Fantilli_Draisaitl

Des revenus records. Un plafond salarial qui grimpe chaque saison. Des contrats avec des salaires annuels jamais vus auparavant dans la LNH.

La croissance continue de la Ligue génère plus de richesse pour les principaux acteurs du monde du hockey, surtout les joueurs. Mais cette croissance force également les équipes à revoir leur propre planification fiscale.

« Nous avons dû jeter le plan quinquennal que nous avions établi en février et le refaire en raison de la direction que prennent les salaires », a expliqué le directeur général des Blue Jackets de Columbus Don Waddell. 

Les Blue Jackets sont l’un des exemples d’une équipe qui a dû ajuster ses calculs de plafond salarial en raison de l’inflation des salaires.

Ils ont mis sous contrat le joueur de centre Adam Fantilli pour six ans et 82,5 millions $ le 24 septembre.

Le salaire annuel moyen de Fantilli est de 13,75 millions $, soit seulement 250 000$ de moins que Leon Draisaitl et son salaire annuel de 14 millions $, qui représentait un record dans la LNH quand il s’est entendu pour huit ans et 112 millions $ avec les Oilers d’Edmonton le 3 septembre 2024.

Draisaitl avait 28 ans et cumulait 850 points (347 buts, 503 passes) en 719 matchs de saison régulière ainsi que 108 points (41 buts, 67 aides) en 74 rencontres des séries éliminatoires de la Coupe Stanley au moment de signer ce contrat.

Fantilli a 21 ans et il a amorcé la saison avec 140 points (67 buts, 73 mentions d’aide) en 213 parties en carrière dans la LNH. Il n’a encore jamais joué en séries.

BUF@CBJ: Fantilli fait dévier le tir de Werenski

« Quand nous avons conclu l’entente avec Leon il y a quelques étés, ses agents nous disaient : "Vous obtenez une bonne entente, car les salaires vont beaucoup augmenter" », a raconté le président et chef de la direction des Oilers Jeff Jackson. « Quatorze millions à l’époque, c'était le salaire le plus élevé dans la Ligue. Ils avaient raison. »

Les Blue Jackets pourraient devoir allonger plus de 20 millions $ par saison s’ils veulent conserver les services du gagnant du trophée Norris, le défenseur Zach Werenski, qui sera admissible à signer une prolongation de contrat le 1er juillet.

Avec Fantilli sous contrat et beaucoup d’argent à donner à Werenski, les Blue Jackets ne pouvaient pas se permettre d'offrir un contrat monstre à l’ailier Kirill Marchenko, qui allait devenir joueur autonome avec compensation après la saison.

Ils ont donc échangé Marchenko aux Maple Leafs de Toronto, le 28 septembre, et l’attaquant Matthew Knies faisait partie du retour. Marchenko a ensuite signé une entente de six ans avec Toronto qui lui rapportera 12,5 millions $ annuellement. Knies empoche quant à lui 7,75 millions $ par année jusqu’au terme de la saison 2030-31.

« Je me souviens d’avoir négocié un contrat à ma première année et d’avoir argumenté pour 5000$. Je n’en avais pas dormi de la nuit, a lancé Waddell. Aujourd’hui, on négocie pour des millions de dollars. Ç’a changé. Ça va continuer d’évoluer. »

L’explosion des salaires a véritablement commencé avant la saison dernière, quand l’ailier du Wild du Minnesota Kirill Kaprizov a signé un contrat de huit ans d’une valeur annuelle moyenne de 17 millions $.

Il s’agissait alors d’un contrat record, avec la valeur annuelle moyenne la plus élevée à ce moment-là, mais Kaprizov ne s’est même pas rendu à la première année de ce contrat (cette saison) avant qu’il soit battu trois fois en moins de deux mois.

Le 3 juillet, les Flyers de Philadelphie ont soumis à l’attaquant des Ducks d’Anaheim Leo Carlsson une offre hostile de cinq ans à un salaire annuel de 18 millions $. Les Ducks ont égalé l’offre le 9 juillet.

Le 29 juillet, Macklin Celebrini a signé un contrat de cinq ans avec les Sharks qui lui permettra d’empocher un salaire annuel de 18,8 millions $.

Moins d’un mois plus tard, le 28 août, le défenseur de l’Avalanche du Colorado Cale Makar s’est entendu pour huit ans à un salaire de 20,4 millions $ par année.

« Pour les contrats et les salaires des joueurs, la digue a cédé, a affirmé Jackson. C’est peut-être plusieurs éléments, un mélange d’événements. Les revenus ont augmenté et ont fait grimper le plafond, puis les contrats de certains joueurs sont venus à échéance au bon moment, sans compter les offres hostiles et tout le reste. Peut-être que certains joueurs veulent plus d’argent que ce qu’ils auraient accepté auparavant. C’est un peu surprenant que ce soit allé si rapidement, mais je pense que ç’a beaucoup à voir avec ce qui s’est produit avec Carlsson et tout ce qui s’en est suivi. » 

La tendance devrait se poursuivre avec la prochaine vague de joueurs vedettes qui sont admissibles – ou qui le seront bientôt – à signer un nouveau contrat.

Quinn Hughes est le prochain.

BOS@MIN: Hughes marque sur la mise en jeu en A.N.

Il pourrait signer un nouveau contrat avec le Wild du Minnesota à tout moment cette saison, mais s’il n’arrive pas à une entente avant le 1er juillet, il deviendra libre comme l’air, et une surenchère pour ses services va s’ensuivre. Hughes, qui a gagné le trophée Norris à titre de meilleur défenseur de la LNH avec les Canucks de Vancouver en 2023-24, a été échangé au Wild le 12 décembre 2025.

Nikita Kucherov, qui a gagné le trophée Hart à titre de joueur le plus utile à son équipe la saison dernière, écoule lui aussi la dernière année de son contrat avec le Lightning de Tampa Bay et pourrait signer une nouvelle entente à tout moment cette saison. S’il n’y arrive pas, il deviendra lui aussi joueur autonome sans compensation.

La convention collective permet aux joueurs de signer un contrat d’une valeur annuelle allant jusqu’à 20% du plafond salarial de la saison en cours (104 millions $ actuellement), ce qui signifie que le maximum pour un salaire annuel cette saison est fixé à 20,8 millions $.

Comme Werenski, le centre des Oilers d’Edmonton Connor McDavid et le centre des Maple Leafs de Toronto Auston Matthews seront admissibles à signer un nouveau contrat avec leur équipe actuelle à compter du 1er juillet. À ce moment, on s’attend à ce que le salaire annuel maximal soit de 22,7 millions $ - 20% du plafond de la saison prochaine, projeté à 113,5 millions $.

S’ils attendent et deviennent joueurs autonomes sans compensation à l’été 2028, le salaire annuel maximal pourrait être de 25,5 millions $ avec un plafond salarial de 127,5 millions $, selon ce que rapportait Sportsnet.

C’est donc dire que le salaire annuel record de Makar pourrait ne même pas se trouver dans le top-5 de la Ligue très bientôt.

« Ça établit le marché, a souligné Werenski. Chaque année, quelqu’un établit le marché, et Cale l’a fait pour un groupe de défenseurs cette année. […] Si vous êtes Quinn en ce moment et que vous pouvez signer une prolongation de contrat, probablement que vous y pensez. Dans un an, j’espère que je serai dans une situation similaire. C’est génial pour la ligue, pour les défenseurs et pour plusieurs d’entre nous qui signerons un contrat dans un an ou deux. »

« Il y a trois ans, 20 millions $ auraient représenté un gros chiffre, mais en ce moment, ça semble très juste », a renchéri l’attaquant du Wild Matt Boldy.

Boldy est l’une des raisons pour lesquelles le Wild peut aspirer à offrir un nouveau contrat à Hughes avec le salaire de Kaprizov dans les livres comptables.

Le joueur de 25 ans écoule la quatrième saison d’un contrat de sept ans et 49 millions $ (7 millions / année). Il a inscrit 85 points (42 buts, 43 aides) en 76 matchs la saison dernière et il cumulait deux buts et une mention d’aide en sept rencontres cette saison avant les matchs de jeudi.

Boldy a signé son contrat quand il y avait un plafond salarial fixe dans la LNH, le résultat de la COVID-19 et de ses impacts financiers. Le plafond salarial dans la première année du contrat de Boldy était de 83,5 millions $. Il devrait être plus élevé de 30 millions $ la saison prochaine.

Trente-deux joueurs ont signé un contrat avec un salaire annuel moyen plus élevé que Boldy depuis la fin de la saison dernière, incluant 13 âgés de 22 ans ou moins.

Plusieurs d’entre eux, incluant l’ailier des Capitals de Washington Ryan Leonard (huit ans, 10,5 millions $ / année), le centre des Bruins de Boston Fraser Minten (sept ans, 7,2 millions / année), le défenseur des Canucks Zeev Buium (huit ans, 9,38 millions / année) et le défenseur des Ducks Tristan Luneau (six ans, 7,2 millions / année), ont été mis sous contrat avec un œil vers l’avenir. Les équipes croient que leur salaire annuel moyen élevé aujourd’hui deviendra une aubaine dans quelques années, avec la hausse continue du plafond salarial.

« C’est fou à quel point ç’a changé, mais ça démontre qu’il y a beaucoup de partisans et que la Ligue est en santé, surtout depuis cinq ans », a noté l’ailier des Canucks Brock Boeser. « Nous avons beaucoup progressé. »

La hausse annuelle du plafond salarial va éventuellement ralentir, même si les revenus continuent d’augmenter, a prévenu le commissaire de la LNH Gary Bettman. Parce que la hausse des salaires actuelle est simplement le retour du balancier après des années de plafond salarial fixe.

« Quand le rattrapage aura été fait, ce qui prendra probablement deux autres années environ, la hausse recommencera à suivre les revenus », a expliqué le commissaire Bettman.

D’ici là, il y aura vraisemblablement d’autres contrats records. Des joueurs de milieu de formation feront plus d’argent que jamais.

Si les revenus continuent à grimper, le plafond suivra, même si c’est à un rythme plus lent qu’actuellement. Et la Ligue et ses différents acteurs continueront d’en récolter les fruits.

« Le fait que le joueur le mieux payé a changé quatre fois en un an signifie que ça va probablement continuer ainsi tous les deux ou trois mois », a estimé le centre des Devils du New Jersey Jack Hughes. « Peu importe où tu te situes dans la formation, ton salaire va augmenter. »

Contenu associé