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MONTREAL -- Martin St-Louis n'a pas toutes les réponses.

Du moins, pas encore.
En tant que nouvel entraîneur dans les rangs de la LNH, St-Louis se trouvera dans une situation idéale pour apprendre et grandir aux côtés de ses joueurs, dans le but de former une unité cohésive.
Mais une composante bien particulière a été comprise par St-Louis dès son arrivée.
La clé pour construire une culture gagnante est d'avoir du plaisir tout en priorisant l'équipe en toutes circonstances.
De plus, le fait que St-Louis ait gagné presque tous les prix individuels et d'équipe est sans aucun doute un bon incitatif pour que les joueurs des Canadiens endossent son mode de pensée, en particulier les jeunes, qui joueront un rôle crucial dans l'organisation dans un avenir rapproché.
« Tout le groupe a adhéré à sa vision, a déclaré Poehling. Nous voulons tous être meilleurs et nous savons que nous pouvons faire mieux. [St-Louis] n'est pas ici depuis longtemps, mais les gars ont tous adhéré à sa vision. C'est beaucoup plus amusant et je pense que le processus le sera de plus en plus également. »
Poehling est l'un des nombreux jeunes joueurs qui ont vu leurs performances s'améliorer depuis que St-Louis a pris les rênes de l'équipe.
Non seulement il est actuellement troisième parmi tous les joueurs des Canadiens avec 2,5 points par 60 minutes de temps de glace à cinq contre cinq, mais il a également augmenté sa quantité de tirs au but, qui est passée d'un maigre 43,5 % à 52,5 %, ce qui représente la différence entre un joueur de soutien de niveau inférieur et un joueur qui a un impact positif et significatif dans la LNH.
La meilleure façon de s'assurer que les joueurs continuent d'avoir du plaisir, surtout pendant des saisons de transition qui ont parfois tendance à comprendre leur lot de défaites, est de leur permettre de se fier à leur instinct, celui-là même qui les a initialement menés vers la meilleure ligue de hockey au monde.

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Cela ne veut pas dire que l'approche de St-Louis sera l'équivalent hockey du far west, mais il n'est pas non plus nécessaire de réinventer la roue dans le cas présent.
Les joueurs accèdent à la LNH parce qu'ils sont talentueux. Chaque joueur qui se concentre sur ses habiletés obtient de meilleurs résultats sur la glace et se trouve dans un état d'esprit plus sain.
« Avec les systèmes, j'ai l'impression que les joueurs sont placés dans une boîte. [Ils doivent se trouver] à un certain endroit et, parfois, ça les empêche de faire des lectures [de jeu], a déclaré St-Louis. Je veux donc m'assurer que je permets à mes meilleurs joueurs de faire des lectures et je préfère qu'ils en fassent une mauvaise plutôt que de ne pas en faire du tout. Ça donne juste un peu plus de liberté. »
Pour un joueur comme Cole Caufield, par exemple, lui permettre de se fier à ses aptitudes exceptionnelles de marqueur - et de se préoccuper un peu moins des petites erreurs - donnera des résultats visibles bien au-delà de la glace. Sa confiance en soi et son sentiment d'appartenance, qui sont cruciaux pour tout jeune joueur de la Ligue, s'en trouveront considérablement renforcés.
Caufield est un parfait exemple en matière de gestion des jeunes joueurs. Non seulement il a produit 4,0 points par 60 minutes depuis que St-Louis est devenu entraîneur-chef, en comparaison à 0,85 point par 60 minutes au cours des 30 matchs précédents, mais il affiche également d'autres statistiques exceptionnelles.
En fait, il n'est pas seulement en tête de tous les joueurs des Canadiens au chapitre des buts marqués depuis le changement d'entraîneur, il est également deuxième parmi les attaquants du Canadien en termes de nombre de tirs, avec 55,4 % de CF %, ainsi que le leader incontesté en termes de nombre de buts attendus, avec un excellent 61,9 % de xGF %, ce qui suggère que ses résultats ne sont pas qu'un simple feu de paille, mais qu'ils sont durables.
« Tout le monde est excité, je le suis vraiment aussi. J'ai grandi en portant le numéro 26 à cause de lui. Chaque fois qu'il parle, j'ai envie d'écouter, de m'imprégner de tout [ce qu'il dit]. Je vais beaucoup apprendre de lui. J'ai vraiment hâte de voir ce que nous pouvons faire, en plus d'avoir du plaisir en cours de route. Il veut simplement que je continue de jouer de la bonne manière et de me battre. Le plaisir devrait venir par la suite. Je pense qu'il va être très bon pour notre équipe. »

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Voilà ce mot qui revient encore.
Plaisir.
Mais le plaisir ne vient que lorsqu'on dégage la confiance insufflée par l'entraîneur.
« Comme entraîneur, quand on a un joueur offensif comme [Caufield], il faut qu'il nous rejoigne à mi-chemin, a précisé St-Louis. Quand ton entraîneur te donne quelque chose, il faut que tu lui donnes quelque chose en retour. Moi, je demande que Cole soit responsable défensivement, et j'adore l'offensive, mais il y a des moments où il faut que tu joues le jeu devant toi. Et s'il n'y a rien, il faut prendre soin de l'équipe. »
Demandez à n'importe quel joueur qui a connu du succès dans la LNH et vous entendrez la même histoire : ils sont tombés amoureux du hockey en raison du plaisir qu'ils ont eu, lorsqu'ils étaient enfants, sur les étangs et les patinoires de leur quartier.
C'est exactement ce que St-Louis est en train d'exploiter : l'amour qu'ont les joueurs envers le hockey.
« Toutes les nouvelles idées partagées ont été bonnes jusqu'à présent, a dit Nick Suzuki. On réussit mieux à ne pas nous abattre sur nous-même. Les trios et duos sont en train de revenir en force. »
Les sourires sont de retour en grand nombre également.

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Bien sûr, le processus ne se limite pas qu'au plaisir. Les Canadiens devront être plus rapides, plus forts et, surtout, plus engagés à chaque présence.
Le niveau d'effort devra refléter le type d'éthique de travail dont St-Louis a fait preuve chaque soir tout au long de sa glorieuse carrière dans la LNH.
Heureusement, quand on possède une bague de la coupe Stanley et une médaille d'or olympique, le message a tendance à être compris un peu plus rapidement.
« Premièrement, il y a l'attitude. Ensuite, il y a les aspects non négociables, comme je les appelle. Il faut une éthique de travail, la bonne attitude et des joueurs qui veulent tout le temps prendre soin de l'équipe. Ils ont tous leurs propres buts, leurs propres attentes, mais il faut avoir la mentalité de vouloir prendre soin de l'équipe. Et, si tu as une grosse majorité de joueurs qui ont cette attitude-là, c'est que tu as habituellement une bonne culture. »
Remporter deux trophées Art-Ross, un Hart et un Ted-Lindsay suscite un niveau de respect presque inébranlable.
Et ce n'est pas seulement parce que St-Louis a décoré son étagère de divers prix reçus pour ses impressionnants accomplissements, c'est plutôt la manière dont il les a gagnés, soit en surmontant une multitude de défis et en prouvant à un grand nombre de détracteurs qu'ils avaient tort, tout au long de sa carrière.
« En grandissant, tu regardes un gars comme lui et tu le respectes parce que, en tant que joueur, il était exceptionnel. C'est une légende, a reconnu Poehling. Avec Marty, c'est vraiment important de travailler fort, de bien suivre son adversaire et de réfléchir rapidement. En faisant ça, on ne réfléchit pas trop et on joue simplement au hockey. Ça semble fonctionner pour moi. »

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Indépendamment des résultats, qui ne cessent de s'améliorer jour après jour, un sentiment de renouveau se répand dans toute l'organisation.
Les jeunes joueurs et les vétérans gravitent autour d'un entraîneur qui n'a pas seulement un désir perpétuel de gagner, mais qui a aussi un désir de gagner tout en permettant à ses joueurs d'être le meilleur d'eux-mêmes.
Tout comme Caufield et Poehling, les chiffres de Jeff Petry sont revenus à un niveau auquel nous sommes habitués, y compris des augmentations en termes de nombre de tirs, de buts attendus et de points.
On peut dire la même chose de Suzuki, qui a connu une augmentation significative dans son pourcentage de tirs, passant de 46,5 % à 54,5 %.
L'expérience peut être faite pour la grande majorité des joueurs de l'équipe.
En résumé, tout le monde s'est amélioré et les concepts mis en place par St-Louis leur ont permis de raviver leur amour du hockey.
« Le climat qui règne dans le vestiaire est très positif, a rapporté Caufield. Il est vraiment bon pour notre équipe. »
Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais la première étape de tout projet de longue haleine consiste à établir une relation durable entre collègues, ce qui conduira à un environnement de travail positif.
Suite aux premières impressions des joueurs concernés dans ce projet, il ne fait aucun doute que St-Louis dispose des outils et de l'état d'esprit nécessaires pour faire avancer les choses dans la bonne direction. Et comme dans tout bon voyage, le moyen le plus agréable d'arriver à destination est de s'assurer que l'on a du plaisir.