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En tant que gardien attitré aux séances d’entraînement chez les Sénateurs d’Ottawa, Brad Mitchell fait souvent face à la musique. Il doit stopper les tirs frappés de Tyler Kleven, par exemple, ou se battre pour voir la rondelle quand Kurtis MacDermid se tient debout devant lui.

La tâche la plus stressante – et difficile – pour lui fut cependant de se présenter dans la salle des conférences de presse du Centre Canadian Tire, mercredi, pour participer à une « conférence de presse » organisée en son honneur. Des joueurs et des membres du personnel de l’équipe lui ont posé des questions, lorsqu’il fut confirmé qu’il serait le premier gardien d’urgence (EBUG) de l’équipe.

Le directeur général Steve Staios et Mitchell se sont installés au podium, ensemble, exactement comme Thomas Chabot au moment où il a hérité du titre de capitaine. Contrairement à Chabot, Mitchell n’aime pas trop parler en public. Il n’a jamais reçu de formation pour répondre aux questions des médias. 

« Je n’avais aucune idée de ce qui se passait », dit Mitchell.

Il était sur la patinoire avec un des joueurs blessés de l’équipe, lorsque Staios lui a demandé un coup de pouce au beau milieu d’un exercice. « Je ne comprenais rien. Je ne savais pas à quoi m’attendre. J’étais complètement désemparé », confie Mitchell.

Staios a expliqué rapidement qu’il avait besoin d’aide pour vider son camion. Avant de sortir dans le stationnement, le directeur général a fait un détour dans le centre des médias. Tous les joueurs étaient réunis dans l’attente des bonnes nouvelles.

« On m’offre une opportunité incroyable », dit Mitchell. « Je ne sais pas quoi dire. C’est fou. »

Le jeune homme de 24 ans a commencé à travailler au Centre Canadian Tire lorsque les Sénateurs étaient en voyage, durant la saison 2019-20. On lui demandait alors de sauter sur la glace pour stopper les lancers des joueurs qui étaient restés à la maison parce qu’ils étaient blessés. Mitchell était alors un gardien de buts de calibre junior B avec les Canadians de Carleton Place.

Au fil du temps, on lui a confié de plus grandes responsabilités avec les Sénateurs. Il a éventuellement hérité d’un poste à temps complet pour soutenir les préposés à l’équipement. De fil en aiguille, il est devenu le gardien de buts sur qui on comptait lors des séances d’entraînement.

Lorsque la LNH et son Association des joueurs ont annoncé que toutes les équipes seraient responsables de traîner partout un gardien d’urgence à compter de la saison 2026-27, Mitchell a commencé à s’imaginer que c’était un rôle pour lui. Il refusait cependant de s’emballer.

« Durant les séries éliminatoires, j’ai compris entre les branches que j’étais un des candidats considérés. C’était stressant. Je ne savais pas trop comment réagir. »

« On m’a dit que je serais peut-être le candidat choisi mais je n’avais pas de confirmation. J’avais peur de me faire des idées au sujet de quelque chose qui pourrait bien ne jamais se concrétiser. »

Le rêve est devenu réalité. Mitchell aura la chance d’accompagner l’équipe partout, sur la route, cette saison. Ce n’est pas nécessairement le rôle qu’il avait en tête quand il rêvait d’une carrière dans la LNH. Il est aux anges quand même. Si on lui avait dit qu’il se retrouverait un jour chez les Sénateurs, à l’époque où il jouait dans le junior B, il aurait refusé d’y croire.

« Je pense à ces années-là souvent depuis le jour où j’ai signé mon contrat. J’en parlais justement avec mon père hier soir », dit Mitchell.

« Même dans le junior, j’aurais refusé de croire qu’un tel scénario était possible. Je vais réaliser un rêve, vraiment. Je ne pourrai jamais être plus près d’un poste de gardien dans la LNH. »

Il devra s’habituer au calendrier de déplacements de la LNH, mais Mitchell, qui a affiché une fiche de 25-5-0, un pourcentage d’arrêts de ,912 et une moyenne de buts alloués de 2,52 en 37 matchs avec Carleton Place, est également impatient de continuer à perfectionner son art.

Désormais, il est plus important que jamais pour lui de rester au sommet de sa forme, au cas où il faudrait qu’il remplace un gardien en cours de match pour l’équipe.

« Je continue de regarder des faits saillants de gardiens de but sur YouTube pour le plaisir, simplement parce que j’aime ça. Que je sois sur la glace ou non, ou même si je suis sur la glace en attendant mon tour, j’observe nos gardiens pour voir ce qu’ils font, parce que je veux toujours m’améliorer. Ce sera toujours le cas », déclare Mitchell.

On ne sait pas encore si son statut sur Elite Prospects passera un jour de « retraité » à « actif », mais même s’il ne dispute jamais de match pour les Sens, il vit son rêve en faisant partie de l’équipe.

« C’est toujours génial d’être sur la glace; chaque fois que je réussis un gros arrêt et que les gars m’applaudissent, ça fait évidemment du bien… Même la façon dont ils ont organisé ça hier, avec Steve qui a fait l’annonce : tous les joueurs et les membres du personnel ont pris le temps, juste avant l’entraînement, de venir s’asseoir dans la salle pour m’attendre. »

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