Ray Emery est décédé tragiquement dans un accident de baignade à l’été 2018. Ses parents admettent volontiers qu’ils ne se remettront jamais de la perte de leur fils, survenue alors qu’il n’avait que 35 ans.
Mais il y a quelque chose d’étrangement réconfortant à vivre si près de l’endroit où leur fils a fait une entrée fracassante dans la LNH il y a plus de 20 ans.
Ils résident actuellement à Ashton, à seulement 15 minutes en auto du Centre Canadian Tire. Leurs deux autres fils – Andrew et Nick – vivent également à Ottawa avec leurs familles. Paul et Sharlene, qui célébreront leur 40eanniversaire de mariage l’année prochaine, ont déménagé dans la région d’Ottawa depuis Cayuga, en Ontario, pendant la pandémie de COVID-19, afin de se sentir plus près de leur famille.
Certains jours, ils font le tour d’Ottawa en auto et aperçoivent le premier appartement de Ray sur l’avenue Bronson. Ou bien les souvenirs affluent lorsqu’ils emmènent leur petit-fils patiner au Bell Sensplex de Kanata, où Ray s’entraînait souvent avec les Sénateurs.
« Être à Ottawa compte beaucoup pour nous », explique Sharlene. « C’est réconfortant et apaisant. Nous avons beaucoup de souvenirs, et ce sont les étapes de guérison que nous franchissons. C’est l’endroit où il faut être. »
Bien sûr, le bâtiment d’Ottawa qui suscite les émotions les plus fortes chez la famille Emery est le Canadian Tire Centre. C’est là que leur fils a mené les Sénateurs à leur seule participation à la finale de la coupe Stanley de l’ère moderne, en 2007.
« Je me souviens d’avoir descendu la passerelle et la foule était tout simplement en délire. L’effervescence était incroyable », raconte Paul à propos du printemps 2007. « Et l’un des moments les plus surréalistes des séries éliminatoires a été d’entendre la foule scander notre nom. »
Sharlene intervient et reproduit le chant de la foule du printemps 2007.
« EM-ER-EE! EM-ER-EE! », dit-elle.
Paul se souvient également comment le commentateur étirait la dernière syllabe du nom de famille lorsqu’il annonçait Ray comme gardien partant à domicile.
« Ray Em-EREEEEEEEEEEEE », dit-il en riant.
La famille est revenue discrètement au Centre Canadian Tire ces deux dernières années, pour assister aux matchs des Sénateurs dans l’aréna où leur fils était une vedette.
« La première fois que nous sommes retournés au CCT, ça a été très difficile », admet Paul.
Jeudi, cependant, la famille sera de retour au Centre Canadian Tire en grande pompe et sous les feux de la rampe. Et elle espère être entourée de soutien et d’énergie positive.
À l’approche du premier match à domicile contre les Flyers de Philadelphie, la famille Emery a été invitée à sonner la cloche à l’intérieur de l’aréna pour marquer le coup d’envoi de la nouvelle saison des Sénateurs d’Ottawa. Le moment est bien choisi, puisque l’organisation célèbre le 20e anniversaire de cette équipe de 2006-2007 qui avait atteint la finale de la coupe Stanley.
Sharlene dit vouloir que ses petits-enfants participent à la cérémonie de jeudi – y compris son petit-fils Michael, qui n’a que sept ans, mais à qui on a donné le deuxième prénom Raymond en hommage à son oncle.
« Maintenant, avec notre petit-fils, c’est très excitant d’être là. Et de partager les souvenirs que nous avons de nos passages à l’aréna », explique Sharlene. « C’est pour Ray, et c’est ce qui compte pour moi. Il adorait le hockey. C’est simplement pour lui rendre hommage. »
La famille a suivi les épreuves et les tribulations de Ray à Philadelphie, où il s’est remis d’une affection dégénérative de la hanche – la même qui a mis prématurément fin à la carrière de Bo Jackson – pour s’imposer à nouveau comme un gardien de but à part entière de la LNH. Et Paul et Sharlene se tenaient aux côtés de Ray sur la glace du TD Garden en 2013, lorsque ses Blackhawks de Chicago ont remporté la coupe Stanley de façon spectaculaire lors du sixième match.
Mais Ottawa occupera toujours une place particulière dans leur cœur, car c’est cette ville qui a propulsé le rêve de la LNH de leur fils.
« Quand votre fils est repêché, au fond de vous, vous aimeriez vraiment qu’il soit sélectionné par une équipe canadienne, parce que vous venez du Canada », explique fièrement Paul. « Et quand il a été repêché par Ottawa, on s’est dit : “Oui!!!” »