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MONTRÉAL – Quand les Canadiens de Montréal appellent, vous avez tout intérêt à répondre. 

Ce sont les mots de Mike Condon — mais aussi ses actions. Quand l’organisation l’a contacté et lui a demandé s’il souhaitait assister au camp de perfectionnement, l’ancien portier des Canadiens, désormais consultant en performance mentale, a accepté avec enthousiasme. 

Condon, dont le passage à Montréal était de courte durée, mais mémorable, a disputé 55 matchs avec les Canadiens lors de la saison 2015-2016. À la suite de sa carrière de joueur, il a renoué avec les bancs d’école afin d’obtenir sa maîtrise en psychologie du counseling et en psychologie du sport de l’Université de Boston. 

Aujourd'hui, il dirige sa propre entreprise, Condon Performance Consulting, où il offre un accompagnement en performance mentale fondé sur des données probantes. Il s'appuie à la fois sur sa formation universitaire et sur son expérience de joueur professionnel afin d’aider les athlètes à développer leur résilience émotionnelle et à composer avec la pression. 

L'équipe de contenu des Canadiens s’est entretenue avec l’entraîneur invité de 36 ans au Camp de perfectionnement 2026 des Canadiens. Il est revenu sur son passage à Montréal et a parlé de sa nouvelle vie après le hockey. 

Veuillez noter que certaines questions et réponses ont été modifiées à des fins de clarté et de concision. 

Tu es de retour à Montréal. Qu’est-ce que ça te fait d’être de retour dans la ville et à l’aréna où tout a commencé pour toi dans la LNH?

Ça fait presque 10 ans jour pour jour que je suis venu ici pour la première fois. J’avais vraiment hâte. J'adore le trajet à partir de Boston. Je ne suis pas certain que beaucoup de personnes connaissent ce trajet, mais c’est calme et magnifique, et ça m’a rappelé beaucoup de souvenirs. C’était bien de revenir, de voir tout le monde et d’être de nouveau dans ce complexe. J’ai passé beaucoup de nuits à l’hôtel, donc partout dans cet aréna et dans cette ville, il y a des souvenirs et de la nostalgie. C’est assez plaisant de revisiter ces choses en étant plus vieux, de réfléchir au parcours et de se remémorer à quel point c’était un honneur de faire partie de cette organisation.

Quand tu penses au logo des Canadiens, à quoi penses-tu?

Je pense à l’honneur. Je pense à une occasion unique. Une partie de moi se met à imaginer des designs de jambières et de masques. Mais étant natif de Boston, je trouve ça plutôt plaisant d’avoir un tel lien avec cette équipe et ce logo. Je crois que le mot d’ordre, c’est la reconnaissance. J’ai beaucoup de reconnaissance. Montréal est l’unique équipe à m’avoir donné une chance au début de ma carrière, et quand j’ai eu l’occasion de revenir, je n’aurais pas pu être plus enthousiaste.

Peux-tu nous dire pourquoi tu es ici, au camp de perfectionnement, et comment ça s'est concrétisé?

Je suis resté en contact avec Marco Marciano et Vincent Riendeau au fil des ans. Ils ont toujours été gentils avec moi, et ce sont eux qui m’ont fait progresser quand j’étais dans la Ligue américaine à Hamilton. Au fil des ans, on a eu des discussions à propos de la psychologie, des gardiens, et ils sont simplement de bonnes personnes. Donc, lorsque Marco a été promu cette année, on a eu des discussions à propos de la possibilité que je vienne pour parler avec les plus jeunes joueurs et partager mon expérience et mon parcours. Donc, quand j’ai reçu l’appel — et quand les Canadiens de Montréal appellent, vous avez tout intérêt à répondre — j’étais plus qu’enthousiaste de venir ici.

Peux-tu expliquer ton parcours en matière de santé mentale et de performance?

Mon intérêt pour la psychologie et la performance mentale m’a en quelque sorte été imposé. Tu dois t’y intéresser lorsque tu joues. J’ai fait beaucoup d’essais-erreurs quand je jouais, et aujourd'hui, je suis en mesure d’y réfléchir et de me rendre compte que je n’avais pas à souffrir comme je l’ai fait. D'après mon expérience, j’ai vu que non seulement moi, mais beaucoup d’autres athlètes souffraient. C’est en quelque sorte ce qui m’a poussé à retourner à l’école et à obtenir ma maîtrise en psychologie du counseling. Ça m’a appris à être un thérapeute, à communiquer avec les gens, et aussi ce que dit la théorie à propos de la façon dont les humains performent de leur mieux. J’ai donc combiné les connaissances que j’ai acquises en jouant avec ce qui se trouve dans les livres. Je suis assez confiant en mes habiletés, à tout le moins, à offrir un espace sécurisant pour que les gens puissent partager leurs états d’âme tout en leur offrant des conseils afin de faciliter leur expérience.

La discussion autour de la santé mentale a beaucoup évolué depuis ton entrée dans la LNH. En quoi l’environnement d’aujourd’hui diffère-t-il de celui à l’époque où tu jouais?

À l'époque où je jouais, ces ressources existaient déjà, mais il y avait encore une certaine stigmatisation autour du fait de s'ouvrir, par opposition au moule dans lequel les joueurs de hockey étaient censés entrer : être durs, ne pas se chercher d'excuses et placer l’équipe avant soi. Ce sont toutes des choses enseignées aux joueurs de hockey lorsqu’ils sont jeunes, et ce sont de bonnes qualités. Par contre, chaque qualité comporte ses avantages et ses inconvénients. Donc, quand on en parle, il s’agit simplement de se demander : comment cette habileté m’aide-t-elle et comment nuit-elle à mon expérience? Je pense qu’avoir ces discussions est important, et c’est un domaine beaucoup plus populaire aujourd'hui. Je pense que beaucoup plus de personnes en profitent et s’y investissent avant de rencontrer un problème. C’est préventif. Je recommanderais de consulter avant de vivre une situation difficile parce que dans ce sport, il y a de l’adversité chaque année et chaque match. On sait tous que ça s’en vient. Que fais-tu pour mettre en place une structure afin d’avoir un plan le moment venu, plutôt que de ne rien faire, comme ç’a été le cas pour moi, tout en sachant qu’il y a quelque chose qui cloche et en essayant de passer à travers? C’est quelque chose que tu peux faire, mais ce n’est pas une méthode efficace.

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