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Levin aspire d'être le premier israélien dans la LNH

Un des principaux espoirs en vue du repêchage 2018 veut réaliser le rêve qu'il caresse depuis qu'il a quitté son pays

par Cutler Klein / Journaliste NHL.com

Imaginez la scène: un enfant âgé de huit ans qui joue au hockey avec son père, rêvant d'évoluer un jour dans la LNH et de gagner la Coupe Stanley. C'est une scène très commune dans un pays passionné de hockey comme le Canada.

Maintenant, imaginez que l'enfant est d'Israël.

Les rêves de LNH ne sont pas le fruit de son imagination pour l'attaquant David Levin, déjà un des meilleurs espoirs en vue du repêchage 2018 de la LNH.

Et il sait pertinemment ce que ça représenterait pour son pays qu'il devienne le premier hockeyeur de la LNH né en Israël.

« Les choses se bousculent dans ma tête, a reconnu Levin dans un entretien avec LNH.com. « Israël va faire un pas de géant dans le hockey quand ça arrivera. J'y pense à tous les jours. Je pense à combien ma famille et mes amis seronts contents pour moi. J'essaie simplement de travailler fort à tous les jours, de faire de mon mieux et on verra où tout ça m'amènera. »

Levin, âgé de 16 ans, porte les couleurs des Wolves de Sudbury, de la Ligue junior de l'Ontario. Son parcours pour le moins inusité dans le hockey a commencé sur une toute petite surface de hockey à roues alignées à Netanya, en Israël, située près de Tel Aviv, sur la côte méditerranéenne.

Le père de Levin, Pavel, entraîneur d'une équipe là-bas, a initié fiston David aux rudiments du patinage vers l'âge de quatre ans. Quatre ans plus tard, il faisait partie de l'équipe de son père. À un moment donné, il s'est rendu dans un des deux arénas d'Israël afin d'essayer le patinage sur glace. Ça ne s'est pas bien passé. Il n'est pas allé plus loin, persévérant plutôt au hockey à roues alignées.

Toutefois, au moment où de nombreux recruteurs lui disaient qu'il aurait de bonnes chances de percer dans le hockey sur glace, Levin s'est dit qu'il devait quitter son pays. C'est alors qu'il a fait part à ses parents de sa volonté de déménager au Canada chez sa tante et son oncle.

« J'en ai d'abord parlé avec ma mère qui ne voulait pas parce qu'elle était effrayée à l'idée de me voir partir. J'ai par la suite eu une discussion avec mes parents et je leur ai dit que je désirais réaliser mon rêve, a relaté Levin. Je veux aller au Canada, le meilleur pays sportif au monde, ai-je ajouté. Le hockey, c'est ma vie. J'en mange. Je veux jouer à tous les jours. »

À l'âge de 12 ans, Levin s'est amené dans un nouveau pays, en Ontario, sans en connaître sa langue ou sa culture. L'immersion a été totale.

La période d'adaptation au hockey sur glace n'a pas été commode. Pour la saison 2014-15, il a joint les rangs d'une équipe midget (Flyers de Don Mills) pour laquelle il a obtenu 80 points (39 buts, 41 passes) en 55 matchs. Son brio lui a permis d'être le tout premier choix de la séance de repêchage 2015 de la Ligue de l'Ontario, par les Wolves.

L'entraîneur des Wolves David Matsos a mentionné qu'on voyait très grand pour Levin (5 pieds 10 pouces, 167 livres).

« Vous pouvez enseigner beaucoup de choses, a dit Matsos. Vous pouvez enseigner aux enfants les techniques de patinage et d'entraînement. Mais vous ne pouvez pas enseigner le sens du jeu. Ce jeune est dans une stratosphère sur ce plan.

« Il est possiblement un des plus talentueux joueurs que j'ai vus à l'œuvre. »

Après avoir réussi neuf buts et totalisé 30 points en 47 matchs, la saison dernière, Levin commence à retenir l'attention en vue du repêchage 2018 de la LNH. Matt Ryan, du Bureau central de dépistage de la LNH affirme que l'intelligence au jeu de Levin est son principal atout.

« Je dirais que sa capacité à créer du temps et de l'espace pour lui-même et ses coéquipiers est sa grande qualité. Il peut effectuer des jeux à haute vitesse grâce à sa bonne compréhension de ce qui se passe sur la glace. »

Comme si l'apprentissage d'un sport d'élite dans un pays étranger n'était pas une source de stress suffisante, Levin doit composer avec ses obligations au sein des Forces de défense israéliennes (FDI). Tous les hommes du pays doivent servir dans les FDI pendant trois ans. Advenant que Levin doive le faire, il devra entrer dans les Forces avant l'âge de 18 ans, ce qui viendrait entacher sérieusement les espoirs qu'il nourrit de jouer dans la LNH.

En juillet, il a obtenu un sursis de ses obligations militaires au moins jusqu'à ce qu'il soit admissible au repêchage en 2018.

Il peut donc se concentrer uniquement sur le hockey jusqu'à ce qu'on revoit son statut, à l'âge de 18 ans.

La nouvelle a été un grand soulagement pour lui, mais il sait que la saga est loin d'être terminée. Il souhaite finir par démontrer aux FDI qu'il mérite de demeurer au Canada.

Même s'il est établi au Canada depuis quelques années, Levin pense souvent à son pays. Dès qu'il chausse les patins et qu'il enfile le chandail des Wolves de Sudbury, il joue pour son équipe, pour lui-même, pour son pays et pour quiconque en Israël qui porte en lui le rêve de la LNH.

« Les couleurs du chandail des Wolves sont les mêmes que celle de l'Israël, a-t-il relevé. Ça me rappelle mon pays dès que je le voie. J'essaie de faire de mon mieux pour les gens d'Israël et pour tous ceux également qui aspirent à être des joueurs de hockey. Je veux montrer à tout le monde qu'on ne devrait jamais abandonner.

« Ça n'a pas d'importance d'où vous venez. »

 

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