L'aréna, c'est le cœur de notre communauté, et son allure usée le prouvait bien. Je me souviens que les bandes et les baies vitrées étaient affreuses. Les vestiaires avaient aussi besoin d'être rénovés. L'entretien d'un aréna coûte cher et notre ville n'avait pas l'argent pour effectuer ces rénovations.
Avoir et entretenir un endroit pour jouer n'est qu'un des nombreux obstacles qui existent au hockey.
Au cours de mon propre parcours vers la LNH, il est arrivé un moment où ma famille n'avait plus les moyens pour nous permettre, mon frère Jérémy et moi, de jouer du hockey organisé. Nous étions tous les deux dans le midget AAA, ce qui coûte très cher. C'est un engagement financier important et un obstacle majeur pour de nombreuses familles au Québec.
Mon frère Jérémy a généreusement décidé d'arrêter de jouer afin que je puisse continuer à poursuivre mon rêve. Je suis reconnaissant de son sacrifice, mais je ne peux m'empêcher de me demander combien de joueurs et leurs familles ont été contraints de prendre des décisions similaires.
Les organismes philanthropiques et l'aide financière des entreprises peuvent jouer un rôle majeur pour contribuer à faire tomber les barrières pour rendre le hockey plus accessible à tous les Québécois. Je suis le premier à l'avoir constaté.
Lorsque Roberval a été nominée pour Kraft Hockeyville, la communauté s'est vraiment serré les coudes. Après plusieurs semaines de vote, de fabrication d'affiches et de démontrer toute la fierté que nous avions pour notre ville, Roberval a fini par remporter le concours.
À Roberval, nous étions des partisans des Canadiens de Montréal, bien sûr. Je me souviens d'être assis sur mon sofa dans mon salon afin de regarder et encourager les Saku Koivu, Tomas Plekanec et Andrei Markov à la télévision. Pour moi et plusieurs de nos amis, ils étaient nos héros. Ils étaient plus grands que nature. Nous pratiquions le même sport et nous vivions dans la même province, mais la LNH, ça semblait être un monde complètement différent.
La journée où Roberval a gagné Kraft Hockeyville, ça signifiait que les Canadiens allaient débarquer chez nous, dans notre ville. Nous allions avoir la chance d'accueillir un match préparatoire de la LNH, de rénover notre aréna et d'avoir le titre de communauté la plus passionnée de hockey au Canada.