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Site officiel des Canadiens de Montréal

Markov à coeur ouvert

Andrei Markov se confie sur sa longue carrière à Montréal, son rôle de père et son appréciation des médias sociaux

par Joanie Godin @canadiensmtl / canadiens.com

En octobre 2000, Madonna était au sommet des palmarès avec sa chanson «Music». *NSYNC, Christina Aguilera et Destiny's Child étaient aussi au top de leurs carrières.

Le film American Beauty avait remporté l'Oscar du meilleur film quelques mois plus tôt.

Lucien Bouchard était premier ministre du Québec, Jean Chrétien celui du Canada et Pierre Bourque était à la mairie de Montréal.

Tout ça semble bien loin maintenant, mais il y a une chose qui demeure depuis. C'est que c'est à ce moment qu'un certain Andrei Markov jouait son premier match avec les Canadiens de Montréal. Seize ans plus tard, le Russe est toujours là, cheveux en moins certes, mais encore aussi solide à la ligne bleue.

«Le temps passe vite, vous savez. Si je ferme les yeux, je peux voir ma première saison. Maintenant, je suis un peu plus vieux et j'ai assisté à plusieurs changements dans l'équipe», dit-il d'entrée de jeu.

Huit changements d'entraîneurs et cinq directeurs généraux. C'est ce qu'il a connu dans sa carrière, sans compter les dizaines de joueurs qu'il a côtoyés.

Un conseiller, pas un père

À 37 ans, Markov pourrait presque être le père d'un de ses coéquipiers. Mikhail Sergachev, qui était avec l'équipe en début de saison, n'avait que trois ans de plus que son fils aîné, Daniil, âgé de 15 ans.

Mais pas question pour lui d'agir en paternel dans le vestiaire.

«C'est certain que je n'agirais pas comme un père avec les plus jeunes, parce que des parents, tu n'en as que deux. Je ne suis pas ce genre de personne avec les jeunes. Ils vieillissent tous et ce sont des adultes. Mais s'ils me demandent des conseils ou de l'aide, je suis toujours là et je suis heureux de les aider, de les conseiller. C'est tout, c'est comme ça ce que je suis», explique Markov.

Il se souvient d'avoir lui-même pu compter sur un vétéran à son arrivée avec l'équipe.

«Quand je suis arrivé ici, il y avait quelques joueurs russes qui m'ont beaucoup aidé, comme Oleg Petrov. Il habite d'ailleurs toujours à Montréal et on se parle encore de temps à autre. Il m'avait beaucoup aidé à l'époque», se remémore le doyen du Tricolore.

La présence des jeunes dans le vestiaire ne donne pas l'impression à Markov d'être un «vieux». Au contraire.

«Je ne me sens pas comme un vétéran. On est tellement entourés de jeunes, qu'ils nous donnent de l'énergie à nous, les plus vieux. Alors on essaie de rester jeunes et je pense que c'est une bonne chose pour nous», confie-t-il.

La vie dans la LNH en 2016 est loin d'être la même qu'à ses débuts il y a 16 ans.

«Les temps ont changé. C'est une génération différente», souligne-t-il.

Markov a vu les téléphones intelligents apparaître - pour ensuite envahir notre quotidien - et a aussi connu la vie avant les réseaux sociaux. Ce n'est d'ailleurs que tout récemment qu'il a ouvert son compte Instagram (@marki79red), où il se dévoile plus que jamais.

«Ça fait partie de nos vies maintenant et on doit s'ajuster. Il faut être prêt pour ça. Je suis un peu indifférent face aux médias sociaux. Je n'en raffole pas, mais c'est une nouvelle génération, il faut s'y faire», mentionne-t-il.

Une nouvelle vie

Il y a quelques ressemblances entre les premières saisons de Markov et celle-ci, notamment dans sa vie personnelle. Markov est à nouveau un «jeune papa», avec l'arrivée récente de la petite Vasilisa. Il avait aussi un jeune enfant à ses débuts à Montréal.

À l'aube de la quarantaine, Markov admet qu'il «essaie maintenant de profiter de chaque journée.»

«Mon plus vieux garçon a 15 ans et j'ai une petite fille qui n'a que six mois. C'est une responsabilité. Et pour le moment, je suis heureux d'avoir une petite fille. J'en profite, je savoure chaque jour. C'est bien de voir un petit être grandir sous tes yeux. C'est très spécial», mentionne-t-il.

Vasilisa a même déjà son mot-clic sur Instagram, soit # #oursweetvasilisa.

«Je pense qu'elle a plus de hashtags que moi!» souligne-t-il en laissant aller un petit rire.

Tous les petits moments, autant sur la glace qu'à l'extérieur, semblent maintenant plus précieux, pour Markov, qui fêtera ses 38 ans en décembre.

«Je pense que quand tu vieillis, tu commences à réaliser que tout ça va se terminer un jour, alors tu essaies d'en profiter encore plus. Le jeu, la vie à l'extérieur du hockey, tout ça. Ça vient probablement avec l'âge. Pour le moment, j'adore jouer au hockey et j'essaie de profiter du temps que j'ai avec mes coéquipiers à l'extérieur de la glace. J'essaie d'apprécier le temps que j'ai avec ma famille, un jour à la fois. On ne sait jamais ce que demain nous réserve», affirme-t-il sagement.

Écrire l'histoire

Si tout se passe bien, le numéro 79 devrait atteindre le plateau des 1000 matchs dans l'uniforme tricolore à la fin de la saison. Il ne cesse également de grimper dans plusieurs colonnes du grand livre d'histoire des Canadiens (voir les chiffres ci-bas).

Qu'aurait-il dit si on lui avait annoncé qu'il connaîtrait une telle carrière, lorsqu'il a été repêché au sixième tour (162e au total), en 1998?

«Je n'aurais jamais pensé être ici aussi longtemps. Je ne vous aurais probablement jamais cru il y a 16 ans. Mais maintenant, je suis ici et je n'ai aucun regret quant à ce que j'ai fait dans ma carrière. Je suis heureux d'être encore ici. Je suis fier de représenter les Canadiens de Montréal depuis si longtemps», conclut le vétéran.

Andrei Markov en chiffres :

19 : Rang qu'il occupe dans l'histoire des Canadiens au chapitre des points, avec 548. 
9 : Rang qu'il occupe dans l'histoire du Tricolore pour le nombre de matchs joués, avec 945
3 : Rang qu'il occupe dans l'histoire de l'équipe pour les meilleurs pointeurs chez les défenseurs, derrière Guy Lapointe (572) et Larry Robinson (883)
3 : Rang qu'il occupe dans l'histoire de l'équipe pour les buts par un défenseur avec 115, derrière Guy Lapointe (166) et Larry Robinson (197)
2 : Rang qu'il occupe dans l'histoire des Canadiens pour le nombre de mentions d'aide chez les défenseurs, avec 433, derrière seulement Larry Robinson (686)
2 : Rang qu'il occupe dans l'histoire du CH pour les buts en avantage numérique chez les défenseurs (59), suivant de très près Larry Robinson (65)

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