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NEW YORK – Joe Veleno aurait aimé que son aventure montréalaise se poursuive encore longtemps.

Avec les Canadiens, l’attaquant québécois a réalisé son rêve de jouer pour l’équipe de son enfance, et il a surtout créé des liens très étroits avec le jeune noyau du groupe. Lorsque l’organisation lui a fait savoir qu’elle n’entendait pas lui offrir un nouveau contrat, la pilule a mis un peu de temps à passer.

« Ç’a été difficile quand j’ai reçu la nouvelle, a-t-il admis en entrevue avec LNH.com dans le vestiaire des Rangers de New York. Les gars m’ont tout de suite texté et ils pensaient que c’est moi qui voulais changer d’équipe. Ce sont des choses qui arrivent, ça fait partie de la business.

« Je suis un gars de Montréal. On a connu une saison extraordinaire, et j’ai créé beaucoup d’amitiés là-bas. Ça n’a pas été facile de tourner la page, mais je suis content d’être ici maintenant. »

Avec le temps et un peu de recul, Veleno a vu le côté positif de ce changement d’air.

Il enfile cette saison le chandail des Rangers – sa quatrième équipe parmi les six originales après les Red Wings de Detroit, les Blackhawks de Chicago et le Tricolore – et il a l’occasion de s’établir dans un rôle qu’il a appris à apprécier sous la gouverne de Martin St-Louis.

Le patineur de 26 ans est utilisé au centre du quatrième trio et sur la première vague du désavantage numérique par son entraîneur Mike Sullivan, qui lui accorde déjà une grande confiance.

Quelques heures après notre entretien, Veleno a dû quitter le match de dimanche face au Mammoth de l’Utah en première période en raison d’une blessure au bas du corps dont la gravité n’était pas encore connue.

« À Montréal, on m’a fait comprendre ce que je devais faire pour m’établir et avoir une chance de continuer à jouer dans la LNH, a-t-il poursuivi. Mon rôle était clair : je devais jouer dur défensivement, être physique et bon au cercle des mises au jeu. J’ai trouvé un aspect du jeu dans lequel j’excellais.

« Si je compare à mon passage à Detroit, c’était plus mélangeant. Des fois, j’étais sur le premier trio et l’avantage numérique, d’autres fois, je me retrouvais sur le quatrième trio et sur l’infériorité. »

C’est donc en misant sur cette identité de joueur défensif que Veleno a décroché une entente d’un an avec les Rangers. Après n’avoir disputé que 61 des 82 matchs du CH, la saison dernière, il espère maintenant s’imposer à New York. Et surtout, jouer plus souvent.

« C’est une longue saison et beaucoup de choses peuvent se produire, a-t-il souligné. Je suis un gars très patient et je savais que mon tour viendrait. Mais en regardant le portrait d’ensemble, le fait de quitter Montréal peut me permettre de solidifier mon poste au centre et mon identité de joueur défensif.

« Avec les Canadiens, il y a beaucoup de profondeur. (Phillip) Danault et (Jake) Evans occupent ces rôles-là. C’était peut-être mieux pour moi et pour mon futur dans le hockey d’aller ailleurs. »

Veleno, repêché au premier tour surtout pour ses habiletés offensives, a passé une bonne partie de sa carrière à chercher son identité. Avec les Blueshirts, il semble enfin savoir ce qu’il veut être. Et ses coéquipiers commencent déjà à comprendre ce qu’ils peuvent attendre de lui.

« Il m’impressionne par la façon dont il joue dans les deux sens de la patinoire, a souligné Alexis Lafrenière, qui a joué avec lui au Championnat mondial junior. Il mange de grosses minutes en infériorité numérique, et ça fait de lui un très bon ajout à notre équipe. »

Ce nouveau départ n’empêche toutefois pas Veleno de garder un œil sur ce qui se passe à Montréal. S’il a tourné la page, il ne ferme pas complètement la porte à un éventuel retour. « Tu reviendras », lui a d’ailleurs écrit Cole Caufield sous sa publication d’adieux sur Instagram.

« Tout peut arriver, a-t-il conclu. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. »