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Site officiel des Canadiens de Montréal

Un chandail qu'il ne voudra plus enlever

Nicolas Deslauriers attendait sa chance avec impatience à Montréal

par Joanie Godin @CanadiensMTL / canadiens.com

LAVAL - La saison est encore jeune, mais Nicolas Deslauriers est déjà passé par toute la gamme des émotions.

La dernière, que l'on peut deviner être une grande joie, est survenue mercredi soir lorsque les Canadiens l'ont rappelé du Rocket de Laval.

Il y a à peine quelques semaines, l'attaquant de 26 ans croyait presque avoir touché le fond du baril. Les Sabres de Buffalo, avec qui il avait passé toute sa carrière, lui ont fait comprendre qu'ils ne voulaient plus de lui. D'abord en tentant de s'en débarrasser au ballottage, puis en lui disant, une fois qu'il n'a pas été réclamé, que l'organisation tentait de l'échanger.

Il n'a pas patiné pendant cinq jours, broyant du noir. 

«C'est là que tu vois que tu es fait pour jouer au hockey. Quand tu prends des jours de congé, ça fait du bien, mais cinq jours de suite à ne rien faire, c'est quelque chose que je n'avais jamais vécu et c'était difficile», a admis Deslauriers, peu avant son rappel.

Puis est venu l'appel lui disant qu'il prenait la direction de Montréal. En fait, il ne lui a fallu que quelques heures pour littéralement prendre la route vers la métropole.

«C'est vraiment quelque chose de spécial. Ça ne m'a pas pris de temps à paqueter le nécessaire pour les deux ou trois semaines et dès l'après-midi, j'étais déjà en voiture pour venir à l'entraînement ici le lendemain», a-t-il raconté.

Le «ici», n'était pas son choix numéro un, toutefois. Car il s'agissait de Laval, là où évolue le club-école des Canadiens dans la Ligue américaine. Deslauriers ne voulait pas jouer dans la ligue qui l'avait vu grandir quelques années auparavant. Mais il savait que c'était la chose à faire.

«Je l'ai dit assez clairement. Ce n'est pas pour que le monde dise que je n'aime pas être ici, c'est vraiment un autre style. J'ai joué dans cette ligue-ci, c'est vraiment la ligue qui m'a fait grandir et qui m'a fait percer dans la Ligue nationale, mais j'ai goûté à la LNH et je sais ce que je peux amener. Je respecte à 100% tous les joueurs de cette ligue et l'organisation, mais ce n'est pas la place où je veux être. Je veux être dans la LNH. Je veux jouer dans la meilleure ligue au monde et c'est pour ça que je suis assez clair avec ça, mais en même temps, je suis ici pour aider le Rocket à gagner et je veux gagner», a-t-il dit alors qu'il attendait encore son tour dans les rangs mineurs.

Le natif de LaSalle n'aura finalement pas attendu très longtemps pour que son tour vienne. Et il compte bien impressionner la direction du Tricolore et ainsi leur forcer la main.

«C'est sûr que c'est un rêve. Pas juste pour moi, mais pour la famille et tous mes chums qui ne jouent plus au hockey professionnel. Si j'ai ma chance avec les Canadiens, ça va être dur d'ôter ce chandail-là de mon dos. Je vais tout faire pour le garder», avait promis celui qui évoluait au poste de défenseur jusqu'à son arrivée chez les professionnels - il a d'ailleurs fait un retour à la ligne bleue lors d'un récent match du Rocket.

Le jeune homme ne manque certainement pas de motivation pour atteindre ses objectifs.

«Je fais ça pour moi, mais pour tous ceux avec qui j'ai joué. Les Canadiens… Ce sont les Canadiens. C'est la meilleure chose au Québec et c'est un chandail que je porterai fièrement», a mentionné le jeune père de famille.

Il y a fort à parier que l'ancien de la LHJMQ comptera sur plusieurs membres de sa famille lorsqu'il disputera son prochain et tant attendu match dans la grande ligue. Parmi eux, il y aura sa femme Joanie, qui partage sa vie depuis 10 ans, et leurs deux enfants, Madison Rose (3 ½ ans) et Jaxon (16 mois).

«Ça fait un petit bout qu'on est ensemble! Je me suis marié à 21 ans et j'ai eu ma fille à 23 ans. C'est la blonde que j'avais déjà dans le junior à Rouyn-Noranda. Je l'ai sortie de là!» a-t-il dit en riant, avant de rendre hommage à son épouse, qui a dû organiser le déménagement «avec deux enfants qui courent partout».

Le clan Deslauriers a bien cherché un logement près de Laval, mais il a finalement décidé d'habiter… sa résidence d'été, située à Berthierville.

Cette maison, le couple l'a achetée il y a deux ans en voulant se rapprocher des grands-parents de ses enfants, après avoir habité presque exclusivement aux États-Unis pendant cinq ans. Deslauriers et sa femme cherchaient la maison de leurs rêves… dans un assez grand rayon, soit entre Gatineau et Québec.

«C'est près du fleuve et les parents de ma blonde ont acheté une maison à deux rues de là. On voulait avoir une piscine creusée et un grand terrain pour nos deux gros chiens. C'est à Berthierville qu'on a trouvé ça. Je fais la route chaque jour. C'est plus facile comme ça, parce qu'on est dans nos propres affaires. On ne pensait pas qu'on allait habiter notre maison d'été cette année! a expliqué celui qui a pris part à 211 matchs dans la LNH, récoltant 30 points (12B, 18A) et 186 minutes de pénalité.

«C'est un chemin que je suis prêt à faire chaque jour. Ça se fait bien. Je commence à connaître la 40 par cœur, mais j'ai encore le GPS, sinon je peux me ramasser n'importe où en tombant dans la lune!» a-t-il poursuivi en blaguant.

Gageons toutefois que l'ailier gauche de 6 pi 1 po et 215 lb n'est pas tombé dans la lune en suivant les indications de son GPS jusqu'au Complexe sportif Bell de Brossard, jeudi matin…

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