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MONTRÉAL – Pour les plus jeunes amateurs de hockey, l'opposition entre les Canadiens et les Nordiques ne relève que des légendes et des archives. Pour ceux qui l’ont vécue, elle incarne l’une des plus grandes rivalités qu’ait connue la LNH.

Ce jeudi, le Tricolore accueillera au Centre Bell l’Avalanche du Colorado, qui renouera avec le légendaire chandail bleu des Nordiques de Québec. Malgré les 30 ans qui se sont écoulés depuis le dernier rendez-vous entre le Bleu-blanc-rouge et les Fleurdelisés, les protagonistes de ces affrontements en ont gardé de vifs souvenirs.

L’animosité sous toutes ses formes

L’annonceur maison des Canadiens depuis 1993, Michel Lacroix, a eu la chance d’être de garde pour quelques-uns de ces affrontements enlevants. « C’était démentiel. La rivalité entre les deux équipes était phénoménale », raconte Lacroix au sujet de l’atmosphère qui régnait au Forum lorsque les deux équipes croisaient le fer. « Les deux clans s’affrontaient, et ce n’était pas seulement sur la glace, mais aussi dans les estrades. Ça allait beaucoup plus loin que ça, même au sein des familles […]. C’était la confrontation par excellence », poursuit-il.

Réjean Houle, quintuple champion de la coupe Stanley avec le Tricolore, relate cette même ferveur entourant la rivalité : « Chacun des matchs était suivi de près, soit par la communauté à Québec, à Montréal ou en région, donc c’était vraiment spécial. […] Il y avait de la compétition entre les brasseries et un peu partout entre les médias, donc on peut dire que c’était très chaud comme atmosphère. »

Dire que le climat était « chaud » relève d’un euphémisme lorsqu’on se rappelle l’animosité qui faisait rage entre les deux clubs. Les duels se caractérisaient par une rudesse omniprésente, une haine viscérale et une volonté de vaincre qui dépassait le cadre sportif. De plus, les deux équipes se rencontraient à maintes reprises dans la même saison, tout pour accentuerl’intensité des rencontres disputées. « On jouait contre eux à huit occasions dans une saison. Quatre fois à Québec, quatre fois à Montréal. Ensuite, on les retrouvait en séries, et même durant la présaison. On les affrontait tellement souvent qu’il était inévitable que quelque chose de fou se produise, et c’était généralement le cas », explique l’ancien dur à cuire desCanadiens Chris Nilan.

Le point de rupture

Reconnu pour son jeu robuste, Nilan s’est retrouvé au cœur de nombreuses mêlées au fil de sa carrière, quoique l’une d’entre elles s’est avérée plus marquante. Le 20 avril 1984, jour du Vendredi saint, les Canadiens et les Nordiques se disputaient le sixième match du deuxième tour des séries éliminatoires. Une bataille générale a éclaté et les arbitres ont rapidement perdu le contrôle. Au total, 252 minutes de punition ont été décernées et 10 joueurs ont été expulsés dans ce que l’on appelle depuis la « Bataille du Vendredi saint ».

« Ç’a dégénéré. Ce genre de choses peut rapidement déraper. Et, avec ces deux équipes, toute cette tension accumulée, toute cette animosité, toute cette haine... Tout a explosé à ce moment-là », confie l’homme fort, qui s’est retrouvé au centre des querelles ce soir-là.

Le choc des cultures

Certes, une telle rivalité ne surgit pas de nulle part. Avant de se déployer sur la patinoire, elle le faisait sur le plan culturel, et c’est ce qui la différenciait des autres rivalités qu’entretenait le Tricolore.

« Québec et Montréal, ce n’était pas juste deux équipes de hockey qui s’affrontaient. C’étaient deux communautés, deux manières de vivre, c’était carrément différent, insiste Lacroix. La dimension sociale était supplémentaire lorsqu’on parlait de la confrontation entre les Canadiens et les Nordiques. »

Nilan, natif de Boston, tient des propos similaires : « Tous les éléments étaient rassemblés. Il y avait la grande ville et la petite ville. La ville bilingue et celle plus francophone. […] Quel hot-dog était le meilleur, celui du Forum ou celui du Colisée? »

L’ultime rendez-vous

Les émotions risquent de se bousculer jeudi à la vue des deux chandails en sol montréalais. « Il y a des gens qui ont encouragé les Nordiques toute leur vie. Pour eux en particulier, ça va faire chaud au cœur de voir l’uniforme des Nordiques affronter les Canadiens », pense Houle, qui a lui aussi revêtu l’uniforme des Nordiques pendant trois saisons.

Pour sa part, Michel Lacroix envisage un Centre Bell vibrant : « Il va y avoir, j’en suis convaincu, une électricité. Ça va être spécial, ce soir-là au Centre Bell. J’ai l’impression qu’on va peut-être, d’une façon différente, revivre cette bonne vieille rivalité Montréal-Québec. »

La mise en jeu initiale est prévue à 19 h 00 HE. Pour vous procurer des billets, cliquez ici.

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