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Bouchard : Kevin Shattenkirk, le premier prix

Notre chroniqueur analyse l'apport du défenseur des Blues à l'attaque et en défense

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Le marché des transactions s'active, à trois jours de la date limite. Si de gros noms ont commencé à bouger, le joueur le plus prisé, Kevin Shattenkirk, est encore membre des Blues de St. Louis.

Outre Matt Duchene et Gabriel Landeskog, il n'y a en effet pas vraiment de joueur comparable à Shattenkirk sur le marché cette année. S'il partage avec les autres joueurs susceptibles de bouger le fait de terminer son contrat à la fin de la saison, Shattenkirk est un des rares joueurs qui soit à la fois dans la force de l'âge (28 ans depuis un mois à peine) et un producteur offensif de premier ordre. Duchene et Landeskog, en effet, sont plus jeunes et fort productifs, mais ils sont sous contrat pour encore quelques saisons, ce qui les rend plus difficiles à bouger pendant la saison. On aura, entre autres, à leur prévoir une place sur les listes de protection du repêchage d'expansion. Qui plus est, il n'est pas dit que Joe Sakic échangera ses deux étoiles, même cet été.

Mais les rumeurs concernant Shattenkirk sont persistantes : il semble bel et bien destiné à changer d'adresse, et ce même si les Blues sont dans le plus fort de la course aux séries éliminatoires, détenteurs de la deuxième place de quatrième as donnant accès aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley dans l'Association de l'Ouest au moment d'écrire ces lignes. Il semble que l'on constate que Shattenkirk ne signera pas de nouvelle entente avec les Blues cet été, et qu'on est par conséquent mieux servis en l'envoyant sous d'autres cieux, idéalement pour un joueur capable de contribuer immédiatement aux succès des Blues.

Depuis son entrée dans la LNH en 2010, Shattenkirk est une véritable machine à accumuler des points, surtout à 5-contre-4. Parmi les joueurs ayant joué au moins 500 minutes dans cette situation depuis 2010, il se classe, selon le site Corsica.Hockey, au quatrième rang, avec 121 points en 1400 minutes de jeu. Seuls Erik Karlsson (137 points), Keith Yandle (129) et Shea Weber (122) ont fait mieux que lui. Ramené sur un taux horaire, Shattenkirk est encore plus impressionnant : ses 5,18 points par heure jouée n'ont été surpassés que par un seul défenseur au cours de cette période, un certain Nicklas Lidstrom (5,29), qui a joué 555 minutes à 5-contre-4 entre 2010 et 2012.

À forces égales, ses performances sont à peine moins impressionnantes : parmi les défenseurs ayant joué au moins 2000 minutes, il est 16e pour les points accumulés (122) et 17e pour les points par heure jouée (1 point par heure). La production offensive en provenance de défenseurs est rare et Shattenkirk, sans appartenir à l'élite à forces égales, est un des excellents défenseurs de la ligue. En avantage numérique, on peut affirmer qu'il flirte avec l'élite de la ligue.

Les Blues ont, toujours selon Corsica.Hockey, le deuxième meilleur avantage numérique de la LNH derrière les Capitals de Washington et on ne peut que soupçonner que Shattenkirk est un des pivots de cette unité. L'équipe marque 300 buts en 2800 minutes à 5-contre-4, soit 179 lors des 1400 minutes qu'il joue et 121 lors des 1400 autres minutes. L'impact de Shattenkirk y est supérieur à celui de Vladimir Tarasenko : ce dernier voit son équipe marquer 3 buts de plus par heure jouée en sa présence, alors que Shattenkirk a un impact positif de 3,2 buts par heure.

Mais c'est à forces égales que l'examen des données concernant Shattenkirk m'a le plus surpris. On pourrait attendre de ce joueur à vocation offensive (il joue à peine 670 minutes à 4-contre-5 en sept ans) qu'il ait un impact, justement, offensif. Le détail des données relatives peint un tout autre portrait. Shattenkirk a certes un impact sur le côté offensif des choses. Son équipe produit 1,8 tir de plus par heure jouée lorsqu'il est sur la glace. C'est un score honorable, qui le place au 68e rang des 252 joueurs ayant obtenu plus de 2000 minutes de jeu à 5-contre-5 depuis 2010.

C'est sur le plan défensif que Shattenkirk s'est jusqu'ici démarqué. En sa présence, son équipe accorde 4,2 tirs de moins par heure jouée, ce qui le place au 20e rang de ce même groupe. Il est possible que ce score soit en partie dû au fait que Shattenkirk a occupé le flanc droit derrière Alex Pietrangelo, bénéficiant ainsi d'une certaine protection. Mais quand même, un défenseur capable d'offrir ce genre de production sur une deuxième paire à forces égales et en avantage numérique ne court pas les rues. L'équipe qui fera son acquisition aura à ouvrir ses goussets.

Une dernière question demeure, au sujet de Shattenkirk : pourquoi les Blues ne le gardent-ils pas? Parce qu'il a été supplanté par Colton Parayko, tout simplement. Ce dernier n'est pas aussi bon en avantage numérique, mais son impact à forces égales (3,5 tirs gagnés par son équipe par heure jouée, 2,5 soustraits à l'adversaire), jumelé au fait qu'il ne sera pas admissible à l'autonomie avant encore quatre saisons le rendent beaucoup plus abordable, quitte à ce qu'on perde un peu de mordant en avantage numérique.

Au sujet de Ben Bishop et Martin Hanzal

Les Kings de Los Angeles, en allant chercher le gardien Ben Bishop, et le Wild du Minnesota, avec Martin Hanzal, ont sorti deux gros noms du marché des transactions. Les deux équipes sont dans des situations similaires et cherchent manifestement à maximiser leurs chances d'aller loin au printemps en misant tout sur la défensive.

Ben Bishop est évidemment plus qu'une police d'assurance, et on peut se demander si Dean Lombardi, directeur général des Kings, ne se méfie pas de l'aine de Jonathan Quick. Le gardien étoile, aujourd'hui âgé de 31 ans, revient à peine d'une longue convalescence et il est évident qu'on ne peut se fier à lui seul pour la suite des choses. Bishop a aussi eu des ennuis cette saison, mais il a prouvé l'an dernier que la pression des séries ne lui fait pas peur.

Lombardi n'est pas dans une position où il a à ménager la chèvre et le chou. Son excellent groupe de joueurs vieillit, notamment les acteurs de soutien à gros prix comme Marian Gaborik, Dustin Brown, Jeff Carter ou Matt Greene. Carter connaît encore une fois une excellente saison, mais à 32 ans, on peut se demander combien de temps encore il durera. Gaborik et Brown ont clairement pris un coup de vieux et Anze Kopitar (29 ans), Alex Martinez (29 ans) et Drew Doughty (27 ans), s'ils sont encore dans la force de l'âge, ne sont plus de primes jeunesses non plus.

Reste à voir si Bishop leur permettra de rattraper les Blues. On comprend Lombardi de jouer ainsi son va-tout. Si son équipe manque les séries, son poste pourrait être en jeu.

C'est encore plus vrai pour le Wild. Quelques très bons jeunes joueurs portent aujourd'hui l'attaque sur leurs épaules, mais des vétérans comme Mikko Koivu, Jason Pominville, Zach Parise, Ryan Suter et même Devan Dubnyk (30 ans) ont franchi le cap de la trentaine et sont tous titulaires d'importants contrats. L'Association de l'Ouest est incroyablement instable et le Wild trône sans partage au sommet de sa section depuis un bon moment déjà, fort d'une des meilleures défensives du circuit. La porte est ouverte, donc, et en allant chercher Hanzal, un joueur aux aptitudes défensives bien réelles, on consolide un peu plus la ligne du centre, déjà appuyée par un formidable groupe de défenseurs et l'un des meilleurs gardiens de la ligue. Les arbitres rangent leur sifflet en séries et le Wild est prêt pour une guerre de tranchées au printemps.

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