hutchinson. Je suis allé sur la glace, et j'ai eu du plaisir. Je suis plutôt du type optimiste. Le match de ce soir a été très plaisant, et nous avons hâte de continuer dans cette veine. »
S'il a admis après la rencontre que la décision était déjà prise la veille au soir, Bednar s'est bien gardé de dévoiler son jeu au cours de la journée. L'Avalanche est ainsi devenue la première équipe depuis les Ducks d'Anaheim en 2014 (Jonas Hiller, Frederik Andersen et John Gibson) à utiliser trois partants différents au cours d'une même série.
Hutchinson, qui a été acquis des Maple Leafs de Toronto le 20 février, a repoussé 31 des 34 rondelles dirigées vers lui.
« Je suis tellement heureux pour Hutch, a déclaré Bednar. Depuis qu'il est arrivé avec nous, il a travaillé fort chaque jour. C'est quelqu'un de tranquille dans le vestiaire, et une très bonne personne.
« Il n'a pas été très occupé en début de match, mais il a assurément eu son mot à dire par la suite, lorsque Dallas tentait de revenir dans la rencontre et que nous avons encore une fois écopé de plusieurs punitions. »
Le fait d'avoir pu bénéficier d'une telle avance tôt dans le match a assurément permis à Hutchinson de respirer plus à l'aise.
« Nous n'amorçons pas un match en nous disant que nous allons marquer cinq buts en une période, mais comme c'est ce qui s'est produit, ç'a peut-être été un peu plus facile pour lui, a relevé l'attaquant Pierre Édouard Bellemare. Il a quand même eu à faire quelques arrêts importants à certains moments. Le fait de jouer avec une telle avance l'a probablement aidé à relaxer et à faire les gros arrêts quand nous en avions besoin. »