MARES BADGE LEPGAE

SHERBROOKE, Qc – Maxmilian Mares n’était à Rimouski que depuis quelque temps quand il s’est assis avec Joël Perrault, l’entraîneur de l’Océanic, pour discuter en long et en large de sa nouvelle vie.

À un certain moment, en parlant de son parcours, l’attaquant de 17 ans originaire d’Ostrava, en Tchéquie, a utilisé un mot tout simple qui a fait sursauter le pilote: « normal ». La définition de la normalité peut évidemment varier selon les perceptions, mais Perrault a quand même tenu à recadrer les choses.

« Je comprends ce qu’il veut dire, mais ce n’est pas ‘’normal’’, ce qu’on vit au quotidien dans le hockey. Et dans son cas à lui, il n’y a rien de normal dans sa vie », a-t-il rigolé aux abords de la glace du Palais des sports de Sherbrooke, quelques heures avant le cinquième match de la saison.

« Il est parti de chez lui en Tchéquie pour venir au Québec, à Rimouski, où ça ne parle pas beaucoup anglais. Il y a beaucoup de choses qui le sortent de sa zone de confort. Il aura probablement des bas, mais il gère très bien tout ce qui se passe autour de lui. Il a une belle joie de vivre, et il aime ce qu’il fait. »

C’est probablement la clé pour Mares, le cinquième choix au total du dernier repêchage international de la Ligue canadienne de hockey. La patinoire est son refuge, et il en aura bien besoin cette saison.

Non seulement doit-il s’adapter à cette nouvelle réalité, il doit le faire en composant aussi avec une grande attention. À 6 pieds 6 pouces et 231 livres, et avec le potentiel offensif qu’il affiche, il suscite déjà beaucoup d’intérêt de la part des équipes de la LNH en vue du repêchage de juin prochain.

Pour le moment, ça ne semble pas l’affecter négativement. Son impact a été immédiat : à ses sept premiers matchs dans l’uniforme de l’Océanic, il a récolté trois buts et neuf points.

« Quand je suis arrivé au camp d’entraînement, j’ai remarqué que le calibre était différent », a souligné Mares, qui évoluait à Liberec dans la ligue junior tchèque l’an dernier. « Tout était plus rapide et plus physique. Je savais que j’aurais besoin de temps pour bien me préparer à ce qui s’en venait.

« Je dirais qu’après une semaine, j’étais à l’aise partout. Je ne savais pas trop ce à quoi allait ressembler la ville, mais je suis très content. C’est petit, magnifique et paisible. Je m’y plais bien à Rimouski. »

Mares savait depuis un bout qu’il allait devoir, un jour ou l’autre, traverser l’Atlantique pour poursuivre son développement et s’approcher de son rêve. Il faut dire que le géant a évolué à quatre heures de route de la maison au cours des deux dernières saisons – une bonne préparation pour ce qu’il est en train de vivre.

Et tant qu’à déménager à des milliers de kilomètres de sa famille, aussi bien le faire dans une charmante petite ville, bordée par le fleuve Saint-Laurent, au sein d’une organisation qui a vu naître des légendes comme Brad Richards, Vincent Lecavalier et Sidney Crosby.

« C’est sûr que je m’ennuie, mais j’ai des photos à la maison et on s’appelle tous les jours, a-t-il lancé. Ma mère m’appelle tous les jours, parfois deux fois par jour (rires). On garde le contact, et ça se passe bien. »

D’autres défis

Motivé par le désir d’atteindre le sommet, Mares était prêt à faire ces sacrifices. Pour lui, c’est le chemin « normal » qu’il doit emprunter pour parvenir à ses fins.

« Il veut se faire repêcher, et il veut jouer dans la LNH, a confirmé Perrault. Il sait qu’on va parler de lui dans les prochains mois. Ça fait deux mois qu’on travaille ensemble, et je vois un kid qui a soif d’apprendre. Il n’est pas juste venu ici pour faire ses choses. Il est venu ici pour se développer et ça paraît. »

MARES SANS BADGE

À 6 pieds 6 pouces et 231 livres, et avec le potentiel offensif qu’il affiche, Maxmilian Mares suscite déjà beaucoup d’intérêt en vue du prochain repêchage.

Le Tchèque est débarqué à Rimouski en pleine confiance. Déjà sur le radar des recruteurs en raison de son gabarit impossible à ignorer, il a fait la preuve, à la Coupe Hlinka-Gretzky, qu’il n’était pas qu’un géant. Avec ses trois buts et six points en quatre matchs, il a terminé au premier rang des pointeurs de sa nation.

Il a aussi profité du premier grand rendez-vous de son année d’admissibilité au repêchage de la LNH pour démontrer qu’il bougeait très bien pour un joueur de sa stature.

« Je travaille sur mon coup de patin et sur mon maniement de rondelle depuis que je suis jeune, a-t-il expliqué. Si je suis un bon patineur, c’est parce que j’ai toujours voulu m’améliorer. J’ai encore du travail à faire parce que j’ai ajouté quelques livres. Je dois encore trouver l’équilibre entre mon corps et mon jeu. »

Ça tombe bien, le plan de l’Océanic pour lui tourne exactement autour de ça.

« Il a une très bonne coordination pour un gars de 17 ans de son gabarit, a conclu Perrault. Il reste que la vitesse d’exécution en espace restreint est quand même un défi pour lui. On va travailler fort avec lui dans cet aspect, et on voit qu’il a une belle ouverture. Il veut devenir un joueur de hockey.

« C’est ça le plus le fun avec Max : il veut apprendre. Il pose des questions et il écoute les réponses. »