Adam Douglas 2

MONTRÉAL - Alors que les Canadiens s'embarquent dans un nouveau chapitre de leur histoire, ils ont instauré une approche moderne dans des départements cruciaux lorsqu'on bâtit un club aspirant aux grands honneurs.

Le but ultime est de connaître du succès sur la glace, mais compte tenu de l'abondance d'informations qu'offre la science du sport, le travail effectué hors glace est souvent tout aussi important.
C'est là qu'Adam Douglas entre en jeu.
Nommé à titre de directeur de la science du sport et des performances en août dernier, il trouve des solutions pour améliorer le rendement des joueurs.
« Tout ce qui se passe à l'extérieur de la patinoire qui peut aider le joueur sur la glace est ma responsabilité, explique Douglas. Ça comprend de poser des questions, puis d'utiliser les informations et les données pour répondre à ces questions et améliorer notre équipe. »

Douglas a passé la majeure partie de la saison avec les Canadiens, mais a aussi porté attention au club-école du Tricolore, dans la Ligue américaine, ainsi qu'aux divers espoirs répartis aux quatre coins de l'Amérique du Nord et de l'Europe.
Et donc, quelle est la clé pour poser les bonnes questions?
« L'une de nos priorités cette année, ce sont les relations, mentionne Douglas. On veut rencontrer nos espoirs, comprendre la situation dans laquelle ils se trouvent, et comment on peut les aider à établir une trajectoire pour la suite.
« On croit en une approche individuelle. Une équipe de hockey est composée de 25 athlètes individuels, donc on les traite ainsi. On rencontre les joueurs et on leur crée un plan de développement personnalisé. Adam [Nicholas] et moi identifierons certaines choses dans leur jeu qui feront d'eux de meilleurs joueurs. La direction nous donne ses commentaires, puis on trouve ce qu'on peut faire en dehors de la glace pour les aider, que ce soit une question de mobilité, de force, de composition corporelle ou quoi que ce soit d'autre. »
C'est une approche qui permet à au club de comprendre les marées hautes et basses de chaque individu dans l'organisation, et ça peut être aussi simple que de prévoir un meilleur plan d'hydratation pour prévenir les crampes.
Douglas et son équipe développent des stratégies basées sur la science en révisant de la documentation et des articles pertinents plutôt que de simplement envoyer des fléchettes sur le mur.
Il y a aussi un suivi constant, à commencer par le Camp d'évaluation de la LNH.

Au-delà des entrevues, les séances d'exercice donnent un point de repère aux équipes quant à la maturité physique d'un joueur donné. Les résultats peuvent ensuite servir à mesurer sa progression au fil du temps.
Être sous-développé ne signifie pas nécessairement qu'un joueur ne se rendra pas à la Ligue nationale; c'est cependant un indicateur qu'une approche différente sera nécessaire.
« Le Camp d'évaluation nous donne l'occasion d'avoir un aperçu d'où ces athlètes sont rendus dans leur cheminement avant le Repêchage, précise Douglas. Certains sont peut-être prêts pour la LNH, tandis que d'autres ne le sont pas encore. On ne juge pas leurs résultats, ça nous donne simplement une meilleure idée de leur potentiel. »
Le Camp prévoit un paquet d'entrevues et de rencontres avec les dépisteurs, mais, d'un point de vue d'évaluation physique, Douglas garde à l'œil deux mesures : le VO2max et la puissance. Pourquoi? Parce que la capacité pulmonaire est directement liée à l'endurance, et la puissance est un facteur important pour générer de la vitesse.
Mais tous les systèmes de suivi innovateurs et toutes les bases de données de l'univers ne servent à rien si l'information n'est pas reformulée de façon à être comprise et assimilée par le personnel d'entraîneurs.
Après tout, ce sont eux qui prennent les décisions ayant un réel impact lors des matchs.
« On aurait beau faire toutes sortes de prises d'informations, si je ne fais que créer des tableaux de données qui ne sortent jamais de mon bureau, ça n'aura aucun impact, rappelle Douglas. Le plus important, c'est d'offrir du contexte pour qu'ils puissent comprendre. Ce qui est le plus plaisant dans le fait de travailler avec le personnel d'entraîneurs, c'est qu'ils comprennent le hockey et sont ouverts d'esprit. Je parle aux joueurs chaque jour, après chaque entraînement. Mais j'offre du contexte. Je ne fais pas juste dire des nombres ou montrer de beaux visuels. Tout ce que je montre vient aussi avec des suggestions et des recommandations. »

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Si fournir aux entraîneurs de l'information concise est vital, créer une structure de travail cohésive entre les départements impliqués dans le développement des joueurs et des espoirs l'est tout autant.
Encore là, bâtir des relations solides est primordial.
« Ce qu'on construit, c'est pour l'avenir des Canadiens de Montréal, dit Douglas. Il y a une collaboration incroyable entre mon département, celui d'Adam Nicholas et celui de Rob Ramage. »
Il reste encore beaucoup de travail à faire pour amener le Tricolore là où il souhaite se rendre, mais l'avenir semble prometteur, surtout mené par certains des plus brillants esprits du circuit.