EDMONTON – Devon Levi n’a pas emprunté le chemin le plus facile pour atteindre la LNH et il cherche encore à prouver qu’il peut être un gardien partant de qualité au plus haut niveau.
Le Montréalais de 24 ans a été acquis par les Oilers d’Edmonton dans une transaction avec les Sabres de Buffalo le 1er juillet, la même journée où Frederik Andersen, qui venait de remporter la Coupe Stanley avec les Hurricanes de la Caroline, a été mis sous contrat par la formation albertaine. Le plan à Edmonton était d’amorcer la saison avec une rotation à trois gardiens en impliquant Tristan Jarry, mais Andersen a subi une blessure pendant l’été.
La porte s’est ouverte pour Levi.
En quatre saisons dans les rangs professionnels, Levi a vécu beaucoup d’adversité, passant la majorité des deux dernières campagnes dans la Ligue américaine avec Rochester. Le jeune gardien n’a pas joué un seul match dans la LNH en 2025-26. En 52 parties avec le club-école des Sabres, il a maintenu une fiche de 23-20-9 avec une moyenne de buts alloués de 2,83 et un pourcentage d’arrêts de ,904.
Choix de septième tour des Panthers de la Floride en 2020, Levi s’était démarqué quelques mois après son repêchage, étant nommé meilleur gardien du tournoi au terme du Championnat mondial junior 2021, où il a aidé le Canada à remporter la médaille d’argent. Le natif de Dollard-des-Ormeaux a ensuite fait partie de la transaction qui a envoyé Sam Reinhart en Floride le 24 juillet 2021.
« Dans les dernières années, l’adversité m’a vraiment appris à y aller une journée à la fois, un match à la fois. Les hauts et les bas vont et viennent », a dit Levi après la victoire de 3-1 des Oilers contre le Kraken de Seattle au Rogers Place, samedi. « Le plus important est d’être capable de rester au milieu de ceux-ci, et je pense que c’est ce qui me rapporte des dividendes aujourd’hui. Ça aide quand tu es derrière une équipe qui joue un excellent match. »
Levi a fait un pas vers l’avant, samedi, dans son objectif de prouver qu’il appartient à la LNH. Il a stoppé 19 des 20 tirs dirigés vers lui face au Kraken, faisant oublier des débuts plus rocambolesques deux jours plus tôt.
Jeudi, à son premier match dans la LNH depuis le 20 janvier 2025, il n’a fait que 15 arrêts dans un gain de 9-7 contre les Canucks de Vancouver. Levi a accordé un but tard en deuxième période, puis quatre au troisième vingt, faisant fondre l’avance de 8-2 dont s’était doté les Oilers. Il s’agissait néanmoins de sa première victoire dans la LNH depuis le 14 novembre 2024.
« Personnellement, je suis sorti de ce match contre Vancouver en me disant que j’avais gagné. On tourne la page et on passe à la prochaine journée, a mentionné Levi. Rien ne change. Ce n’est pas facile, mais j’ai vécu des épreuves bien plus difficiles dans le passé. »
Avant la rencontre de samedi, le jeu défensif des Oilers était au centre des préoccupations. Edmonton a accordé de nombreuses chances de qualité dans une défaite de 6-5 en prolongation contre les Canucks lors du match d’ouverture, puis a paru complètement désorganisé en troisième période, deux jours plus tard, dans le match retour face à Vancouver.
Contre le Kraken, les Oilers ont limité les chances de marquer et Levi a répondu présent lors des rares moments d’inadvertance. Il a notamment réalisé un arrêt spectaculaire de la mitaine aux dépens de Jordan Eberle à 7:38 de la troisième période, une séquence qui a nécessité la reprise vidéo pour confirmer que la rondelle n’avait pas traversé la ligne rouge.
« Il a été formidable, il a fait quelques très gros arrêts dans des moments opportuns pour nous garder dans le match, a noté l’attaquant Leon Draisaitl. Il a été sensationnel ce soir. C’est donnant-donnant. Quand tu donnes des échappées et des attaques en surnombre, ton gardien ne pourra pas toutes les arrêter.
« C’est assurément de cette façon que nous voulons jouer – c’est notre identité. Les matchs précédents avaient été plus difficiles, mais ce soir, nous avons fourni un très bon effort et nous avons mieux joué. C’est de cette façon que nous voulons faire les choses. »
Obtenir de gros arrêts à des moments clés fait partie du plan de match. En arrivant pour son point de presse après le match de samedi, l’entraîneur Mike Babcock a lancé, avec le poing dans les airs : « Nous n’avons pas accordé de touché! », en référence aux sept buts concédés jeudi.
Blague à part, le pilote était satisfait de la prestation de son jeune gardien.
« Il a l’air d’un jeune en confiance, a dit Babcock à propos de Levi. Les choses ne se passent pas toujours bien lors de ton premier match avec une nouvelle organisation.
« Freddy Andersen a fait tout un travail avec lui l’autre jour. Il lui a parlé et lui a donné son point de vue sur quelques aspects. Freddy est passé par toutes ces étapes. Il a 37 ans et il a gagné la Coupe Stanley. Avoir un gars de la sorte dans l’organisation, qui peut partager ses expériences avec les jeunes, ne peut qu’aider. »
Andersen est toujours en réadaptation pour soigner une blessure à un genou et il ne devrait pas pouvoir faire ses débuts avec les Oilers avant décembre. Les deux prochains mois représentent donc une occasion en or pour Levi de prouver qu’il peut aider cette équipe.
« Peu importe les circonstances, je serai prêt à jouer, a lancé Levi. Freddy a été formidable jusqu’ici. Il est toujours dans les parages et j’ai eu de bonnes conversations avec lui. Il me soutient. Je n’ai jamais vraiment eu la chance de côtoyer un gardien vétéran avec une équipe. Il est vraiment d’une grande aide pour moi. »
Les Oilers (2-0-1) seront de retour en action mercredi, alors qu’ils entameront un périple de trois rencontres en Californie avec un arrêt à Anaheim. On ne sait pas pour le moment qui obtiendra le départ, mais Levi prend la route avec de la confiance dans ses bagages.
Il ne regarde toutefois pas trop loin.
« Après aujourd’hui, rien ne change », a-t-il martelé.




















