00 Image Matt Garies, pour NHLI via Getty Images

MONTRÉAL – Eh oui, le Centre Bell est (tout juste) un millénial. Comme tous les membres de la génération Y nés en 1996, il amorce la trentaine – un autre point marquant qui s’ajoute à une longue liste de faits vécus par l’amphithéâtre. 

Si devant les 71 années de hockey accueillies par le Forum, le Centre Bell a encore des croûtes à manger, reste qu’il nous en a fait vivre, des jours mémorables. Trente ans plus tard, revenons sur quelques moments marquants du temple du hockey moderne. 

D'abord, le Centre Molson 

C'est par un mois de mars de 1996 que celui qui se nommait alors Centre Molson ouvre officiellement ses portes. Érigé de briques et de pierres au beau milieu du centre-ville de Montréal, le nouvel aréna, qui compte alors 21 273 places, devient le plus gros en Amérique du Nord. 

Les Rangers de New York sont les premiers adversaires du Tricolore à fouler la glace du Centre Molson, laissant filer la victoire sous les yeux d’une foule massée pour la Sainte-Flanelle. Vincent Damphousse marque le tout premier but dans la nouvelle bâtisse, dans un gain de 4 à 2, le 16 mars 1996.

100 ans, ça se fête en grand 

Le 4 décembre 2009, les Canadiens de Montréal obtiennent officiellement le statut de centenaire, célébrant le 100e anniversaire de la concession par un duel avec les Bruins de Boston. Le coup d’envoi des festivités se fait par une cérémonie d’un peu plus de 60 minutes, comprenant un échauffement d’avant-match auquel prennent part une douzaine d’anciennes légendes du Tricolore allant de Guy Lafleur à Serge Savard, en passant par Patrick Roy et Ken Dryden, tous vêtus de la tête aux pieds de leur uniforme de hockey. On a aussi droit à des apparitions surprises de célébrités invitées et d’anciens rivaux, alors que le partisan hollywoodien Viggo Mortensen prend le micro pour présenter Lafleur à la foule et que « Monsieur Hockey » en personne, Gordie Howe, fait entendre le nom de Jean Béliveau.  

Le Tricolore surprend ensuite les 21 000 partisans présents en retirant pas un, mais deux chandails légendaires, hissant le numéro 3 d’Émile « Butch » Bouchard et le numéro 16 d’Elmer Lach au plafond. Le total passe alors à 15 numéros retirés, en l’honneur de 18 joueurs. 

Pour clore les festivités, une photo de famille est capturée au centre de la patinoire. D’anciens joueurs ayant opté de se joindre aux festivités figurent sur ce cliché iconique aux côtés des joueurs de la formation de l’époque. 

L'équipe d’alors n’entend pas gâcher la fête : Mike Cammalleri inscrit un tour du chapeau dans une victoire de 5 à 1 face à l’une des six équipes d'origine, devant un amphithéâtre à guichets fermés. 

Retours et moments spéciaux 

Au fil du temps, l'établissement se fait l’hôte d’innombrables moments uniques, tant sur la patinoire qu’en dehors de celle-ci. Les joueurs adverses évoquent régulièrement le rugissement de la foule en réaction à un beau jeu défensif ou le bourdonnement qui émane des estrades chaque fois que le Tricolore semble avoir un bel élan. 

Et deux retours sortent du lot. 

Le premier survient en avril 2002, lorsque Saku Koivu renoue avec l’action après avoir raté 79 matchs en raison du combat qu’il menait contre le cancer. Le capitaine est accueilli par une ovation chaleureuse, prolongée et très émouvante de la part des partisans. Cette énergie se transpose dans le match, alors que les Canadiens défont les Sénateurs d’Ottawa pour s’assurer d’une place en séries éliminatoires. 

Le deuxième moment impliquait aussi Koivu, mais il s’agissait d’un retour d’ordre différent. Le 19 février 2008, les Canadiens tirent de l’arrière par cinq buts avec 25 minutes à jouer. Ils marquent alors cinq fois sans réplique pour ensuite remporter le match en tirs de barrage, gracieuseté de nul autre que Koivu, qui est l’unique joueur du Tricolore à faire mouche. C’est la première fois que Montréal revient de l’arrière pour combler un déficit de cinq buts et remporter un match. À ce jour, l’affrontement demeure gravé dans la mémoire de ceux et celles qui en ont témoigné.

La Saint-Jean en bleu-blanc... et rouge 

Hockey, poutine, icitte... alors que certains célèbrent au quotidien le champ lexical, les mœurs et tout ce qui définit le peuple québécois, l'apogée de cette fierté est atteinte chaque année le 24 juin, à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste. 

Si Finlandais soit-il, le 24 juin 2021, Artturi Lehkonen se mue en héros québécois lors de la fête nationale de la province, envoyant les Canadiens en finale de la coupe Stanley pour la première fois en 28 ans en trouvant le fond du filet en prolongation dans le match 6 de la série face aux Golden Knights de Vegas. 

Le Repêchage 2022 de la LNH 

« Avec notre premier choix au repêchage, les Canadiens de Montréal sont fiers de repêcher de l’équipe nationale slovaque et du TPS Turku : Juraj Slafkovsky », annonce Kent Hughes le 7 juillet 2022 au Centre Bell. 

Hughes, nommé directeur général de l’équipe en janvier 2022, avait gardé ses cartes près de lui quant au choix qu’effectuerait le Club lorsqu’il parlerait au tout premier rang. Personne ne savait vers qui les Canadiens allaient se tourner : Logan Cooley? Juraj Slafkovsky? Shane Wright? Ce n'étaient que des hypothèses. 

Ce qu'on savait déjà à l’époque, c’est que Montréal serait l’hôte du Repêchage pour la 27e fois de l’histoire de la franchise, et pour une première fois depuis 2009. De plus, il s’agissait de la sixième fois que Montréal avait le tout premier choix à l’évènement annuel, et de la première fois que le club hôte choisissait au premier rang depuis la sélection de Wendel Clark par les Maple Leafs de Toronto en 1985. 

En outre, le Repêchage 20222 de la LNH est le premier sous la gouverne de Kent Hughes et Jeff Gorton, en amorce de leur reconstruction. L’encan génère au moins deux importants joueurs pour le présent et l’avenir de l’organisation. Slafkovsky, qui a établi un nouveau sommet personnel au chapitre des buts et des points en carrière cette saison, et Lane Hutson, qui remportera le trophée Calder en 2025. 

Et maintenant 

Avec trente ans d’existence derrière la cravate et encore d’innombrables moments à venir, le récit du Centre Bell est loin de s’arrêter ici, alors que la prochaine génération de joueurs et de partisans entame déjà le chapitre suivant de cet amphithéâtre.

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