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Site officiel des Canadiens de Montréal

À l'extérieur de la glace… avec Milos Raonic

Une entrevue avec le tennisman canadien

par Hugo Fontaine @canadiensMTL / canadiens.com

Cette entrevue a été modifiée de la version publiée originalement dans le numéro de février 2013 (Vol. 27.1) du magazine CANADIENS

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Le Canada est reconnu pour plusieurs choses, mais pour être une pépinière du côté du tennis, il faudra repasser. Tout cela semble avoir changé depuis l'éclosion de Milos Raonic sur la scène internationale. Né en Yougoslavie (maintenant Monténégro) Raonic a donné ses premiers coups de raquette près du domicile familial en banlieue de Toronto. Depuis,il ne cesse de faire tourner les têtes grâce à son service dévastateur et à ses coups précis sur le terrain. Nous avons discuté avec l'athlète de 26 ans pour découvrir comment il a fait son ascension dans un pays où le hockey est roi et maître.

Ton père a un doctorat et ta mère détient une maîtrise, nous imaginons que l'éducation est importante dans ta famille. Est-ce que ç'a été difficile d'annoncer à tes parents que tu renonçais à l'université pour devenir joueur de tennis professionnel?
MILOS RAONIC :
Je n'avais pas à les convaincre parce qu'ils m'avaient dit que c'était ma décision. Ils ont fini par me dire que je devais continuer mes cours universitaires jusqu'au moment où j'atteindrais le Top 100, ce que j'ai réussi en 2011. J'ai dû mettre mes études de côté puisque je commençais à être très occupé. Mais mon père continuait de remplir des demandes d'admission dans plusieurs universités canadiennes afin que je demeure admissible en tout temps et pour le rassurer un peu. Je sais que mes parents ne me l'ont jamais démontré, mais ils ont sûrement eu quelques nuits blanches à cause de ça.

Tu es souvent venu à Montréal au fil des an lors de tes passages au Centre national d'entraînement de Tennis Canada. Quelle est la première chose que tu fais dès que tu reviens en ville?
MR :
Je vais chez Schwartz's. Lorsque j'étais à Montréal il y a quelques mois à l'occasion de la Coupe Davis, je suis arrivé en ville le dimanche et je suis allé chez Schwartz's dimanche, lundi, mardi et mercredi. (rires) Je peux aller manger là souvent et probablement un peu trop.

Nous avons vu sur Twitter que tu étais allé voir un spectacle d'Arcade Fire en plus d'aller manger un sandwich à la viande fumée de Schwartz's. Es-tu sûr que tu n'es pas Montréalais?
MR :
(rires) Je dois beaucoup à Montréal, mais je reste un gars de Toronto. 

Tweet from @milosraonic: Schwartz deli Montreal! Sooo good! pic.twitter.com/oaiJC9Whu4

Tu n'es pas un partisan des Leafs, n'est-ce pas?
MR :
(rires) J'encourage les Leafs.

Ta famille a quitté la Yougoslavie lorsque tu étais très jeune pour s'installer en banlieue de Toronto. Jouais-tu au hockey dans ta jeunesse?
MR :
Je jouais au hockey dans la rue très souvent parce que nous vivions dans une communauté assez renfermée, les rues étaient plutôt tranquilles. Mais je n'ai jamais joué sur la glace et je n'essaierai pas de patiner maintenant parce que je ne veux pas risquer une blessure.

Si tu pouvais choisir un joueur de la LNH comme partenaire de double, qui sélectionnerais-tu?
MR :
Wayne Gretzky. Nous sommes devenus de bons amis depuis quelque temps et j'ai été chanceux de pouvoir souper avec lui plus tôt cette année. Nous sommes toujours en contact. Sa petite fille adore le tennis et lui aussi. Je l'ai souvent questionné à propos de plusieurs choses, il a toujours été là pour moi lorsque je devais lui parler de sujets concernant le sport en général. 

À quel point la pression de représenter son pays aux Jeux olympiques se compare à celle de participer à un des tournois du Grand Chelem?
MR :
C'est un peu différent parce qu'aux Jeux olympiques, tout le Canada te regarde et il y a tellement d'autres sports au programme. Lorsque le tennis est à l'antenne, c'est sur les télévisions de tout le monde. Lors des tournois du Grand Chelem, c'est davantage les fanatiques du tennis qui regardent. C'est un différent type de pression parce que comme enfant, ton rêve est de remporter un de ces tournois. Ce serait un honneur de remporter l'or aux Jeux olympiques, mais le titre que je voudrais le plus remporter est celui de Wimbledon.

Puisque tu évolues dans un sport individuel, tu n'as pas nécessairement d'entourage avec lequel passer tes temps libres. Vois-tu souvent tes adversaires à l'extérieur du terrain? Qui est ton meilleur ami sur le circuit?
MR :
Nous soupons et passons beaucoup de temps ensemble. Un joueur avec lequel je m'entends très bien et avec qui je vais souvent manger est Feliciano Lopez. Il est pas mal plus vieux que moi, mais il est très gentil. Il est très ouvert et c'est très facile de lui parler, ce qui est très important pour moi. Je m'entends très bien avec les joueurs espagnols en raison de mon entraîneur et comme je m'entraîne en Espagne. Je m'entends aussi avec les ex-Yougoslaves de même qu'avec les Croates et les Serbes en raison de ma langue. Et naturellement avec Daniel Nestor, mais il est beaucoup plus âgé que moi. Nous avons des points d'intérêts différents. (rires)

Quel joueur étais-tu le plus terrifié d'affronter dans un match? Penses-tu à cela avant de mettre le pied sur le terrain?
MR :
Pas vraiment. J'aimerais un jour réaliser tout ce que [Roger] Federer a accompli, mais je veux aussi un jour devenir le meilleur joueur au monde. Lorsque je l'ai affronté, il était de l'autre côté et il essayait de m'empêcher d'atteindre mon objectif.

D'après toi, qui est le plus grand joueur de tennis de tous les temps?
MR :
J'aimerais dire Pete Sampras parce que c'est mon idole, mais je dois répondre Roger Federer.

Est-ce que le tennis canadien obtient le crédit qu'il mérite?
MR :
Il est sur la bonne voie, mais il a encore beaucoup de chemin à faire. J'espère être un gros facteur dans sa lancée.

Que dois-tu faire pour accélérer la croissance de ton sport ici?
MR :
Il y a beaucoup de talent et d'habiletés au Canada, mais ça revient toujours au hockey. C'est pour ça que j'essaie d'avoir un gros impact pour démontrer aux jeunes qu'ils peuvent connaître du succès au tennis ici. Peut-être pas autant et d'une manière aussi régulière qu'au hockey, mais il y a tellement de belles histoires de succès au tennis et on peut le faire en tant que Canadien. Je veux que ce message se répande et c'est pour ça que les événements où je représente le Canada sont si spéciaux.

Ton service est l'un des plus dévastateurs du tennis. Quel est ton secret?
MR :
Beaucoup de pratique. Plus jeune, j'allais m'entraîner avec mon père à 5h30 ou 6h le matin. Il n'y avait pas beaucoup d'enfants qui voulaient s'entraîner à cette heure avant d'aller à l'école. Tout ce que je pouvais faire était de servir. Mon père ne savait pas jouer au tennis, alors je prenais un seau rempli de balles et j'effectuais des services.

À quel point les gens te lancent la fameuse phrase de l'émission Seinfeld : «Another game for Milos»?
MR :
Je l'entends assez souvent dans les estrades lors de mes matchs. Souvent! Surtout lors d'événements nationaux. C'est assez drôle. Je ne suis cependant pas très à l'aise lorsqu'on me demande de le dire parce que je ne suis pas sûr d'imiter le bon accent. Je ris lorsque j'entends d'autres personnes le crier.

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