Il y a environ un an, Nick Suzuki demandait à Kent Hughes d’opter pour le statu quo à l’approche de la date limite des transactions. Cette saison, le contexte est complètement différent, au point où le capitaine des Canadiens de Montréal pourrait bien être tenté de réclamer un coup de pouce à son directeur général.
Après tout, Suzuki et les jeunes vétérans de l’équipe ont raison de croire en leurs chances. Les Canadiens (28-17-7) se retrouvent dans une situation aux antipodes de la saison dernière. Ils sont à égalité avec les Sabres de Buffalo au troisième rang de la section Atlantique, à six points des Red Wings de Detroit et du premier échelon. À pareille date l’an dernier, l’équipe était à l’écart du portrait des séries en raison d’un début de saison extrêmement difficile.
Les Canadiens avaient toutefois repris du poil de la bête vers la mi-décembre, et on a vu qu’ils avaient bien fait de ne pas se ranger dans le camp des vendeurs. Ils avaient rebondi en deuxième moitié de saison et participé aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley. L’expérience avait été bénéfique pour tous les joueurs de l’organisation, mais aussi pour les entraîneurs, en plus de représenter un très bon outil d’évaluation pour la direction de l’équipe.
Cette fois, je suis impatient de voir quelle avenue l’état-major du Tricolore va emprunter. Car soyons honnêtes : les Canadiens sont désormais condamnés à améliorer leur équipe, que ce soit dès maintenant ou dans les prochaines années.
Depuis l’embauche de Hughes en janvier 2022, l’organisation a fait un travail remarquable sur le plan du repêchage et du développement. Des jeunes comme Lane Hutson et Ivan Demidov se sont rapidement greffés au noyau et jouent déjà comme des vétérans.
Oui, la reconstruction des Canadiens est derrière eux, et leurs jeunes gagnent en expérience. Mais tôt ou tard, à l’image des équipes de tête qui tentent de s’améliorer chaque année, le CH devra entrer dans la danse lui aussi. On ne peut pas se rajeunir éternellement.
Les Canadiens sont presque devenus victimes de leurs propres succès. Les attentes sont désormais bien réelles, et il sera fascinant de voir comment Hughes va composer avec cette nouvelle réalité.
On a beaucoup parlé du besoin d’un deuxième centre avant la saison, mais à mon avis, le besoin le plus pressant est celui d’ailier gauche sur le premier trio.
Depuis que l’entraîneur Martin St-Louis a muté Juraj Slafkovsky avec Demidov et Oliver Kapanen, le gros ailier a trouvé son identité. Les trois forment un véritable deuxième trio, ce qui manquait cruellement au CH la saison dernière, et je ne toucherais pas à cette unité. Le revers de la médaille, c’est le trou béant laissé sur la première ligne aux côtés de Suzuki et Cole Caufield.
St-Louis a tenté plusieurs expériences - Zachary Bolduc, Alexandre Texier et plus récemment Kirby Dach - sans vraiment trouver de recette gagnante à l’interne.