« Je ne pense pas qu’on puisse vraiment mettre des mots sur ce qu’il a fait pour cette région et pour le hockey dans son ensemble, sur son immense pouvoir d’attraction et sur le nombre de personnes devenues des partisans de hockey grâce à lui – et uniquement grâce à lui, a mentionné l’attaquant des Capitals Tom Wilson. Et puis il y a tout ce qu’il a fait pour cette ville. Je ne sais pas s’il y aura un jour quelqu’un de semblable à lui. »
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Ovechkin s’est établi comme une machine à marquer des buts et une force physique dès ses débuts dans la LNH le 5 octobre 2005 contre les Blue Jackets de Columbus. À sa première présence sur la glace, il a brutalement mis en échec le défenseur Radoslav Suchy, à un point tel qu’un pan de la baie vitrée s’est décroché derrière le filet de Columbus.
Puis, il a marqué deux buts en deuxième période pour propulser Washington vers une victoire de 3-2. Il a inscrit 52 buts cette saison-là, en route vers l’obtention du trophée Calder à titre de recrue de l’année.
Les Capitals n’ont pas gagné beaucoup de matchs en 2005-06, terminant au dernier rang de la section Sud-Est avec 70 points (29-41-12). Il était évident, cependant, qu’Ovechkin transformait l’organisation.
« Le degré de divertissement a grimpé en flèche avec toute l’énergie qu’il apportait à chaque match, et c’est encore le cas 20 ans plus tard, a commenté le président des Capitals Brian MacLellan. C’est assez incroyable ce qu’il a fait pour la concession et la communauté, pour la croissance du hockey et pour le hockey mineur. »
À 6 pieds 3 pouces et 238 livres, Ovechkin faisait faire des cauchemars aux défenseurs adverses en raison de son gabarit, de sa force et de son talent offensif. La mise en échec sur Suchy était la première des 3881 qu’il a servies dans sa carrière, ce qui représente le troisième plus haut total dans la LNH depuis que la statistique a commencé à être comptabilisée en 2005-06.
Bien qu'Ovechkin ait davantage dosé son jeu physique en vieillissant, il s'est tout de même classé troisième chez les Capitals la saison dernière avec 134 mises en échec, à l'âge de 40 ans.
« Si quelqu’un se trouvait dans son chemin, il baissait l’épaule », a dit Chris Clark, qui a été l’un des compagnons de trio d’Ovechkin pour la majorité des deux premières saisons du Russe. « À l’époque, il n’était pas aussi gros ou aussi large, mais il pesait tout de même plus de 200 livres. Il s’est rendu à 220 et 230, et quand il baissait l’épaule avec sa vitesse, tu encaissais le gros du choc, même si tu étais un gros défenseur. »
Les nombreux coups n’ont que très rarement gardé Ovechkin à l’écart de la formation. Depuis le début de sa carrière, il n’a raté que 51 matchs en raison de blessures, et 16 de ces parties sont venues après qu’il se soit fracturé le péroné gauche au cours de la saison 2024-25.
La saison dernière, Ovechkin est devenu le cinquième joueur de l’histoire de la LNH à jouer les 82 matchs d’une saison régulière en étant âgé de 40 ans ou plus, après Jaromir Jagr (2013-14, 2016-17), Teemu Selanne (2011-12), Nicklas Lidstrom (2010-11) et Dave Andreychuk (2003-04). Et il a mené les Capitals pour les buts (32) et les points (64).
« Il est une force de la nature », a soutenu l’ancien gardien des Capitals Olaf Kolzig, qui a joué avec Ovechkin pendant les trois premières saisons de ce dernier. « Pensez-y; il a été aussi constant, et ce n’est pas parce qu’il est demeuré un joueur de périphérie. Il est un joueur physique. Une telle longévité en étant aussi peu souvent blessé, ça en dit long sur son caractère et sa ténacité. »
Ce n’est pas qu’Ovechkin n’a pas eu à composer avec les blessures. Il a toutefois semblé être capable de jouer malgré les bobos mieux que ne le font la plupart des autres joueurs. Il s'est blessé aux ischiojambiers au début du camp d'entraînement la saison dernière, mais il était prêt pour la saison et il a été de la formation pour chacun des matchs pour la sixième fois de sa carrière.
« Bien sûr que j’ai quelques blessures, a dit Ovechkin. Bien sûr que j’ai eu quelques ennuis, mais notre personnel de santé a toujours fait de l’excellent travail pour m’aider à me sentir mieux. »
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Les Capitals se sont qualifiés en séries pour une première fois avec Ovechkin en 2007-08. Ils sont ensuite devenus des réguliers du tournoi printanier, ne ratant le rendez-vous qu’en 2013-14, 2022-23 et 2025-26. Ils ont mis la main sur le trophée des Présidents, remis à l’équipe ayant conservé la meilleure fiche en saison régulière, en 2009-10, 2015-16 et 2016-17, mais n’ont pu franchir le deuxième tour éliminatoire à chaque instance.
Cette narrative a changé en 2018 quand les Capitals ont défait les Penguins de Pittsburgh en six matchs pour atteindre la finale de l’Association de l’Est pour la première fois depuis 1998. Ovechkin a mené les siens avec sept points (trois buts, quatre passes) dans cette série – incluant la passe menant au but décisif d’Evgeny Kuznetsov en échappée en prolongation dans le match no 6.
Washington est ensuite venu à bout du Lightning de Tampa Bay en sept matchs au tour suivant, puis a défait les Golden Knights de Vegas en cinq matchs en finale de la Coupe Stanley. Ovechkin a terminé au premier rang de la LNH avec 15 buts lors de ces séries pour mettre la main sur le trophée Conn-Smythe à titre de joueur par excellence des séries éliminatoires.
« Cette victoire en était une importante », s’est souvenu le défenseur John Carlson, qui a été coéquipier d’Ovechkin pendant 17 saisons avant d’être échangé aux Ducks d’Anaheim le 6 mars dernier. « Quand tu vis autant de déceptions et que tu passes autant d’années avec une même personne, c’est encore plus significatif lorsque tu réussis enfin à franchir le dernier obstacle. »
Avant cette conquête de la Coupe Stanley, Ovechkin avait marqué 607 buts, mené la LNH à six reprises au chapitre des buts et remporté le trophée Hart à titre de joueur le plus utile à son équipe à trois occasions (2007-08, 2008-09, 2013). Mais il était perpétuellement questionné sur ses échecs en séries éliminatoires. Le triomphe de 2018 a libéré Ovechkin – comme l’a démontré sa célébration légendaire dans une fontaine à Georgetown – et a changé la façon dont lui et les Capitals étaient perçus.
« Tout le monde savait qu’il serait une légende du hockey, mais pour être considéré comme une légende, tu dois avoir gagné la Coupe Stanley, a dit Wilson. Et quand il l’a fait, c’est vraiment la dernière chose qu’il voulait accomplir. Il avait tellement de pression jusqu’à cette conquête, mais quand tu gagnes, ça t’enlève un poids des épaules. »
Avant 2018, le leadership d’Ovechkin était souvent remis en question. Depuis, il obtient plus de reconnaissance pour son travail sur la glace et à l’extérieur, même s’il est capitaine des Capitals depuis le 5 janvier 2010.
« Il a toujours été un leader phénoménal depuis le jour 1, à mes yeux, a ajouté Wilson. J’ai tellement appris de lui. Je ne serai jamais capable d’accomplir certaines de ces choses-là en raison du grand joueur qu’il est. Mais j’espère que je pourrai transmettre certaines choses afin de garder la même culture ici. »
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La conquête de la Coupe Stanley a cimenté la place d’Ovechkin parmi les grands. Les partisans qui remplissaient les rues à l’extérieur du Capital One Arena durant le match no 5 décisif de la finale disputé à Las Vegas témoignent de la transformation qui s’est opérée à Washington durant l’ère Ovechkin.
Même si les Capitals avaient atteint la finale en 1998 avant d’être balayés par les Red Wings de Detroit, l’arrivée d’Ovechkin, son rendement sur la patinoire et son enthousiasme pour le hockey ont engendré une relation jamais vue auparavant dans la ville.
« Il a véritablement transformé D.C. en une ville 100% hockey, et ce n’était peut-être pas le cas avant », a noté Kolzig, qui a joué 16 saisons à Washington (1989 à 2008) et qui travaille maintenant dans le développement des joueurs avec les Capitals. « Il y a toujours les Redskins (NFL) et il y a eu les Wizards (NBA) pendant un bout de temps. Mais il attirait les gens aux matchs de hockey.
« Les Capitals font toujours les grands titres grâce à lui. Nous sommes toujours à la télévision nationale grâce à lui. Nous avons gagné la Coupe Stanley grâce à lui. »
Ovechkin attirait les foules, même en dehors de Washington. Clark se souvient de la réaction des partisans durant le premier voyage dans l’Ouest canadien d’Ovechkin en 2006-07. Les Capitals n’avaient pas joué à l’étranger contre les Oilers d’Edmonton, les Flames de Calgary et les Canucks de Vancouver durant la saison recrue d’Ovechkin.
« Ils entendaient parler de lui depuis deux ans, mais ils ne l’avaient jamais vu, a expliqué Clark. S’il y avait 10 000 personnes dans les estrades pour la période d’échauffement, ils étaient tous de notre côté. Tout le monde venait de notre côté pendant l’échauffement parce que c’était leur première occasion de voir Ovechkin. »
La perception de Washington comme marché de hockey a également changé à travers la Ligue.
« Ce qu’il a accompli est exceptionnel », a souligné l’ancien gardien Brian Boucher, aujourd’hui analyste au réseau TNT. « Il a fait de Washington une destination, et les Capitals étaient un divertissement à ne pas rater à la télévision. […] Il a fait de cette concession une destination de choix où aller jouer. »
L’augmentation des partisans dans la région a conduit à une augmentation de la pratique du hockey chez les jeunes, ce qu’on a baptisé l’effet Ovechkin. Selon le rapport annuel de USA Hockey, pour l’année recrue d’Ovechkin en 2005-06, il y avait 12 856 joueurs inscrits à Washington (422), au Maryland (6450) et en Virginie (5984). Ce nombre avait grimpé à 22 222 pour Washington (1208), le Maryland (9929) et la Virginie (11 085) dans le plus récent rapport en 2024-25, une augmentation de 73%.
« Il était tellement important pour la ligue, le hockey et la ville, a affirmé Wilson. Vous voyez les choses qu’il a accomplies en dehors de la glace. Il y a des milliers de jeunes qui ont commencé à jouer au hockey grâce à lui et qui s’inspirent de lui chaque jour. Il a assumé ce rôle et l’a accompli avec classe. »
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Quand Ovechkin sera intronisé au Temple de la renommée du hockey, sa liste d’exploits comme marqueur sera immense. Bien entendu, elle commencera avec ses buts en saison régulière, mais Ovechkin détient aussi les records de la LNH pour les buts en avantage numérique (331), les filets vainqueurs (141), les buts en prolongation (27) et les buts dans un filet désert (72).
Il est celui qui compte le plus de saisons de 30 buts (20) et de 40 buts (14), et il est à égalité avec Gretzky et Mike Bossy pour le plus de saisons de 50 filets (9). Il a notamment réussi trois saisons consécutives de 50 buts – 2013 à 2016 – dans une période où aucun autre joueur n’est parvenu à marquer 50 filets.
« Il est le plus grand marqueur de l’ère moderne et il a un beau mélange de robustesse et de durabilité, sans compter qu’il possède une touche de marqueur que nous n’avions jamais vue, a noté Boucher. Gretzky était un joueur différent, Mario Lemieux était un joueur différent et Ovechkin a été différent à sa façon. Il est unique. »
Ovechkin a également marqué 77 buts en séries, ce qui lui confère un total combiné de 1006 buts, au deuxième rang de l’histoire de la LNH derrière Gretzky (1016).
« Il est le plus grand buteur de tous les temps, c’est facile, a dit Carlson. Il a fait taire de nombreux détracteurs au fil des ans avec son jeu, ses habiletés et ce qu’il a apporté à l’équipe. Il a essentiellement relancé DC comme ville de hockey. […] Il a laissé une empreinte et un héritage immenses dans une ville qui lui devra beaucoup pour le reste de sa vie. »
Tout au long de la carrière d’Ovechkin, ses célébrations de but auront été des démonstrations de joie débridée. On l’a souvent vu embrasser son gant et pointer vers le ciel en hommage à son défunt frère Sergei, mort quand Ovechkin avait 10 ans.
Certaines célébrations étaient plus poussées, comme quand il a feint que son bâton était trop chaud pour pouvoir le prendre après son 50e but durant la saison 2008-09 contre le Lightning de Tampa Bay. Ou sa glissade sur le ventre à la suite de son historique 895e but en carrière.
« Je peux vous garantir que personne ne prend plus plaisir à marquer des buts qu’Ovi, a lancé Oshie. Quand on parle de quelqu’un qui a du plaisir à marquer des buts, personne ne lui arrive à la cheville. »
Mais Ovechkin célébrait avec autant d’ardeur quand ses coéquipiers marquaient. Voir la rondelle entrer dans le filet, peu importe qui était le buteur, faisait ressortir sa véritable motivation.
« Quand tu marquais un but, tu devais déterminer s’il était sur la glace avec toi parce que tu devais te préparer à ce qu’un gars de 200-220 livres te saute dessus, a lancé Clark. Les gars qui le connaissaient savaient qu’il voulait simplement gagner. Durant sa carrière, il y a eu les exploits personnels et tout le reste, mais je pense qu’il échangerait tout ça pour deux ou trois autres Coupes Stanley.
« Je pense que c’est la plus grande chose que les gens ne voient pas de l’extérieur : à quel point il faisait passer l’équipe en premier et aimait gagner. »
Avec la contribution du journaliste NHL.com Derek Van Diest.