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À l'extérieur de la patinoire… avec Thurman Thomas

Une rencontre avec le membre du Temple de la renommée du football professionnel

par Hugo Fontaine @canadiensMTL / canadiens.com

Cette entrevue a été modifiée de la version publiée originalement dans le numéro d'Août/Septembre 2015 (Vol. 29.5) du magazine CANADIENS

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Lorsqu'on pense aux éditions des Bills de Buffalo qui ont participé au Super Bowl durant quatre saisons consécutives au début des années 1990, l'un des premiers noms qui nous vient en tête est assurément celui de Thurman Thomas. Amassant les verges au sol et les touchés à la tonne au cours de ses 13 saisons dans la NFL, le Texan d'origine a fracassé plus d'un record au cours de son parcours qui s'est terminé au Temple de la renommée du football professionnel. Nous avons rencontré l'homme de 51 ans lors d'un passage au Centre Bell pour encourager ses Sabres de Buffalo, afin d'en apprendre un peu plus sur sa passion pour le hockey.

Tu es venu à Montréal pour voir les Sabres affronter les Canadiens. Es-tu un grand amateur de hockey? En étais-tu un avant d'être repêché par les Bills?
THURMAN THOMAS :
J'adore le hockey maintenant, mais je ne connaissais aucunement ce sport avant d'arriver à Buffalo en 1988. (rires) Au fil des ans, je suis devenu très bon ami avec Dominik Hasek, Michael Peca et les autres gars de cette époque. J'ai également pu rencontrer les gars de la «French Connection». 

En étais-tu à ta première visite à Montréal?
TT :
C'était en effet la première fois que je mettais les pieds à Montréal. Mais j'étais déjà allé à Mont-Tremblant pour faire de la planche à neige. C'est une très belle ville. J'ai vraiment aimé le Vieux-Montréal.

Assistes-tu à beaucoup de matchs des Sabres?
TT :
Oui. Il y a quelques années, je suis allé à 34 rencontres à domicile des Sabres. Je passe également une partie de l'hiver en Floride, donc lorsque j'y suis et que les Sabres affrontent le Lightning ou les Panthers, j'y vais.

Puisque les couleurs des Bills sont le bleu, le blanc et le rouge, pouvons-nous penser te convertir en partisan des Canadiens?
TT :
(rires) Vous avez raison, mais ça n'arrivera jamais! 

Nous t'avons vu faire des merveilles sur le terrain avec des souliers à crampons et un ballon de football. À quoi aurions-nous droit si tu avais des patins, un bâton et une rondelle?
TT :
(rires) Ce ne serait pas la même chose, c'est sûr. Je n'ai jamais patiné de ma vie, peut-être qu'un jour je vais m'essayer.

Tu as connu une carrière exceptionnelle : classé au 15e rang des meneurs chez les porteurs de ballon dans l'histoire de la NFL, en plus d'avoir été intronisé au Temple de la renommée du football professionnel. Dois-tu parfois te pincer pour réaliser ce que tu as accompli?
TT :
Vous savez quoi, je n'ai jamais été le type de personne à se donner une tape dans le dos ou quelque chose du genre. J'ai également dit à beaucoup de mes amis que je déteste lorsqu'ils parlent de moi ou de ce que j'ai fait dans ma carrière. Je n'aime pas en parler. Je n'ai jamais été comme ça parce que je sais que j'ai eu beaucoup d'aide en cours de route pour me rendre là où je suis aujourd'hui. Mes parents, mes coéquipiers, Jim Kelly, Bruce Smith et tous ces gars. Je n'étais pas seul. Sans eux, je ne serais pas ici.

Entre nous, à quel point la position de porteur de ballon est-elle exigeante physiquement?
TT :
C'est très demandant. Je jouais un match le dimanche et souvent, mon corps ne se sentait pas mieux avant le jeudi. Il y a une raison pourquoi la saison n'a que 16 matchs et non 82 comme au hockey. C'est très exigeant pour le corps chaque semaine. Le football est un sport très physique et on a besoin de repos. 

Crois-tu que nous verrons quelqu'un abaisser la marque d'Emmitt Smith pour le plus de verges amassées au sol?
TT :
Adrian Peterson est probablement celui qui a les meilleures chances de le faire. Personne ne le réussira avant longtemps parce que c'est devenu une Ligue axée sur la passe maintenant. Tout le monde lance le ballon entre 40 et 50 fois par match. Peterson est celui qui se rapprochera le plus de ce record. Mais si on regarde la direction dans laquelle se dirige la NFL, il ne sera jamais battu.

Tu as été un membre important des équipes des Bills qui ont atteint le Super Bowl quatre années consécutives au début des années 1990. Même si cela remonte à plus de 20 ans, est-ce que le fait que tu n'aies pas soulevé le trophée Lombardi fait encore mal?
TT :
Ça fait encore mal, c'est certain. On pratique ce sport pour une raison et ce n'est pas pour aller au Pro Bowl, pour être nommé Joueur le plus utile ou pour entrer au Temple de la renommée. On joue pour remporter le trophée Lombardi. On a eu quatre opportunités de le faire et d'amener le trophée à Buffalo. C'est pour cette raison que j'habite encore à Buffalo aujourd'hui. Ça fait mal, je mentirais si je disais le contraire.On était très chanceux d'aller au Super Bowl à quatre reprises, mais on n'a pas gagné. Les gens ne réalisent pas à quel point c'est difficile d'y aller une fois. Beaucoup de grands joueurs n'ont même pas eu l'occasion de se rendre à ce point. Jim Kelly, moi-même et tous ces autres grands joueurs prions tous pour avoir la chance de voir ça de notre vivant.

À quel point as-tu hâte de voir Tom Brady prendre sa retraite pour donner une chance aux Bills de remporter leur section?
TT :
(rires) Très! Je suis vraiment prêt à le voir prendre sa retraite. Il a dominé cette section et l'Association américaine durant plusieurs années. Les deux gars que vous voulez voir disparaître sont Tom Brady et Peyton Manning (Manning a pris sa retraite en mai 2016, soit un an après la publication de cet article, NDLR). Ils ont dominé la dernière décennie. Brady est un grand joueur de football et un grand être humain. En Nouvelle-Angleterre, je crois qu'il peut leur donner du bon football pendant encore deux ou trois années.

Tu as joué pendant de nombreuses années sous les ordres du membre de la Temple de la renommée et légendaire entraîneur des Alouettes, Marv Levy. A-t-il utilisé des anecdotes de ses jours dans la LCF à Montréal pour vous stimuler dans certaines situations à Buffalo?
TT :
Tout le temps. La chose qu'il n'arrêtait pas de nous dire et que j'ai pu voir de mes propres yeux est que les gens sont très gentils ici, très chaleureux. Il nous disait que Montréal est tellement une belle ville. C'est la chose que je me rappelle le plus qu'il nous avait racontée. Il adorait l'atmosphère ici.

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