Tu seras le seul Québécois chez les Packers, et vous êtes seulement trois dans la NFL actuellement. Au hockey, la réalité est complètement différente. Ta fondation, l’Originale, vise justement à développer le football d’ici. Pourquoi était-ce important pour toi de t’impliquer à cet égard?
Comme tu l'as mentionné, on a peut-être deux ou trois Québécois dans la NFL. Le but, c'est d'en avoir beaucoup plus. Je sais qu'on a beaucoup de jeunes joueurs de football ici qui sont très talentueux. Nos évènements et nos camps de football donnent de la motivation et de la visibilité à ces jeunes, ce qui leur donne l'espoir nécessaire pour atteindre le plus haut niveau. Le but ultime, c'est d'avoir un jeune qui se présente à l’un des évènements de la fondation et qu'il ait la fierté de dire : « Si je me rends au plus haut niveau, je vais prendre le flambeau et je vais continuer à faire des évènements ou une fondation, puis à redonner à ma communauté. »
En ce sens, tu joues un rôle de modèle auprès des jeunes. Par le passé, tu t’es exprimé ouvertement au sujet des enjeux de santé mentale dans le sport. Aujourd’hui, sens-tu que les choses s’améliorent sur ce plan? Es-tu optimiste pour les générations à venir?
Oui, absolument. Je pense qu'il y a eu un changement important dans plusieurs ligues professionnelles, que ce soit la LNH, la NBA ou la NFL, où la santé mentale a commencé à être un enjeu très prioritaire. Avant ça, on attendait un peu que les joueurs aient fini leur carrière pour constater les dommages mentaux causés par une carrière physique très exigeante qui nécessite beaucoup de sacrifices. Aujourd’hui, on retrouve beaucoup de spécialistes et de psychologues dans chaque équipe de la NFL pour nous aider à passer à travers ces embûches de notre carrière. Je pense que ça nous aide beaucoup; il y a énormément de partisans qui voient tous les faits saillants et les beaux moments, mais il y a beaucoup de sacrifices qu'on doit faire pour performer sous les projecteurs chaque dimanche sur le terrain de football ou chaque jour sur la glace.
Comme tu l’as mentionné, les Packers, comme les Canadiens, sont une organisation mythique avec énormément d’histoire. Est-ce que tu vois des similitudes dans le fait d’évoluer dans un marché aussi chargé de traditions?
Je trouve qu'un environnement du genre te force à maintenir le standard d’excellence. Tout ce qui est en deçà d’une participation en séries éliminatoires de la coupe Stanley ou du Super Bowl sera perçu comme une saison qui n'est pas productive ou qui ne répond pas aux attentes. Donc, d’être dans une équipe comme ça me donne vraiment une bouffée de motivation pour maintenir ce standard chaque jour. Ça me garde motivé à continuer de travailler, à fournir l'effort et à contribuer pour faire partie de l'histoire. Au final, c’est bien de parvenir à des réalisations individuelles, mais en tant que joueur, le but dans ta carrière est de gagner un championnat, une coupe Stanley ou un Super Bowl.