Mathieu Darche badge Lepage

ELMONT, NEW YORK – Mathieu Darche ne s’en formalise pas.

Derrière son bureau du UBS Arena, le directeur général des Islanders de New York soulève légèrement les épaules et esquisse un petit sourire en coin. On vient de lui souligner qu’il est plutôt rare de voir son équipe dans le portrait des séries quand on consulte les différentes prédictions de début de saison.

La perception de son équipe à l’externe est probablement bien différente de la sienne.

« Notre but chaque année est de se battre pour une place en séries, répond le directeur général qui entame sa deuxième saison à la barre de la formation new-yorkaise. Je ne parle pas de la Coupe Stanley – on y va une étape à la fois. Je ne me soucie pas du bruit extérieur.

« On sera peut-être les négligés dans bien des matchs, mais on a de bons joueurs et les gars sont fiers. On va se donner une chance tous les soirs… La ligne est mince dans cette Ligue. »

Darche l’a appris à ses dépens au printemps dernier.

Son équipe était en bonne posture au classement de la section Métropolitaine avant que tout s’écroule dans les trois dernières semaines de la campagne, un passage à vide qui a coûté à Patrick Roy son poste d’entraîneur-chef avec quatre matchs à jouer. « Notre pire séquence au pire moment », résume Darche.

L’arrivée de Pete DeBoer derrière le banc n’a pu freiner l’hémorragie et les insulaires ont finalement raté les séries par huit points. Mais avec du recul, et même après deux saisons sans participation au tournoi printanier, il persiste à croire que sa troupe a plus de potentiel que ce qu’elle a démontré.

Les éléments qui l’ont convaincu d’opter pour un « réoutillage » plutôt que pour une reconstruction à son arrivée dans le siège du conducteur sont toujours là.

« Quand j’ai pris les rênes, l’an dernier, on avait trop de bons joueurs pour penser qu’on allait finir dans le bas du classement, a-t-il expliqué. Qu’est-ce qu’on fait? On passe deux ans à déconstruire l’équipe pour la reconstruire? On essaie plutôt de naviguer autour de ça. On a regarni notre banque d’espoirs.

« (Victor) Eklund a fait l’équipe, (Matthew) Schaefer vient d’avoir 19 ans. Cole Eiserman, Kashawn Aitcheson et Malte Gustafsson vont jouer dans la LNH plus tôt que tard. On essaie de rester pertinents et de nous battre pour les séries avec un bon groupe de vétérans pendant que ces jeunes-là se développent graduellement. »

NJD@NYI: Eklund marque son premier but dans la LNH

Dans cette optique, il ne faut pas se surprendre que Darche garde toujours l’œil ouvert pour amener des renforts. Il a d’ailleurs révélé au confrère Pierre Lebrun, de The Athletic, qu’il avait fait ses devoirs dans le dossier Kirill Marchenko – finalement échangé des Blue Jackets aux Maple Leafs.

Les Islanders ont affiché la 24e attaque de la Ligue, la saison dernière, et ils présentent à peu près le même visage après un été sous le signe de la continuité dans les bureaux de l’état-major.

« Chaque fois qu’il y a un bon joueur disponible, je prends le téléphone, a confirmé Darche. Je parle aux équipes et j’essaie de faire quelque chose. Tout dépend de ce que tu es prêt à offrir et ce que l’autre équipe recherche. De plus en plus dans la Ligue, l’amélioration passe par une transaction. »

Entre bonnes mains

En attendant qu’une transaction lui permette d’ajouter une pièce importante ou qu’un espoir devienne une pièce maîtresse de l’organisation, Darche mise sur la progression interne.

DeBoer sera l’un des principaux artisans de cette vision. Après un faux départ (1-3-0), il a eu l’été pour apprivoiser ses nouvelles fonctions et pour trouver des façons de solidifier la structure défensive – la clé pour une équipe moins offensive.

« L’an dernier, on concédait trop de chances et nos gardiens nous ont sauvés, a observé Darche. Pete est arrivé prêt et il a bien préparé l’équipe. On a encore de mauvaises habitudes à briser, mais je vois une amélioration tous les jours. Son attention aux détails est exceptionnelle. »

Les deux travaillent de concert, et DeBoer, qui entame sa 18e saison comme entraîneur-chef dans la grande ligue, apprécie déjà la façon dont son nouveau patron aborde son travail.

« Il gère avec un mélange d’intelligence, d’analyse de statistiques avancées et d’expérience de joueur, a observé le pilote. Il peut se pointer dans n’importe quelle rencontre, avec les entraîneurs, avec les analystes ou les joueurs, et être bien à l’aise. On voit que son expérience avec Tampa Bay le sert bien. »