En sachant tout cela, Callender souligne que les portes de l'ACNCDN sont ouvertes à tout citoyen de l'arrondissement Côte-des-Neiges, Noir ou autre.
Tous ceux souhaitant profiter de leurs programmes et de leurs services sont invités à le faire.
« Être un membre de la communauté noire signifie que tu comprends ce qu'est la discrimination systémique et ce que c'est d'être exclu en raison de la couleur de ta peau. Notre organisme qui se situe dans le quartier le plus diversifié de tout le Québec, avec 54 langues différentes, représente tous ceux qui ont des défis similaires aux nôtres », renchérit Callender. « Notre vécu nous donne l'opportunité de promouvoir le transfert de connaissance et d'être inclusif. Tout le monde est invité à y prendre part, mais nous sommes sensibles à la discrimination particulière à laquelle notre communauté fait face. »
Parmi les faits saillants des contributions de Callender en 2020, notons son invitation à la commission Laurent où elle a présenté un aperçu de la surreprésentation des enfants noirs dans le système de protection de la jeunesse au Québec.
Elle a aussi mis sur pied avec l'Université McGill et une entreprise de technologie privée, Influence Orbis, une stratégie appelée «Les couleurs de la COVID» pour amasser des données sur la communauté noire en temps de pandémie.
Ce projet lui tenait particulièrement à cœur.
« Je suis plongé dans les défis socio-économiques très difficiles qu'a vécu la communauté avant la pandémie, donc lorsque la COVID a commencé à se propager, j'ai compris que nous faisions face à quelque chose de très sérieux. Ça n'a fait qu'empirer un problème qui existait déjà. La COVID est une pandémie, mais le virus initial, c'est le racisme. Ajoutez une pandémie à tous ces défis que notre société n'a pas totalement résolu et vous mettez en péril tous les gains pour lesquels les gens luttent. C'est ce qui a été le véritable catalyseur », partage Callender. « J'ai dû aider à protéger ce que les gens recherchent, c'est-à-dire le droit de vivre et de bien vivre, de vivre avec dignité et d'avoir le droit de rêver. Cette volonté a été mon carburant. Je devais m'assurer à ce que le gouvernement et les décideurs comprennent qu'ils avaient un travail à faire et qu'il était urgent. Je vais continuer à sonner l'alarme jusqu'à ce que des mesures adéquates soient mises en place pour ceux qui méritent de voir leur intégrité être protégée. »