Samuel Girard Anaheim Ducks Reverse Retro

Note de la rédaction : Les quatre villes finalistes du concours Kraft Hockeyville seront dévoilées lors de l'émission Hockey Central sur Sportsnet, samedi à 18h30 HE. Il sera possible de voter pour le gagnant à partir du 9 avril. Dans ce texte écrit pour LNH.com, le défenseur de l'Avalanche du Colorado Samuel Girard raconte l'impact qu'a eu Hockeyville pour la ville gagnante en 2008, Roberval au Québec, ainsi que dans sa vie et sa carrière de hockeyeur.
J'ai grandi à Roberval, une ville d'environ 10 000 habitants sur la rive sud-ouest du Lac-Saint-Jean. Comme beaucoup de communautés au Québec, tout le monde se retrouve à l'aréna. Quel que soit votre âge, vous avez un lien avec la patinoire - en tant que joueur, parent, grand-parent, arbitre, entraîneur ou amateur. Notre patinoire locale était un endroit pour jouer, mais aussi pour se rencontrer et échanger.

L'aréna, c'est le cœur de notre communauté, et son allure usée le prouvait bien. Je me souviens que les bandes et les baies vitrées étaient affreuses. Les vestiaires avaient aussi besoin d'être rénovés. L'entretien d'un aréna coûte cher et notre ville n'avait pas l'argent pour effectuer ces rénovations.
Avoir et entretenir un endroit pour jouer n'est qu'un des nombreux obstacles qui existent au hockey.
Au cours de mon propre parcours vers la LNH, il est arrivé un moment où ma famille n'avait plus les moyens pour nous permettre, mon frère Jérémy et moi, de jouer du hockey organisé. Nous étions tous les deux dans le midget AAA, ce qui coûte très cher. C'est un engagement financier important et un obstacle majeur pour de nombreuses familles au Québec.
Mon frère Jérémy a généreusement décidé d'arrêter de jouer afin que je puisse continuer à poursuivre mon rêve. Je suis reconnaissant de son sacrifice, mais je ne peux m'empêcher de me demander combien de joueurs et leurs familles ont été contraints de prendre des décisions similaires.
Les organismes philanthropiques et l'aide financière des entreprises peuvent jouer un rôle majeur pour contribuer à faire tomber les barrières pour rendre le hockey plus accessible à tous les Québécois. Je suis le premier à l'avoir constaté.
Lorsque Roberval a été nominée pour Kraft Hockeyville, la communauté s'est vraiment serré les coudes. Après plusieurs semaines de vote, de fabrication d'affiches et de démontrer toute la fierté que nous avions pour notre ville, Roberval a fini par remporter le concours.
À Roberval, nous étions des partisans des Canadiens de Montréal, bien sûr. Je me souviens d'être assis sur mon sofa dans mon salon afin de regarder et encourager les Saku Koivu, Tomas Plekanec et Andrei Markov à la télévision. Pour moi et plusieurs de nos amis, ils étaient nos héros. Ils étaient plus grands que nature. Nous pratiquions le même sport et nous vivions dans la même province, mais la LNH, ça semblait être un monde complètement différent.
La journée où Roberval a gagné Kraft Hockeyville, ça signifiait que les Canadiens allaient débarquer chez nous, dans notre ville. Nous allions avoir la chance d'accueillir un match préparatoire de la LNH, de rénover notre aréna et d'avoir le titre de communauté la plus passionnée de hockey au Canada.

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Quand les Canadiens ont croisé le fer avec les Sabres de Buffalo à Roberval, dans notre aréna, j'ai pu assister à mon premier match de la LNH. Quand j'ai vu la partie, quelque chose a changé chez moi. Avant ce moment, je n'avais jamais considéré pouvoir jouer dans la LNH, mais vivre ce moment a fait en sorte que ça m'a paru possible. J'ai alors voulu faire partie de quelque chose de plus gros.
Je peux vous dire que gagner ce prix et accueillir cette rencontre a changé ma vie et la ville de Roberval. Nous étions tous tellement fiers, pas seulement pendant quelques mois, mais pendant plusieurs années. Roberval a gagné la compétition en 2008, et les gens en parlent encore aujourd'hui.
Quand tu es un jeune d'une petite ville, cette expérience est très spéciale. Voir tout le monde se rassembler, entendre les encouragements dans notre aréna et voir les joueurs en chair et en os a été incroyable. Les mots « communauté la plus passionnée de hockey au Canada » sont devenus une partie de notre identité.
Aujourd'hui, quand je vois l'énergie des jeunes joueurs ou des partisans, je suis toujours aussi fébrile. La dernière année a créé beaucoup de distance entre nous et nos voisins, et même si nous ne pouvons pas nous rassembler à l'aréna en ce moment, notre amour pour le sport et pour notre communauté n'a pas diminué.
Le hockey et la fierté des communautés sont des éléments importants de l'identité et de la culture au Québec, et c'est important que nous continuions à trouver des façons de rendre le hockey plus accessible à tous les Québécois. Trouvons quelque chose derrière quoi nos communautés pourront s'unir pour que nous puissions nous rassembler à nouveau quand la pandémie sera terminée.