Choix de premier tour des Nordiques de Québec au repêchage de 1993, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est aujourd’hui actionnaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il collabore depuis plusieurs années avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 32 filets de la Ligue.
Une saison des Oilers d’Edmonton en serait-elle vraiment une sans qu’on parle des gardiens? Il n’y a que quatre matchs de joués dans la capitale albertaine, et déjà, un homme masqué fait jaser.
Devon Levi, un petit gars de chez nous, se retrouve sous les projecteurs et voit la porte s’ouvrir devant le filet. Le natif de Dollard-des-Ormeaux, âgé de 24 ans, semble s’être emparé du rôle de numéro un chez les Oilers. Pour l’instant, du moins.
À la suite de la sortie difficile de Tristan Jarry en lever de rideau de la saison, le 29 septembre – six buts accordés sur 23 tirs dans une défaite de 6-5 en prolongation contre les Canucks de Vancouver –, Levi vient d’obtenir trois départs consécutifs. Et il donne toutes les raisons à son entraîneur Mike Babcock de continuer à faire appel à lui.
À son premier départ, le 1er octobre, Levi a connu une sortie à l’image de celle de Jarry, quand il a accordé sept buts dans un duel que les Oilers ont tout de même remporté 9-7, encore une fois contre les Canucks. Mais il est parvenu à rebondir et s’est montré extrêmement convaincant lors de ses deux sorties suivantes, des gains de 3-1 contre le Kraken de Seattle, le 3 octobre, et de 5-2 contre les Ducks d’Anaheim, mercredi.
Personnellement, le faux départ de Levi contre les Canucks ne m’inquiète pas pour la suite. En fait, je me demande si ça ne pourrait pas plutôt avoir un lien avec le camp d’entraînement raccourci cette saison. Après tout, les Oilers n’ont eu que deux semaines pour se préparer, et même moins, considérant qu’en début de camp, tu n’as pas l’occasion de t’exercer souvent avec ton véritable effectif en raison de la présence de nombreux jeunes.
Résultat, les Oilers ont joué du hockey brouillon à leurs deux premiers matchs, ce qui n’a pas aidé leurs gardiens. Les festivals offensifs sont d'ailleurs nombreux aux quatre coins de la LNH depuis le début de la saison, qu’on pense à la défaite de 7-0 des Flyers de Philadelphie contre les Penguins de Pittsburgh le 30 septembre ou à celle de 6-4 des Canadiens de Montréal contre les Hurricanes de la Caroline mardi.
Comme gardien, tu vas inévitablement être impliqué dans ce genre de match, et quand ça arrive, tu veux simplement réaliser l’arrêt qui va faire la différence pour gagner, retourner chez toi avec les deux points et passer à autre chose.
C’est exactement ce que Levi a fait, en stoppant 19 et 29 tirs lors des deux rencontres suivantes. Le Kraken et les Ducks ont respectivement obtenu 11 et 20 chances de marquer contre lui, selon Sportlogic, et il n’a cédé que trois fois au total. Ça signifie qu’en moyenne au cours de ces deux rencontres, il a fallu un peu plus de 10 chances de marquer pour le déjouer une fois. C’est exceptionnel, puisqu’un ratio d’un but accordé sur six occasions de marquer est déjà très bon.
Certains pourraient regarder sa moyenne de buts alloués de 3,35 et son pourcentage d’arrêts de ,863 en trois matchs depuis le début de la saison, et en déduire qu’il n’a pas été très bon, mais il n’en est rien. Il faut creuser plus loin et contextualiser.
On dit de Levi qu’il est un jeune homme très intelligent, et ça se transpose sur la glace. Son sens du jeu lui permet de faire de bonnes lectures et il se fait rarement surprendre par un jeu. Il est fluide dans ses mouvements, combatif et bien entendu, il possède de belles qualités athlétiques, même s’il n’est pas le plus imposant à 6 pieds et 187 livres.
Je ne suis pas dans la tête de Babcock, mais j’ai l’impression qu’on va continuer de privilégier Levi devant le filet, pourvu qu’il continue à donner une chance à son équipe de gagner. De toute façon, Jarry ne possédait pas le statut de numéro un incontesté avant la saison.
Il s’agit probablement de la meilleure opportunité pour Levi de s’établir dans la LNH depuis le début de sa carrière. Le gâteau n’a jamais levé pour lui chez les Sabres de Buffalo, même s’il a été l’élément clé obtenu des Panthers de la Floride dans la transaction impliquant l’attaquant Sam Reinhart en juillet 2021. Edmonton l’a ensuite obtenu des Sabres avec un choix de septième ronde contre un choix de troisième tour.
Un pari qui pourrait rapporter gros aux Oilers, qui sont à la recherche de stabilité devant le filet depuis des années. Miser sur un gardien constant fait partie des éléments qui pourraient leur permettre d’aller jusqu’au bout un jour. Est-ce que Levi sera la solution? On aura une idée de la réponse cette saison.
Merci Ovi!
En terminant, j’ai envie de dire aux gens de profiter à fond de la dernière saison d’Alex Ovechkin, qui a annoncé lundi qu’il prendra sa retraite au terme de la campagne.
Ovechkin est le plus grand buteur de l’histoire de la LNH, et ceux qui l’ont vu jouer en parleront à leurs enfants dans 30 ans, au même titre que l’on évoque encore les exploits des Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Guy Lafleur aujourd’hui.
J’ai vécu de l’intérieur les débuts de la rivalité entre Ovechkin et le capitaine des Penguins Sidney Crosby lorsque j’ai joué à Pittsburgh de 2005 à 2007.
Ces deux joueurs arrivaient avec de grandes responsabilités au sein de leur équipe respective, et la compétition entre les deux était palpable. Ils étaient deux joueurs extrêmement fiers – tu ne peux pas atteindre ce niveau si tu ne l’es pas. Chacun d’eux voulait s’imposer comme le meilleur lorsqu’ils s’affrontaient. Ce n’est donc pas un hasard qu’ils aient emmené leur équipe au plus haut niveau aussi rapidement.
Bonne retraite, Ovi!
Propos recueillis par Hugues Marcil, pupitreur LNH.com


















