Il paraît qu’on prend goût à la victoire.
À pareille date, l’an dernier, Blake Montgomery sortait d’une séquence de 14 matchs consécutifs avec au moins un point dans la Ligue de l’Ontario. Il commençait à se préparer en prévision d’un long printemps. Son équipe, les Knights de London, a complété la saison en mai, à Rimouski, en soulevant la Coupe Memorial à bout de bras.
Cet hiver, Montgomery se retrouve dans un autre pays, dans une autre ligue de hockey, et il joue contre des joueurs plus âgés et expérimentés. Une seule chose n’a pas changé.
« Notre équipe a connu du succès et obtenu des victoires contre quelques-unes des meilleures formations au pays. Je crois que cela fait en sorte que nous figurons parmi les meilleurs au pays », a dit l’espoir des Sénateurs dans une récente conversation avec Sens360.
Montgomery, on le sait, est un des membres des WiscoSens, un groupe de quatre espoirs des Sénateurs d’Ottawa qui poursuivent leur apprentissage au sein du programme de hockey masculin des Badgers de l’Université du Wisconsin.
Au moment d’écrire ces lignes, l’équipe figurait au deuxième rang du palmarès national hebdomadaire. En tant que joueur de première année, Montgomery tire son épingle du jeu. Il avait marqué huit buts et récolté 12 points à ses 24 premiers matchs dans la NCAA.
Satisfait?
« J’essaie toujours d’emmener mon énergie sur la glace. Vous commencez à me connaître. De l’énergie, j’en ai toujours beaucoup. C’est donc ma priorité. Je veux recommencer à produire avec plus de régularité, mais je ne dirais pas que c’est quelque chose qui occupe trop mes pensées. Récolter des points, c’est toujours bien, mais ce n’est pas quelque chose qui m’empêche de fonctionner. Peu importe ce qui se passe, je me connais bien en tant que joueur. »
À 20 ans, un an et quelques mois après avoir été repêché en quatrième ronde par les Sénateurs, Montgomery a choisi de s’orienter vers le circuit universitaire américain dans le but d’affronter des joueurs plus âgés, plus expérimentés, donc, plus matures physiquement.
Pour un joueur qui mesure six pieds et quatre pouces et qui pèse – selon le site officiel des Badgers du Wisconsin – 182 livres, il s’agit d’une décision qui s’inscrit dans une stratégie de croissance à très long terme.
« Ici, j’affronte des joueurs qui ont plus d’expérience et qui sont nécessairement plus costauds, plus robustes », dit-il.
L’élément de robustesse est important, insiste-t-il. « Le rythme du jeu, la vitesse d’exécution est essentiellement la même. La différence avec les rangs juniors n’est pas si importante. Malgré cela, j’ai l’impression qu’il y a moins d’espace libre sur la patinoire. J’ai moins de temps pour prendre une décision quand j’ai la rondelle sur mon bâton. Le calendrier me semble plus exigeant, même si mon équipe joue moins de matchs que l’an dernier. »
Ce détour imposé en plein cœur du continent nord-américain se veut aussi enrichissante à l’extérieur de la patinoire. Madison, la ville où Montgomery se trouve depuis quelques mois, est relativement petite. Environ 900 000 personnes vivent dans la région métropolitaine. Le campus universitaire où il passe le plus clair de son temps, en revanche, est énorme. Avec tout près de 50 000 étudiants, il s’agirait d’un des 15 établissements les plus fréquentés aux États-Unis.
Après avoir passé un certain temps à étudier différentes options, le jeune attaquant a décidé qu’il profiterait de son passage dans les rangs universitaires pour étudier la psychologie. « Ma mère est psychologue », souligne-t-il à cet effet.
Montgomery ne veut pas nécessairement suivre les traces de sa mère, Kimberly Robinson. Il ne songe pas aux cycles supérieurs qui pourraient le mener à décrocher une maîtrise ou un doctorat.
« À l’automne, j’ai choisi quelques cours en pensant à l’économie, aux sciences… Je voulais essentiellement faire quelques essais dans le but de trouver ce qui m’intéresse. Je me suis rendu compte que la psychologie était un domaine stimulant. J’ai un déficit d’attention, vous savez. Je dois absolument avoir de l’intérêt pour la matière de façon à conserver ma concentration », dit-il en riant.
Sinon, comme pour la plupart des gens, Montgomery profite de son passage à l’université pour tisser des liens d’amitié. Comme son coéquipier Bruno Idzan, plus tôt cette saison, il nous dit que « tout le monde est gentil » sur le campus de l’Université du Wisconsin.
Montgomery développe naturellement les liens les plus durables avec ses coéquipiers. Il s’entend particulièrement bien avec ceux qu’il pourrait côtoyer pendant plusieurs années au sein de l’organisation des Sénateurs.
Au sujet d’Idzan, son voisin de dortoir, il remarque une nette progression sur la patinoire. « Si je pense au joueur qu’il était lors du tout premier match de la saison, je dois tout de suite remarquer une progression au niveau du coup de patin. C’est la première chose qui saute aux yeux. Il a également gagné en maturité », dit-il.
Idzan est devenu l’été dernier le premier joueur né en Croatie à être sélectionné par une équipe de la LNH. Les Sénateurs l’ont réclamé au sixième tour du repêchage amateur. À 19 ans, il venait de connaître une moitié de saison exceptionnelle dans la USHL, circuit de calibre junior aux États-Unis. « Certains joueurs se développent à un jeune âge. D’autres joueurs ont besoin de plus de temps. Je peux vous assurer que Bruno progresse constamment. Il gagne en confiance et il s’améliore à sa position », dit-il.
Montgomery a également de bonnes choses à dire au sujet de Logan Hensler. Il l’apprécie pour ses performances sur la glace, mais aussi pour ses qualités de coéquipier à l’extérieur de la glace. « Henny, c’est juste un bon gars », dit-il. « Il est extrêmement doué. Ça se voit. Il est capable de manœuvrer autour de tous les joueurs sur la glace. Quand je suis libre, habituellement, il me trouve. C’est un joueur très intelligent. Il est aussi très drôle, ce qui n’est pas à négliger. »

















