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MONTRÉAL - La pilule avait été difficile à avaler pour Jérémy Lauzon. Le 30 juin dernier, après quatre ans avec les Predators de Nashville, le DG Barry Trotz l’échangeait aux Golden Knights de Vegas.

« Ma femme a adoré Nashville. Et c’est là-bas que j’ai consolidé ma place dans la LNH », rappelle-t-il.

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Mais presque sept mois plus tard, le défenseur québécois ne regarde plus derrière. Il s’épanouit pleinement au Nevada, là où prend forme ce nouveau chapitre de sa carrière.

Lauzon a maintenant l’occasion d’évoluer avec une équipe qui, oui, présente une fiche mitigée de 25-14-12 cette saison, mais qui se positionne tout de même parmi les prétendantes à la Coupe Stanley année après année. La direction de l’équipe a d’ailleurs réitéré très clairement ses intentions en faisant l’acquisition du défenseur étoile Rasmus Andersson des Flames de Calgary la semaine dernière.

« Le DG donne une chance à l’équipe de gagner année après année et en tant qu’athlète, c’est ce que tu veux », soutient Lauzon à sa sortie d’un entraînement au Centre Bell, lundi, à la veille d’un match opposant les Golden Knights aux Canadiens de Montréal. « Ce ne sont pas tous les joueurs qui ont une très longue carrière, donc tout le monde cherche à évoluer avec une équipe performante. Je ne pouvais demander mieux que d’être échangé à une équipe top-5 dans la Ligue. »

Non seulement Lauzon fait-il partie d’un effectif voué à de grandes choses, mais depuis deux semaines, il y assume un rôle de défenseur de première paire. L’entraîneur-chef Bruce Cassidy l’a jumelé à Shea Theodore pour remplacer Brayden McNabb, blessé au haut du corps. Lauzon a obtenu trois aides, près de la moitié de sa récolte totale de la saison (8), puis il a affiché un différentiel de +4 en neuf matchs depuis le début de cette association.

« Ça se passe super bien, assure le Québécois. Jouer avec un défenseur aussi talentueux que Shea, c’est toujours plaisant. Shea était jumelé à McNabb depuis neuf ans, donc il est habitué à jouer avec un défenseur plus défensif. Pour moi, c’est une occasion de prouver à ma nouvelle équipe ce que je peux apporter. »

Si Lauzon incite sur le besoin de se prouver, c’est notamment parce que sa saison 2024-25 fut presque bousillée par les blessures. Il n’a disputé que 28 matchs lors de la dernière campagne, dont seulement 7 où il était « à 100 % », confiait-il à LNH.com l’été dernier. Son dernier match avec les Predators remonte à décembre 2024, après quoi il a été opéré au bas du corps.

« Ç’a été une année très difficile pour moi, affirme-t-il. C’est sûr que c’est plaisant de revenir au jeu cette année et jouer de grosses minutes avec une équipe aussi talentueuse. »

Une connivence avec Cassidy

Cassidy connaissait bien Lauzon lorsqu’il est arrivé à Vegas l’automne dernier.

L’entraîneur des Golden Knights dirigeait les Bruins de Boston au moment où l’Abitibien a amorcé sa carrière en 2018. Il se souvient encore très bien du Jérémy Lauzon de 21 ans qui tentait de s’établir dans la LNH.

« Quand il était plus jeune, il était assertif et agressif, mais il tentait des jeux qui n’étaient pas là, comme le font plusieurs jeunes défenseurs, se remémore-t-il. Tous les jeunes doivent apprendre à gérer la rondelle dans la LNH, à moins que tu sois un Lane Hutson qui le comprend tout de suite. Les défenseurs défensifs, en particulier, doivent comprendre le temps et l’espace.

« Aujourd’hui, je le pense meilleur à cet égard. Il ne se met plus dans le pétrin. […] Il a un grand impact contre les meilleurs joueurs des autres équipes lorsqu’il est robuste. Un soir, il est robuste contre Auston Matthews (Maple Leafs de Toronto), et l’autre soir, contre Untel. Il sait que pour les sortir du match, il doit être robuste. »

À cet effet, Lauzon a distribué 138 mises en échec cette saison – un sommet chez les défenseurs des Golden Knights, et ce, même s’il a raté 14 matchs en novembre et décembre pour une blessure dont la nature n’a pas été divulguée.

Cassidy obtient donc exactement ce qu’il voulait du Québécois lorsque les Golden Knights ont fait son acquisition l’été dernier. L’entraîneur a d’ailleurs eu son mot à dire dans l’échange qu’a conclu le DG Kelly McCrimmon.

« Bruce m’a appelé quelques jours après l’échange et il m’a dit qu’il était très content de m’avoir, raconte Lauzon. Je crois qu’il a poussé un peu pour avoir plus de robustesse à la ligne bleue, et c’est ce que j’apporte chaque soir. J’ai prouvé que j’étais capable de faire ça. »

« La direction m’avait demandé mon opinion, car je l’avais dirigé à Boston. ‘’Que penses-tu de lui?’’ », ressasse quant à lui Cassidy. « Je leur ai dit qu’il était une bonne personne qui travaillait très fort, un gars d’équipe, un joueur dur. »

Lauzon tentera de donner une nouvelle fois raison à son entraîneur mardi, face aux Canadiens.