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MONTRÉAL - Vendredi dernier, le gardien Carey Price a eu la chance de rencontrer Geraldine Lee Shingoose, survivante d'un pensionnat, pour lui transmettre un message d'espoir et d'encouragement.

Shingoose et les autres survivants étaient devant la cathédrale St. Mary's, au centre-ville de Winnipeg, afin de participer à la rencontre très attendue avec l'archevêque Richard Gagnon, lorsque Price s'est arrêté pour discuter avec certains d'entre eux peu de temps avant le match numéro deux contre les Jets.

Le gardien de but vedette des Canadiens a discuté avec Shingoose et lui a révélé qu'il était un survivant générationnel du système des pensionnats. La grand-mère maternelle de Price, Theresa Holte, a fréquenté un établissement à Williams Lake, en Colombie-Britannique.
La discussion entre Shingoose et Price est survenue une semaine seulement après l'annonce de la découverte des 215 jeunes autochtones ayant perdu la vie à l'ancien pensionnat indien de Kamloops, qui a fermé ses portes en 1978.
« J'ai été touché par sa présence. J'ai tout simplement ressenti ce lien avec lui lorsqu'il a parlé de sa grand-mère », a déclaré Shingoose, qui a offert à Price un ruban orange pour commémorer les victimes. « Carey était très gentil avec nous et son soutien était tellement sincère. Il nous comprenait puisqu'on a partagé une expérience similaire. Il a fait preuve d'empathie. »

Aujourd'hui travailleuse sociale à la retraite, Shingoose a révélé qu'elle a passé neuf ans de son enfance (de 5 à 14 ans) à subir d'horribles sévices au pensionnat de Muscowequan, en Saskatchewan, entre 1962 et 1971, et que ses souvenirs sont toujours aussi traumatisants.
« J'ai perdu ma langue. Je ne parle plus ma langue. On était battu et puni lorsqu'on parlait notre langue. J'ai également souffert d'une perte d'audition. Je dois porter un appareil auditif à cause des coups de poing de mon professeur de troisième année », a exprimé Shingoose, originaire de la réserve du traité de Tootinaowaziibeeng, territoire du traité 4 au Manitoba. « Je ne pouvais pas pleurer. Si je pleurais, il nous frappait à nouveau, alors j'ai dû apprendre à me taire. Je ne peux pas imaginer que des enfants endurent cela. C'est mon histoire. »
Aussi douloureux que puisse être le récit des événements de son passé, Shingoose raconte son histoire publiquement depuis 2015.
Selon une affiche sur son compte Twitter, sa mission est « de fournir un compte rendu exact de la honte, de la violence et des violations ressenties par les enfants autochtones dans le système des pensionnats et des années de marginalisation et de discrimination perpétrées par le système au cours de ses 90 ans d'existence ».

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Elle a discuté avec plus de 10 000 élèves dans le but de veiller à ce que des atrocités similaires ne soient pas perpétrées à l'avenir.
« On a partagé nos histoires à plusieurs reprises. Les 215 enfants ont amplifié nos histoires et amplifié notre vérité, et maintenant les gens écoutent », a souligné Shingoose. « On demande justice pour les 215 enfants, on demande justice pour les enfants qui n'ont pas encore été retrouvés, et on demande justice pour nous en tant que survivants des pensionnats. »
Shingoose peut certainement compter Price parmi ses nombreux alliés dans cette lutte continue pour la justice.
Le père de trois enfants est très fier de son héritage de la Première Nation Ulkatcho, comme en témoigne son tatouage, et il utilise sa plateforme pour sensibiliser les jeunes et leur donner de l'espoir.
Price et son femme, Angela, sont depuis longtemps des ambassadeurs des communautés des Premières nations, des Métis et des Inuits (PNMI) au nom du Club des petits déjeuners du Canada, participant à diverses initiatives, dont « Shooting for the Stars », un événement créé en collaboration avec la Fondation Air Canada qui permet à des enfants de communautés autochtones de vivre une expérience incroyable d'une semaine à Montréal en compagnie de leur héros.

Le touchant témoignage du gardien étoile lors de la cérémonie de remise des trophées de la LNH en 2015 résonne encore à cet effet.
« J'aimerais prendre un moment pour encourager les jeunes des Premières nations. Plusieurs personnes ont douté de moi, et j'y suis arrivé parce que je ne me suis pas découragé », a déclaré Price, après avoir remporté le trophée Vézina en tant que meilleur gardien de la Ligue. « J'ai travaillé dur pour en arriver là. J'ai profité de toutes les occasions qui se sont présentées à moi, et j'aimerais vraiment encourager les jeunes des Premières nations à devenir des leaders dans leurs communautés. Soyez fiers de votre héritage et ne vous laissez pas décourager par l'improbable. »
Quant à elle, Angela travaille avec les Canadiens pour faire don de 20% des profits de
la marque CHic
en juin au
Conseil en Éducation des Premières Nations
, dont la mission est de soutenir la réussite des étudiants, la fierté culturelle et le contrôle de l'éducation par et pour les Premières Nations.

Les Canadiens ont également organisé une collecte de chaussures dans le cadre du Mois national de l'histoire autochtone, en guise de reconnaissance et de solidarité avec la Première Nation Tk'emlúps te Secwe̓pemc de Kamloops.
Le club a fait appel à la générosité du public pour amasser des paires de chaussures neuves ou légèrement usagées qui seront données à des organisations de la région qui travaillent avec les communautés indigènes.

D'autres détails relatifs à la participation de l'équipe au Mois national de l'histoire autochtone seront dévoilés sur le site web canadiens.com.