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Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l’actualité chez le Rocket de Laval ainsi que dans l’ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l’antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.

Bien peu de joueurs de hockey peuvent se targuer d’avoir une histoire comme celle de Daniel Walcott. Au pic et à la pelle, le Montréalais de 30 ans qui évolue aujourd'hui avec le Crunch de Syracuse a été en mesure de se sculpter une carrière professionnelle de plus de 10 ans alors que personne n’aurait pu lui prédire ça au moment où il s’est présenté au camp d’entraînement de l’Armada de Blainville-Boisbriand dans la LHJMQ à l’automne 2013.

Le jeune homme s’était un peu fait oublier les deux années précédentes en évoluant dans une école secondaire de la région de Chicago, où il habitait avec son père, avant de déménager en banlieue de St-Louis pour jouer une saison à l’Université Lindenwood. C’est à ce moment que la relation de longue date avec Joël Bouchard a débuté pour Walcott, qui s’était fait convaincre de revenir à la maison où il allait devenir un joueur étoile dans la LHJMQ avant de devenir un choix de cinquième tour des Rangers de New York en 2014.

« J’ai un énorme respect pour Joël », a mentionné Walcott lors d’une récente discussion près du vestiaire visiteur à la Place Bell de Laval. « Je suis extrêmement content de le retrouver cette année comme entraîneur. Tu n’oublies pas quelqu’un qui te donne une vraie première chance. C’est ce qu’il avait fait quand j’étais arrivé avec l’Armada sans jamais avoir été repêché. »

« Ce que j’aime le plus de Wally, c’est que tu sais exactement ce qu’il va te donner, a dit Bouchard. C’est tout un compétiteur. C’est le genre de joueur que quand il part, tu essaies tout de suite de le remplacer. Ces gars-là ne sont pas faciles à trouver. C’est un rassembleur, et il y a toujours plein de gens qui gravitent autour de lui. C’est un morceau important de notre organisation. »

Les deux hommes se retrouvent plusieurs années plus tard chez le Crunch. Walcott est récemment devenu le joueur ayant disputé le plus de matchs dans l’histoire de l’équipe (426). Pour réussir ce tour de force, il a même dû changer de position, passant d’un défenseur à caractère offensif, à celui de fougueux attaquant à caractère défensif. Il complète présentement sa neuvième saison dans l’uniforme du Crunch, un phénomène extrêmement rare dans la Ligue américaine, un circuit où les formations changent énormément chaque année.

Walcott se pince pratiquement pour le croire. Jamais il n’aurait pensé enfiler l’uniforme du Crunch aussi souvent après la transaction l’ayant fait passer au Lightning de Tampa Bay le 1er juin 2015 contre un modeste choix de septième ronde. Habituellement, une transaction de moindre importance de la sorte n’a pas tendance à t’apporter des bénéfices près de 10 ans plus tard. Pourtant…

« C’est fou de voir ça, ça a passé tellement vite, se souvient Walcott. J’étais un petit cul de Montréal qui arrivait ici sans attente, en voulant tout simplement me faire une place dans l’équipe. On se retrouve plus de 400 matchs plus tard et plusieurs autres à venir, j’espère! »

Si Walcott a adopté la ville de Syracuse, la communauté a fait exactement la même chose avec lui. Les partisans de l’équipe apprécient son côté teigneux et le fait qu’il ne recule devant personne. Quand on se déplace au domicile du Crunch, le chandail de Walcott fait partie des plus populaires, malgré le fait qu’il n’a jamais marqué plus de 32 points dans une saison. 

« Je pense que Syracuse était la ville parfaite pour apprécier mon style de jeu, explique Walcott. Je pense que les gens aiment que je me défonce pour l’équipe tous les soirs. J’espère rester ici le plus longtemps possible. Je suis en amour avec la ville. C’est elle qui m’a permis de rencontrer ma femme et on possède une maison ici. Je n’ai pas de plan précis en tête pour la suite des choses. Une chose est certaine, je ne me vois pas arrêter de jouer demain matin! »

Cette relation de confiance entre Walcott et l’organisation du Lightning s’est bâtie au fil du temps et ce n’est pas pour rien que le joueur n’a que du bon à raconter sur ses neuf années passées là-bas. Il se souvient de son seul match disputé dans la LNH face aux Panthers de la Floride le 10 mai 2021. Un match qui est demeuré dans les annales de la LNH pour une raison bien précise.

« On m’avait rappelé sur l'équipe de réserve (pour la saison 2021, les équipes avaient le droit de conserver plus de joueurs à leur disposition en raison de la pandémie de COVID-19) et j’avais finalement passé quelques mois avec le Lightning. J’ai appris énormément en côtoyant les meilleurs même si je n’ai pas joué beaucoup. Je me souviens que (Steven) Stamkos et (Nikita) Kucherov se remettaient d’une blessure et pratiquaient tous les jours avec nous. Je me suis beaucoup amélioré à leur contact. »

Jamais il n’oubliera sa seule partie dans la LNH, surtout de la manière que l’entraîneur Jon Cooper avait organisé les choses. Le pilote du Lighning avait décidé de débuter le match avec trois attaquants de couleur sur sa formation partante : Walcott, Gemel Smith et Mathieu Joseph. Du jamais vu dans l’histoire de la LNH. Disons que la défaite de 4-0 aux mains des Panthers lors du dernier match de la saison régulière n’est pas ce qu'on retient de cet événement mémorable.

« C’était tout un scénario pour mes débuts dans la LNH », raconte Walcott avec encore des étoiles dans les yeux. « Surtout de faire ça avec Smith et Joseph, deux gars avec qui j’étais extrêmement proche. Après, quand je suis revenu dans la Ligue américaine, on dirait que j’étais devenu un joueur différent. C’est comme si je recommençais à zéro, avec une énergie renouvelée. Je jouais avec plus de confiance avec la rondelle. Je ne les remercierai jamais assez de m’avoir permis de vivre ça. »

De par son rôle avec le Lightning lors de la conquête de la Coupe Stanley en 2021, Walcott a pu lever au bout des bras le grand saladier d’argent. Il espère maintenant revivre les mêmes émotions avec le Crunch cette année, après avoir passé bien près de gagner un championnat en 2017 avec une présence en grande finale. Avec quelques matchs à jouer d’ici la fin de la saison, la troupe de Joël Bouchard trône au sommet de la section Nord. Une position enviable en vue des séries, qui leur laisse entrevoir la possibilité de remporter un premier championnat de la Coupe Calder dans l’histoire de l’équipe.