SUMMER-OF-93-THUMB

MONTRÉAL – Ivan Demidov s’est toujours senti chez lui sur la patinoire, et, cet été, c'était d’ailleurs comme s’il y habitait.

Tel que rapporté par l’adolescent, la plupart de ses journées commencent et se terminent au Complexe sportif CN : réveil aux aurores, session de gym et séance sur la glace, puis s'ensuit une sieste à la maison avant de revenir à Brossard se délier les jambes sur la glace une deuxième fois avant que le soleil se couche.

Ce n'est pas exactement ce qu'on qualifierait d’été relaxant pour un jeune de 19 ans.

Mais encore là, Demidov n’est pas un jeune de 19 ans ordinaire.

La frénésie que suscite l'attaquant russe a commencé au moment où il a mis les pieds en Amérique du Nord en avril dernier, alors que des centaines de partisans ont envahi l’aéroport Pearson de Toronto pour guetter l’arrivée de la nouvelle coqueluche des Canadiens.

« Je m’y attendais, car j’ai reçu un texto de mon agent disant que beaucoup de gens étaient sur place », a raconté Demidov à l’équipe de contenu du Tricolore. « C’était un sentiment incroyable parce que ces gens t’aiment et sont venus juste pour te voir. J’ai vraiment apprécié. »

L’ambiance électrique et les partisans étaient aussi au rendez-vous lorsque le cinquième choix au total en 2024 a effectué ses premiers coups de patin dans la LNH quatre jours plus tard.

Des milliers de partisans ont rempli le Centre Bell au cours de l’échauffement, applaudissant à tout rompre quand Demidov a foulé la glace pour son tour en solitaire. L’ovation était parfaite, mais quand même stressante, a admis le jeune homme.

« J’avais peur parce que tout le monde était debout, a-t-il rigolé. J’ai essayé de ne pas faire de virages fous ou quoi que ce soit, car je ne voulais pas tomber. Mais ça m’a donné confiance parce que j’ai senti que tout le monde voulait que je sois là. »

Et tout ce brouhaha? Bien, il est encore là. Tout comme Demidov, d’ailleurs.

C’est à Montréal qu’il voulait passer son été, et c’est exactement ce qu’il a fait.

« Je voulais me préparer pour ma première saison dans la LNH, en apprendre davantage sur la culture et améliorer mon anglais. J’espère que ça paraît », a-t-il ajouté en riant.

En toute honnêteté : oui.

En échangeant avec le natif de Serguiev Possad, il est clair que son anglais progresse bien et qu’il s’adapte facilement à son nouveau chez lui.

Et les Montréalais? Ils se sont aussi rapidement entichés de la nouvelle vedette.

« C’est difficile d’aller dehors, car tout le monde te connaît », a dit Demidov avec un sourire. « C’est drôle, toutefois, parce que les gens ici vivent pour le hockey, et c’est pourquoi j’aime ça. »

L’attaquant et sa copine ont quand même profité le plus possible de l’été et du beau temps à Montréal, que ce soit lors de promenades ou en découvrant de nouveaux restaurants. Ils se sont aussi aventurés en dehors du Québec, voyageant en République dominicaine, à New York et à Miami –– cette dernière escale pour le mariage de Patrik Laine.

« C’était la première fois que j'assistais à un mariage, a-t-il confié. Il y avait beaucoup de nouveaux visages –– les amis de Patty et beaucoup de Finlandais. C’était drôle, car les mariages russes sont un peu différents, mais c’était bien. J’aime ce genre de noces. »

De retour à Montréal, le dynamique ailier a également célébré le grand jour d’un autre coéquipier, lui qui était présent pour l’union de Nick Suzuki à la fin juillet.

Et, parlant de grands moments, Demidov a lui-même franchi une nouvelle étape de vie, adoptant avec sa copine une petite chienne maltipoo qu’ils ont nommée Celine.

La question à un million de dollars : était-ce en l’honneur de la célèbre icône du Québec Céline Dion?

« On aimait simplement le nom, a-t-il précisé le sourire aux lèvres. On a essayé de trouver un nom russe, mais on s’est dit que ce serait dur à prononcer pour les gens du Canada, donc on a finalement opté pour Celine. »

Alors que l'été tire à sa fin et que le Camp d’entraînement des Canadiens est imminent, la saison recrue de Demidov approche elle aussi à grands pas –– quoique l’attaquant du Tricolore semble déjà dans sa forme de mi-saison.

En fait, tandis que vous lisez ceci, il a probablement déjà complété un entraînement aujourd’hui... et commencé un autre.

Un texte d’Evan Milner, traduit par Anne-Charlotte Pellerin