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Caroline Ouellette veut rendre le hockey accessible pour tous

Ouellette a été nommée au sein du comité pour relancer le hockey au Québec, en novembre dernier

par Marc Dumont, collaboration spéciale traduite par François Lafleur @CanadiensMTL / canadiens.com

MONTRÉAL -- Elle est l'une des plus grandes joueuses de tous les temps.

Des médailles olympiques. Des championnats du monde. Des championnats de la LCHF. Et même un championnat de la NCAA.

Lorsqu'il s'agit d'avoir un impact sur la glace, Caroline Ouellette ressort du lot.

Crédit photo : Phillip MacCallum/Getty Images

Malgré avoir remporté plusieurs titres de joueuse par excellence et de championne marqueur, les accomplissements de Ouellette sur la patinoire se retrouvent en retrait de ceux pour s'assurer que la prochaine génération de hockeyeuses puisse avoir la chance de suivre ses traces.

Elle est en train de bâtir un héritage qui changera à tout jamais le hockey, mais elle ne le fait pas pour la gloire.

Elle le fait à cause de son amour pour ce sport.

« Caroline est tellement généreuse », explique Kim St-Pierre qui vient d'être intronisée au Temple de la renommée du hockey. « Sa détermination m'impressionne. Elle connaît tellement de trucs et dit toujours la bonne chose. Elle est une source parfaite d'inspiration. Elle reste elle-même. »

« Elle a consacré sa vie entière au hockey féminin et c'est incroyable tout ce qu'elle a accompli: tous ses tournois et ses programmes de hockey. Non seulement est-elle en train de paver la voie pour plusieurs jeunes filles qui pratiquent ce sport, mais elle leur offre la chance de rencontrer des légendes du hockey. C'est impressionnant. »

À tous les mois de décembre, Ouellette organise Célébration hockey féminin, un tournoi qui permet d'inspirer la prochaine génération de joueuses de hockey.

Elle est une ambassadrice de Right to Play, un organisme à but non lucratif qui vise à permettre aux enfants vulnérables de surmonter les effets de la guerre et de la pauvreté à travers le sport.

Elle est aussi une ambassadrice de la Coupe des bonnes actions et une membre du nouveau comité chargé de relancer le hockey au Québec.

S'il y a un mouvement qui se concentre sur la croissance du sport, il y a de bonnes chances que Ouellette en fasse partie. 

Sa prévoyance et son expérience seront très utiles pour toutes les décisions prises par le comité de relance, notamment lorsqu'il sera question de l'accès au hockey dans chaque région de la province.

« Le travail n'est pas encore commencé », dit Ouellette. « Mais il y a plusieurs éléments qui m'intéressent. Le premier est de rendre le hockey plus inclusif. Mon implication avec la Coupe des bonnes actions m'a permis de découvrir qu'il y a une seule fille inscrite dans un programme de hockey au Canada pour cinq garçons. C'est notre sport national. Nous devons faire en sorte que les filles soient plus intéressées et confortables à jouer au hockey. »

« C'est aussi important de regarder du côté des coûts associés au para-hockey sur glace. C'est très dispendieux. Il faut aussi se concentrer sur les immigrants et les réfugiés. Environ 70% de ces personnes sont intéressées par le hockey, mais moins d'un pourcent va y jouer. »

D'un seul coup, elle met les projecteurs sur une démographie très importante, mais souvent oubliée.

Mais elle ne s'arrête pas là. Elle veut adresser certaines de plus grandes problématiques du hockey et va chercher sans cesse à trouver des solutions.

C'est ce qui définit Caroline Ouellette.

« Je pense aussi que nous commençons à manquer d'aréna, notamment les patinoires municipales qui offrent un temps de glace abordable », selon Ouellette. « Il n'y a tout simplement pas assez de temps de glace présentement. C'est un problème très sérieux. Les équipes féminines sont souvent forcées d'aller jouer dans des arénas privés où le coût pour une heure de glace est trois fois plus élevé. »

Accès. Diversité. Prix modéré.

Ouellette va encore plus loin, alors qu'elle se concentre à corriger un autre élément associé au hockey.

« J'ai effectué mes premiers coups de patin sur une patinoire extérieure », explique Ouellette. « Mais avec les changements climatiques, je ne suis pas certaine qu'autant de jeunes auront la chance que j'ai eue. Ils ont moins d'options pour patiner gratuitement. De nos jours, les patinoires ne sont pas toujours prêtes à la mi-décembre. Dans mon enfance, on commençait à patiner au mois de novembre. Nous devons être créatifs et trouver des façons pour que nos jeunes puissent jouer sans avoir à payer. »

Crédit photo : Brian Babineau/NHLI via Getty Images

La tâche est ardue, mais c'est l'état d'esprit de Ouellette. On ne peut pas améliorer les choses pour une seule partie de la population. Les changements doivent s'adresser à tout le monde et il faut aussi maintenir l'importance d'avoir du plaisir sur la glace.

Ce n'est pas toujours facile et il faut pardonner Ouellette d'avoir présenté une approche blasée de ces problèmes en raison des récents événements autour du hockey féminin.

« Je suis triste qu'il n'y ait pas de ligue féminine professionnelle au Canada », confie Ouellette. « Ça me brise le cœur. Nous avons bâti la LCHF (Ligue canadienne de hockey féminin) au point où plusieurs jeunes filles venaient voir nos matchs. Ça leur permettait de s'attacher personnellement au sport, mais cet attachement n'existe plus maintenant. »

Elle est triste du fait que certaines de meilleures joueuses du monde n'ont pas d'équipe à temps plein. Elle est triste parce que les petites filles qui voulaient obtenir des autographes après chaque match ne peuvent plus rencontrer leurs idoles dorénavant. Elle est triste que le travail accompli pour créer la LCHF soit tombé en ruines.

Ce sont des propos difficiles à digérer pour n'importe quelle personne qui a eu la chance de voir Les Canadiennes en action.

L'ambiance dans la foule était différente par rapport à celle ressentie dans d'autres matchs. 

Il y avait des sourires et des encouragements à chaque fois que Ouellette marquait un but.

C'était bon. C'était pur. Ça mettait de l'avant les aspects les plus beaux et les plus importants du hockey. Tout cela a disparu, mais espérons que ça ne dure pas encore trop longtemps.

Malgré la triste fin de la LCHF, il y a toujours de l'optimisme grâce à la présence de légendes comme Ouellette.


En plus de ses multiples projets altruistes, Ouellette est aujourd'hui entraîneure-adjointe avec les Stingers de Concordia, l'un des programmes de hockey féminin qui est en progression au Québec.

Grâce à ce poste, non seulement inspire-t-elle, mais elle mène aussi par l'exemple, enseignant des habiletés à ces femmes en plus de les soutenir à poursuivre leur passion.

Même si elle n'est pas encore membre du Temple de la renommée du hockey, elle fait assurément partie de la liste de celles qui le mériteraient le plus.

« Caroline a eu un impact important sur la scène internationale », affirme Julie Chu. « Pas seulement pour Hockey Canada, mais partout dans le monde. Elle a connu beaucoup de succès. Tous les honneurs qu'elle a remportés expliquent pourquoi elle doit être considérée. Mais en plus de cela, elle continue de s'impliquer en tant qu'ambassadrice. Elle se crée de belles opportunités, mais aussi pour les autres. Je crois que c'est ce qui est très spécial. Elle réalise ce qu'elle a obtenu dans le passé et tente de faire de même avec autrui. »

Ce n'est pas une question de si, mais plutôt de quand en ce qui concerne l'éventuelle intronisation de Caroline Ouellette au Temple de la renommée du hockey. Cela devrait avoir lieu plus tôt que tard en raison de l'héritage qu'elle a laissé et de son dévouement pour son sport.

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