Les abeilles peuvent parcourir environ 5 km, et elles le font régulièrement pour se nourrir de la flore de la ville dans les parcs, les rues, et oui, même votre jardin, en ramenant le pollen et le nectar qu'elles récoltent à la ruche pour se nourrir et produire du miel.
Pourquoi les Canadiens voudraient-ils mettre ces bestioles sur leur toit, demandez-vous ? Eh bien, l'un des principaux objectifs d'Alvéole est de changer l'opinion des gens sur ces insectes travailleurs, et ils ne voulaient pas laisser passer l'occasion d'obtenir l'aide des 24 fois champions de la Coupe Stanley.
« Chez Alvéole, notre but premier est d'éduquer les gens. Avec les ruches qu'on a un peu partout en ville, on veut faire découvrir ce monde-là, et de faire de Montréal un rucher collectif. » a expliqué Simon-Julien Lacroix, le spécialiste de l'apiculture chargé de s'occuper des ruches du Centre Bell. « On veut amener les gens à venir inspecter les ruches avec nous, les familiariser avec tout ça, et de partager notre passion. On souhaite développer une relation de plus en plus solide avec ces super belles créatures qui nous apprennent à nous recentrer, et même peut-être aller chercher d'autres solutions à nos problèmes, et de regarder certains de nos enjeux d'un nouvel œil. »
Fondé il y a sept ans, Alvéole est actif dans 14 villes au Canada et aux États-Unis, et compte environ 400 ruches urbaines dans la région de Montréal seulement. Alvéole est l'une des nombreuses entreprises et initiatives qui ont fait leur apparition ces dernières années, alors que l'intérêt pour le maintien des abeilles en ville a pris de l'ampleur.
« Je pense que l'apiculture urbaine connaît un essor un peu partout, pour de différentes raisons. Surtout au niveau apicole, les abeilles supportent les milieux urbains mieux que l'on pense. Elles sont moins exposées aux pesticides et elles ont plus de ressources, » explique Lacroix. « Et comme il fait plus chaud en ville, elles ont plus de ressources plus tôt et plus tard durant la saison. Il y a aussi une plus grande diversité florale également, parce que les gens cultivent des jardins. »
Une première récolte d'environ 30 kg a été effectuée en septembre, selon Lacroix. Mais le travail est loin d'être terminé pour les nouveaux collaborateurs des Canadiens. En effet, ces derniers sont des abeilles d'hiver, et elles sont prêtes pour l'hibernation. Lacroix nous dit que les ruches n'ont pas besoin d'être entretenues pendant la saison hivernale et qu'elles seront recouvertes pendant que les abeilles, qui continuent de travailler, épuisent leurs réserves pour la saison.