100 ans, ça se fête en grand
Le 4 décembre 2009, les Canadiens de Montréal obtiennent officiellement le statut de centenaire, célébrant le 100e anniversaire de la concession par un duel avec les Bruins de Boston. Le coup d’envoi des festivités se fait par une cérémonie d’un peu plus de 60 minutes, comprenant un échauffement d’avant-match auquel prennent part une douzaine d’anciennes légendes du Tricolore allant de Guy Lafleur à Serge Savard, en passant par Patrick Roy et Ken Dryden, tous vêtus de la tête aux pieds de leur uniforme de hockey. On a aussi droit à des apparitions surprises de célébrités invitées et d’anciens rivaux, alors que le partisan hollywoodien Viggo Mortensen prend le micro pour présenter Lafleur à la foule et que « Monsieur Hockey » en personne, Gordie Howe, fait entendre le nom de Jean Béliveau.
Le Tricolore surprend ensuite les 21 000 partisans présents en retirant pas un, mais deux chandails légendaires, hissant le numéro 3 d’Émile « Butch » Bouchard et le numéro 16 d’Elmer Lach au plafond. Le total passe alors à 15 numéros retirés, en l’honneur de 18 joueurs.
Pour clore les festivités, une photo de famille est capturée au centre de la patinoire. D’anciens joueurs ayant opté de se joindre aux festivités figurent sur ce cliché iconique aux côtés des joueurs de la formation de l’époque.
L'équipe d’alors n’entend pas gâcher la fête : Mike Cammalleri inscrit un tour du chapeau dans une victoire de 5 à 1 face à l’une des six équipes d'origine, devant un amphithéâtre à guichets fermés.
Retours et moments spéciaux
Au fil du temps, l'établissement se fait l’hôte d’innombrables moments uniques, tant sur la patinoire qu’en dehors de celle-ci. Les joueurs adverses évoquent régulièrement le rugissement de la foule en réaction à un beau jeu défensif ou le bourdonnement qui émane des estrades chaque fois que le Tricolore semble avoir un bel élan.
Et deux retours sortent du lot.
Le premier survient en avril 2002, lorsque Saku Koivu renoue avec l’action après avoir raté 79 matchs en raison du combat qu’il menait contre le cancer. Le capitaine est accueilli par une ovation chaleureuse, prolongée et très émouvante de la part des partisans. Cette énergie se transpose dans le match, alors que les Canadiens défont les Sénateurs d’Ottawa pour s’assurer d’une place en séries éliminatoires.
Le deuxième moment impliquait aussi Koivu, mais il s’agissait d’un retour d’ordre différent. Le 19 février 2008, les Canadiens tirent de l’arrière par cinq buts avec 25 minutes à jouer. Ils marquent alors cinq fois sans réplique pour ensuite remporter le match en tirs de barrage, gracieuseté de nul autre que Koivu, qui est l’unique joueur du Tricolore à faire mouche. C’est la première fois que Montréal revient de l’arrière pour combler un déficit de cinq buts et remporter un match. À ce jour, l’affrontement demeure gravé dans la mémoire de ceux et celles qui en ont témoigné.