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SHERBROOKE – Gilles Bouchard ne se souvient plus du nombre de fois où il a tenté de convaincre des recruteurs des équipes de la LNH de repêcher Florent Houle.

Plusieurs s’informaient à son sujet, mais peu semblaient prêts à tenter leur chance avec lui. 

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« Ils venaient me voir à sa première saison et je leur disais qu’ils devaient le prendre, qu’il allait facilement jouer dans la Ligue américaine », s’est souvenu l’entraîneur du Phoenix de Sherbrooke. « L’an dernier, ils revenaient me voir pour me dire qu’ils auraient dû m’écouter. Je leur avais dit! »

L’équipe de recrutement du Mammoth de l’Utah lui a finalement fait confiance en sélectionnant Houle au cinquième tour, l’été dernier, à sa deuxième année d’admissibilité au repêchage de la LNH. Une décision qui n’a pas surpris Bouchard, qui commençait tout de même à avoir hâte qu’une équipe lui fasse confiance.

« Il a connu un bon camp en Utah, et ils sont contents de lui, a souligné le pilote. J’ai été adjoint dans la Ligue américaine pendant cinq ans et je sais parfaitement que c’est là qu’il va jouer l’an prochain. Il patine, il est fort, il a de la hargne et un calme avec la rondelle.

« C’est un prototype de joueur qu’on ne voit plus en 2026. »

Mais avant de passer à cette étape, Houle est de retour pour une troisième saison avec le Phoenix, bien décidé à rester fidèle à son identité. La confiance du Mammoth à son égard, bien que très appréciée, ne l’a pas rassasié. 

À 19 ans et avec un bon bagage d’expérience, il veut maintenant s’imposer comme l’un des joueurs dominants de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ). Il veut continuer d’être une peste tout en exploitant davantage le côté offensif de son jeu. Le pugnace attaquant a déjà amassé deux buts et cinq points en deux matchs depuis son retour.

« Chaque soir, chaque match, je veux être le gars le plus physique », a dit le patineur de 6 pieds et 197 livres. « Je veux être le gars que l’adversaire a peur d’affronter. Je veux être tannant et finir mes mises en échec. Je pense que j’ai quand même un bon côté offensif aussi. 

« Le travail et le jeu physique, j’ai déjà ça dans mon coffre. Le Mammoth veut que j’améliore tout ce qui touche au jeu avec la rondelle. Je veux connaître une grosse année. Après, on verra ce qui se passe. »

Un parcours atypique

Houle fait bien attention de ne pas se projeter trop loin. Il sait trop bien que rien ne lui est garanti. 

On parle quand même d’un joueur qui n’a pas été repêché à la première occasion dans la LHJMQ ni dans la LNH. Le Phoenix l’a d’ailleurs sélectionné au septième tour au terme de sa première saison avec le Blizzard du Séminaire Saint-François, au niveau M18 AAA.

Sa trajectoire vers la LNH ne s’est jamais faite en ligne droite. Et il ne s’attend pas à ce que ce soit le cas, maintenant qu’il a fait son chemin jusque dans les rangs du Mammoth.

« Quand ma carrière allait moins bien, entre 14 et 17 ans, je pensais un peu moins à mon rêve de jouer dans la LNH, a souligné Houle. Quand tu ne te fais même pas repêcher dans la LHJMQ, tu ne penses pas à l’étape suivante. Mais quand je suis arrivé à Sherbrooke, je me suis dit que ça pouvait être possible. »

Ce petit brin d’espoir a suffi à raviver la flamme. Celle qui l’anime encore aujourd’hui et qui lui a permis de gravir les échelons, lentement mais sûrement.

« Dès qu’il est arrivé au camp d’entraînement à sa première année, on l’a remarqué, s’est souvenu Bouchard. Il flyait partout et il a vite fait bonne impression. Florent est un gars qui va aller à la guerre. Je suis convaincu qu’il va jouer chez les professionnels. À quel niveau? Je ne le sais pas encore. »

Mais à voir comment il est parvenu à écrire son histoire, il ne serait pas bien malin de parier contre lui.