20250825-chc-VMB01163

MONTRÉAL – Si vous avez passé un peu de temps sur les médias sociaux du Tricolore ces dernières années, vous avez assurément vu à l’œuvre Adam Nicholas. 

Lors des journées d’entraînement, des séquences du directeur du développement hockey des Canadiens circulent mettant en scène des exercices à un contre un, un enseignement constant et suffisamment d’énergie pour animer l’amphithéâtre au complet. Nicholas est souvent l’un des premiers sur la glace et le dernier à la quitter. Mais outre cela, vous vous demandez peut-être ce qu'il fait exactement. Donc, nous lui avons demandé. 

« Je travaille et collabore avec le personnel d’entraîneurs, les départements d’analyse et des sciences du sport », a confié Nicholas à l’équipe de contenu des Canadiens lors d’une entrevue exclusive accordée à la fin du mois de mars. « Essentiellement, j’utilise l’ensemble de ces ressources pour aider le mieux possible au développement des joueurs et de notre style de jeu avec [Martin St-Louis], en plus de travailler avec le département des sciences du sport pour améliorer nos joueurs à l’extérieur de la glace également. »  

Vous vous demandez peut-être aussi ce que représente travailler avec St-Louis. Donc, nous lui avons également posé la question. 

« Ce que j’apprécie le plus est son intelligence émotionnelle. Il ne va pas trop haut ni trop bas », a expliqué l’homme de 40 ans. « Il sait de quelles façons transmettre l'information avec précision, et je crois que c’est une forme d’art à laquelle beaucoup d’entraîneurs ne prêtent pas attention. Ils sont trop souvent concentrés sur les schémas, les “X” et les “O”. 

« Je pense que sa capacité, sa conscience et son flair pour transmettre des messages — et à quel moment le faire — ont été très enrichissants à observer, à vivre et à côtoyer. Puis, il y a son personnel et la façon dont il traite tout le monde : il valorise les gens, il demande leur opinion, il n’est pas fermé. Mais, ultimement, il a un bon filtre. Il ne prend pas les suggestions de tout le monde. Il sait comment les filtrer et guider de la meilleure façon qui soit. Je trouve que c'est très valorisant et plaisant de me trouver dans cet environnement. » 

La réelle passion de Nicholas, cela dit, réside dans le travail qu’il effectue avec les joueurs. Nous l’avons interrogé au sujet de quelques-uns d’entre eux, soit Cole Caufield, Nick Suzuki et Lane Hutson. Voici ce qu’il avait à dire. 

Veuillez noter que certaines questions et réponses ont été modifiées à des fins de clarté et de concision. 

Qu’est-ce qui fait de Cole Caufield un marqueur d’élite? 

Ce qui amène les gens à être de niveau élite dans n'importe quel domaine, c'est d'avoir une mémoire à court terme. Ils ne s'attardent pas trop aux échecs ni aux réussites, ils ne font que passer au prochain appel. Lorsque tu obtiens une grande fréquence et que tu décoches beaucoup de tirs au but comme le fait Cole, il a ses occasions et il se dit : « Tire. » Son intention guide son action. Ce gars-là est un tueur au sang-froid. Il veut marquer. Pour lui, marquer est ce qu’il y a de plus excitant au monde. Quand tu as cette capacité, et que tu sais que tu ne vas pas seulement obtenir un tir, mais plusieurs, tu ne t’attardes jamais trop aux hauts et aux bas liés aux lancers. Il se concentre sur le prochain : « Allons chercher le prochain. » C’est ce qui permet aux grands marqueurs, aux tireurs d’élite au basketball ou aux golfeurs de réussir. C’est toujours le coup suivant. Le passé n’importe pas, c’est ce qui s’en vient qui compte.

Tu as observé Nick Suzuki pendant plusieurs années. Il continue de s’améliorer. De ton point de vue, comment as-tu perçu son évolution? 

Il y a deux ans, j’ai surnommé Nick Suzuki le « roi de la cognition ». Sa capacité à interpréter le jeu, à reconnaître les séquences et à être extrêmement prévisible tout en exécutant malgré cette prévisibilité, c’est ce qui le distingue. Il sait ce qui s’en vient. Il sait quel type de défenseurs il va affronter et c’est ce qui lui offre un avantage. Il se souvient de chaque petit détail de ce qu’il fait. C’est pour ça que, lorsque tu le regardes travailler sur des exercices en finesse avec des petites touches, tu peux remarquer qu’il est en train de visualiser le jeu pendant qu’il essaie de travailler sur son mouvement. Ce n’est pas simplement de bouger pour bouger, mais bien de le faire avec intention, et c’est ce qui distingue Suzuki. Tout ce qu’il fait a un objectif, puisqu’il sait qu’il devra l’appliquer et l’exécuter lors d’un match. 

Lane Hutson a fracassé une panoplie de records. Il possède tout le talent au monde. Son éthique de travail est irréprochable. Peux-tu nous parler un peu de lui? 

Ce qui sépare Lane Hutson du lot est son éthique de travail. Beaucoup de joueurs peuvent patiner, pivoter et faire toutes sortes de choses spectaculaires, mais ce gars-là est acharné et c’est ce qui le motive. C’est une habileté qui semble manquer à beaucoup de jeunes joueurs aujourd’hui. C’est sa capacité à être affamé, que ce soit lors d’un entraînement ou lors d’un match. Il n’y a pas de demi-mesure. Pour lui, c’est un match 7 tous les jours, il veut se conditionner et il le fait sans relâche. Donc, c’est pour ça que vous ne voyez pas beaucoup de fatigue dans son jeu. Et, oui, c’est un joueur brillant avec un très bon sens du hockey, mais quand tu combines ça à sa capacité à être acharné et à être incontournable, tu parles d’un vrai gagnant. Ce sont des caractéristiques de gagnant.