BRAMPTON, Ont. – Une année peut faire toute une différence. Parlez-en aux Blue Jackets de Columbus.
Même s’ils ont raté de justesse les séries éliminatoires de la Coupe Stanley ce printemps, au terme d’une saison Cendrillon, les représentants de l’Ohio entameront la prochaine campagne avec une détermination et une confiance en soi qu’ils n’avaient pas eues depuis trop longtemps. Le vétéran défenseur Erik Gudbranson croit fermement que ses coéquipiers et lui pourront mettre fin à leur séquence de cinq années consécutives sans participation au tournoi printanier.
« Nous sommes encore amers de la manière dont notre saison s’est terminée », a admis Gudbranson à LNH.com lors du 11e tournoi de golf annuel des célébrités Smilezone au Lionhead Golf Club, lundi. « Nous aurions dû nous qualifier (pour les séries). Nous avons laissé quelques portes ouvertes que nous aurions dû fermer. De notre point de vue, nous nous sommes tiré une balle dans le pied. L’amertume durera tout l’été, mais les gars abordent la prochaine saison avec beaucoup de détermination. »
Après avoir vaincu les Red Wings de Detroit 5-3 devant 94 751 partisans lors du match de la Série des stades Navy Federal Credit Union 2025 de la LNH au Ohio Stadium le 1er mars, les Blue Jackets présentaient une fiche de 30-22-8 et occupaient la première place de quatrième as donnant accès aux séries dans l’Association de l’Est.
Ils ont toutefois suivi cette victoire d’une séquence de 1-7-1 au cours de laquelle ils ont été blanchis à quatre reprises. Ils se sont creusé un trou duquel ils n’ont jamais pu ressortir, même avec une série de six victoires pour clore la saison régulière. Columbus (40-33-9) a terminé la campagne à deux points des Canadiens de Montréal dans la course pour la deuxième place de quatrième as.
Quand Don Waddell a été embauché à titre de président des opérations hockey et de directeur général chez les Blue Jackets le 28 mai 2024, il a dressé un bilan terne d’où en était la culture d’organisation.
« Je ne vais pas dire que c’était le cas pour tout le monde, mais dans l’ensemble, la défaite était acceptable (ici), et la défaite ne doit jamais être acceptable », avait déclaré Waddell sur les ondes de SiriusXM NHL Network Radio le 22 août dernier.
La veille, Gudbranson avait exprimé des propos similaires lors d’une entrevue avec LNH.com.
« Nous devons profiter de chaque jour. Nous n’avons pas de temps à perdre, avait-il dit. Nous ne sommes pas dans une position qui nous permet de perdre du temps. C’est ce qui nous est arrivé lors des deux dernières saisons (2022-23 et 2023-24), et les choses n’ont pas bien tourné. Nous devrons redresser notre culture d’organisation. »
Mais l’organisation, finalement, a été frappée par une tragédie un peu plus d’une semaine plus tard. Le 29 août, l’attaquant Johnny Gaudreau et son frère Matthew sont décédés après avoir été happés par une voiture alors qu’ils se promenaient à vélo dans le comté de Salem, au New Jersey. L’automobiliste fautif était présumément en état d’ébriété.
Dans le vestiaire des Blue Jackets, il n’y avait qu’un seul moyen de se relever des récents événements.
« Avec ce qui est arrivé aux Gaudreau, nous sommes simplement devenus de meilleures personnes les unes pour les autres, a expliqué Gudbranson lundi. Je ne veux pas dire que nous étions auparavant méchants, mais cet incident a engendré une culture de gentillesse et de considération envers nos coéquipiers. Ça s’est forcément transposé sur la glace. »
Il va sans dire que l’héritage de Gaudreau se fait encore sentir au sein de l’organisation.
« Nous avons beaucoup mieux joué que lors des saisons précédentes, et ça s’explique par notre attention aux détails et par la croissance de notre groupe, a évoqué Gudbranson. Notre nouveau personnel d’entraîneurs, mené par Dean (Evason), n’a pas été sévère envers nous, mais il a été très franc. Nous avons abordé chaque jour avec détermination et ç’a fait une différence. Nous avons profité de chaque journée la saison dernière. Boone (Jenner) et moi n’étions pas [sur la glace] pendant une grande partie de la saison, mais même d’un peu plus loin, ça se sentait. »
Il y a plusieurs raisons d’être optimiste à Columbus. Les Blue Jackets ont failli se qualifier pour les séries, malgré l’absence de Jenner, leur capitaine, pendant 56 parties après qu’il eut subi une blessure à l’épaule en s’entraînant le 4 octobre. Jenner a subi une intervention chirurgicale pour soigner la blessure et il n’est revenu au jeu que le 22 février.
Gudbranson a lui aussi raté une grande partie de la campagne après avoir subi une blessure à l’épaule dès le troisième match du calendrier, le 15 octobre, face aux Panthers de la Floride. Il n’est revenu au jeu que le 24 mars et n’a terminé l’année qu’avec 16 rencontres au compteur.
Le vétéran joueur de centre Charlie Coyle, qui a participé aux séries à chacune de ses 13 saisons dans la LNH, a été acquis avec l’attaquant Miles Wood dans une transaction avec l’Avalanche du Colorado le 27 juin. Cette transaction a envoyé un message aux joueurs que l’avenir, c’est maintenant.
« C’est énorme, a commenté Gudbranson. Nous croyons fermement que les [dirigeants] ont vraiment confiance en nous. En acquérant ces gars, des joueurs établis de la LNH, nous obtenons de l’aide précieuse. Nous sommes ravis de les compter parmi nous. »
De leur côté, Kirill Marchenko (25 ans ; 31 buts, 43 passes), Kent Johnson (22 ans ; 24 buts, 33 passes), Adam Fantilli (20 ans ; 31 buts, 23 passes) et Dmitri Voronkov (24 buts ; 23 buts, 24 passes) ont chacun établi de nouvelles marques personnelles au chapitre des buts et des passes la saison dernière. Le défenseur Denton Mateychuk a quant à lui terminé à égalité au deuxième rang parmi tous les défenseurs recrues la saison dernière avec 13 points (quatre buts, neuf passes) en étant employé en moyenne 18:02 par match.
L’attaquant recrue Luca Del Bel Belluz, qui devrait être en lice pour un poste à temps plein dans la LNH cette saison, a offert un solide rendement de huit points (deux buts, six passes) en 15 parties avec Columbus la saison dernière. Il a ajouté 53 points (27 buts, 26 passes) en 61 rencontres avec les Monsters de Cleveland, club-école des Blue Jackets dans la Ligue américaine de hockey (LAH).
« Ces gars ont tous pris de gros pas en avant, a noté Gudbranson. Nous sommes très contents de notre situation actuelle. Il nous reste beaucoup de travail à faire. La LNH est une ligue où il est difficile de signer des victoires, alors nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers et nous féliciter pour ce que nous avons accompli la saison dernière. Tu peux t’applaudir pendant une minute, mais tu dois ensuite tourner la page et te remettre au travail. Dans ce vestiaire, nous croyons que nous pouvons réaliser de grandes choses. »


















