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LAS VEGAS - Jonathan Marchessault ne savourera pas pleinement ce qu'il est en train de vivre avant de défiler sur la glace avec la Coupe Stanley au bout des bras.

Pas qu'il n'est pas fier du parcours des Golden Knights de Vegas et qu'il n'est pas excité à l'idée de disputer une deuxième finale en six ans. Il l'est sans doute. Mais il sait surtout ce qui l'attend si les Panthers de la Floride ruinent ses chances de voir son nom gravé sur le gros trophée.

Il ne veut absolument pas retourner là où il est allé après la défaite des siens en cinq matchs face aux Capitals de Washington, en 2018.

« Je n'en ai jamais vraiment parlé, mais ça m'a pris plusieurs mois à m'en remettre après notre défaite, a-t-il confié, vendredi, lors de la journée des médias. J'ai vu à quel point il y avait du chemin à faire pour se rendre là. C'est vraiment difficile. Ce n'est pas une chance que je voudrais négliger en ce moment. »

C'est la raison pour laquelle l'attaquant québécois est très calme depuis que les Knights ont accédé à la finale en disposant des Stars de Dallas en six rencontres. Pas question pour lui de se laisser distraire de l'objectif et de penser que le travail achève. Il ne fait que commencer.

Après une défaite en finale et deux éliminations en demi-finale en six ans, le natif de Cap-Rouge a maintenant assez de vécu dans la LNH pour réaliser l'ampleur de la tâche qui se dresse devant lui.

« Oui, ce que nous avons fait en tant qu'organisation depuis le début est impressionnant, mais à quoi ça sert d'accomplir tout ça si tu ne gagnes pas un championnat? a-t-il souligné avec justesse. […] L'important est de gagner. Oui, nous avons fait de belles choses, mais ça ne veut rien dire sans la dernière victoire. »

Ceux qui le connaissent bien ne seront pas surpris de lire ça. Il semble que la soif de victoire fasse partie de son ADN. Et ce n'est pas seulement le cas quand il saute sur la patinoire.

« 'Marchy' haït perdre dans n'importe quoi, a lancé son compatriote William Carrier. On joue au basketball, il haït perdre. On joue au ping-pong, il haït perdre. C'est pareil partout. Je pense que c'est sa plus grande force. Tout le monde l'a toujours sous-estimé dans sa carrière, mais il performe quand ça compte. »

Comme quand il a montré la porte de sortie aux Oilers d'Edmonton en réalisant un tour du chapeau lors du sixième match de la série de deuxième ronde. Ou bien lorsqu'il a amassé sept points en finale de l'Ouest - le plus haut total chez les Knights - pour les aider à passer à la dernière étape.

VGK@EDM #6: Tour du chapeau naturel de Marchessault

« Depuis le premier jour, je répète que ce gars-là est un joueur des grandes occasions, a commenté le directeur général Kelly McCrimmon. Il est doué pour ça et ce n'est pas donné à tout le monde. Il n'a pas marqué contre les Jets de Winnipeg en première ronde, mais il est rendu à neuf buts. »

Marchessault avait effectivement été blanchi de la colonne des buts contre les Jets, mais il en a marqué cinq contre les Oilers, et quatre face aux Stars. Plus l'intensité a grimpé, plus il a appuyé sur l'accélérateur.

« Quand il saute sur la glace, il est compétitif, il veut gagner et il veut marquer », l'a encensé son compagnon de trio, Jack Eichel. « Il est tout un joueur pour nous et il a marqué de gros buts. Quand il se met en marche, les buts viennent à la pelletée. Il travaille très fort, alors c'est plaisant de le voir connaître du succès. »

« Meilleure année »

Le Québécois est l'un des six joueurs de l'édition actuelle des Knights qui obtiennent une chance de se racheter après l'échec de 2018. Le club compte assurément sur davantage de joueurs talentueux qu'à la première année d'existence de la concession, mais le groupe semble tissé aussi serré.

L'atmosphère est détendue autour de l'équipe et les joueurs d'expérience s'assurent que le moral reste au niveau, peu importe le résultat des matchs.

« Ma plus belle année à vie, c'était la première année ici, mais ça, c'était avant cette année, a affirmé Marchessault. Ça ressemble beaucoup à l'ambiance que nous avions au début, quand tout le monde avait du fun ensemble et que tout le monde riait. Il n'y a pas une journée à l'aréna où il n'y a pas une blague où tout le monde rit.

« Il n'y a aucun doute que c'est le genre d'équipe que je vais rechercher pour le reste de ma carrière. »

Tout ça sera encore plus vrai si cette édition des Golden Knights réussit là où la première a échoué. Qui dirait non à une équipe championne?