BROSSARD – Jamais, au cours de sa carrière de maintenant sept saisons, Samuel Montembeault n’était resté derrière pour un voyage à l’étranger de son équipe.
Mais il y a des premières à tout, et le gardien québécois se serait bien passé de celle-ci.
Blessé à l’aine lors d’un arrêt de routine face à Ryan Leonard au troisième affrontement de la série face aux Capitals de Washington, il n’a eu d’autre choix que de rester chez lui plutôt que d’accompagner l’équipe pour le cinquième – et dernier – match de cette confrontation, mercredi.
« Ce n’était pas facile de regarder ça de loin, a reconnu Montembeault lors du bilan du Tricolore, vendredi. J’aurais aimé être sur la glace et pouvoir batailler avec les gars. C’était dommage. Mais juste d’avoir vécu l’expérience des séries au Centre Bell, c’était plutôt cool.
« Même le match que j’ai regardé du haut de la passerelle, je voyais tout le monde avec les serviettes. C’était hypnotisant. C’était vraiment bruyant. »
L’expérience personnelle de Montembeault sur la patinoire montréalaise aura été plutôt brève.
Il a été contraint de céder sa place à Jakub Dobes après seulement 31:39 de jeu, quelques minutes après avoir subi des déchirures à deux des trois muscles de l’aine sur un arrêt de routine. Il a tenté de demeurer dans le match, mais a rapidement dû se rendre à l’évidence.
Le portier a d’ailleurs concédé un but à Jakob Chychrun dans l’intervalle. Un but qui n’a eu aucune incidence sur le résultat final; une victoire de 6-3 des siens, leur seule de la série.
« Ça n’a pas fait du bien, a-t-il expliqué. J’ai essayé de rester à mon poste, mais je n’étais pas capable de bouger. Je me suis fait marquer, alors c’était mieux pour moi de me retirer. J’avais dit à notre thérapeute que j’avais mal et j’avais averti Jakub de se tenir prêt. Je voulais lui laisser le temps de se préparer. »
Il ne le savait pas à ce moment, mais il s’agissait de sa dernière présence de l’année devant la cage qu’il aura défendue pendant 65 matchs au total. Ce n’était sans doute pas la fin qu’il espérait, mais il était en mesure de voir tout le positif après avoir eu quelques jours pour digérer l’élimination des siens.
Les doutes qui subsistaient, en début de saison, quant à ses capacités d’occuper un poste de numéro un dans cette Ligue se sont évaporés. Il a maintenu une moyenne de buts alloués de 2,82 et un taux d’efficacité de ,902 en disputant 21 matchs de plus que son sommet précédent, établi l’an dernier.
« J’ai joué 62 matchs, c’est énorme, a-t-il souligné. Même moi, je ne m’attendais pas à ça en début de saison. J’ai prouvé que j’étais capable de le faire. J’ai même l’impression d’avoir joué mon meilleur hockey du retour de la Confrontation des 4 nations à la fin de la saison. J’étais plus constant.
« Tout l’équipe l’était, en fait. Ça m’a beaucoup aidé de ce côté. L’important sera de reprendre cette mentalité et de revenir dans cet état d’esprit au début du prochain camp. »
Un partage plus équitable?
En principe, Montembeault devrait avoir une charge de travail un peu moins imposante, l’an prochain. Dobes a démontré qu’il avait l’étoffe d’un bon gardien d’avenir, malgré certaines difficultés, et il pourrait partager la tâche un peu plus équitablement avec le Québécois.
Avant le rappel du jeune Tchèque, à la fin du mois de décembre, Montembeault avait été hautement sollicité. On lui avait notamment confié dix départs consécutifs alors que l’organisation avait vraisemblablement perdu confiance en Cayden Primeau, son adjoint de l’époque.
Quoiqu’il en soit, le numéro 35 a appris bien des choses au cours des derniers mois. À l’instar de l’équipe, il aura gagné en expérience dont il pourra se servir pour la suite.
« J’ai peaufiné ma préparation et ma routine à l’extérieur de la glace, a-t-il conclu. C’était quasiment deux saisons en une, selon mes standards. J’ai appris à bien gérer mon énergie. Même au dernier match de la saison contre la Caroline, je me sentais encore très bien. Ç’a été très bon de ce côté. »


















