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Avec la perte d’Ivan Demidov, Juraj Slafkovsky s’en est mis beaucoup (trop) sur les épaules.

L’attaquant slovaque des Canadiens de Montréal avait de bonnes intentions face aux Hurricanes de la Caroline, mardi : celles de prendre les choses en main sur un trio rapiécé et d’en mettre plein la vue au Centre Bell pour le match d’ouverture. Le résultat a été tout autre.

Perdu, mêlé, erratique et frustré, Slafkovsky a connu un match très difficile.

« Je dois trouver le bon moyen d’être le conducteur d’un trio », a-t-il expliqué au lendemain de cette dure défaite de 6-4. « Je veux prendre ce rôle, mais parfois, je dois être plus intelligent avec la rondelle. Parfois, de la mettre en fond de territoire au lieu de la transporter peut être une meilleure décision pour le jeu suivant. »

La simplicité aurait pourtant souvent été la meilleure option, et Slafkovsky a rarement choisi cette voie. Aux côtés d’Alex Newhook et de Kirby Dach, qui n’ont pas connu leur meilleur match non plus, il a multiplié les tentatives risquées, comme s’il devait constamment provoquer quelque chose.

Sur sa première présence de la rencontre, il a redonné la rondelle aux Hurricanes trois fois plutôt qu’une avant que Taylor Hall n’ouvre la marque. Ses insuccès se sont poursuivis tout au long de la rencontre, jusqu’à ce qu’il commette un revirement à la ligne bleue adverse alors que Jakub Dobes avait été retiré.

CAR@MTL: Hall dévie le tir de Blake

Andrei Svechnikov en a profité pour mettre un terme à la soirée, et aux souffrances de Slafkovsky, qui a tout de même touché la cible pour réduire l’écart à un but – ne l’oublions pas.

« Ma première présence ne m’a assurément pas aidé, a confirmé le Slovaque. Après, on dirait que j’ai couru après le match. J’essayais des choses que je n’aurais pas tentées normalement, et ça n’a pas fonctionné. J’ai souvent perdu la rondelle et j’ai mal paru. »

Pendant que le reste de l’équipe se faisait lentement étouffer par les Hurricanes, la frustration grimpait manifestement chez Slafkovsky. On l’a vu claquer la porte du banc des joueurs à quelques reprises et lever les yeux au ciel quand il perdait la rondelle. Ça ne l’a pas aidé à reprendre ses esprits.

« Slaf veut faire la différence, mais il y a un processus pour arriver à ça, a observé l’entraîneur Martin St-Louis. Tu ne peux pas jouer dans l’espace et avoir de la grosse vitesse sur chaque situation de jeu. Tu dois jouer la game devant toi au lieu d’essayer de créer quelque chose qui n’est pas là.

« Ce n’est pas un manque de volonté. C’est juste de trouver plus d’équilibre. De se concentrer plus sur le processus que sur le résultat. Les gars ont trop tendance à vouloir le résultat tout de suite. »

Il faut dire qu’après seulement deux matchs, Slafkovsky s’est retrouvé sans ses deux compagnons de trio habituels – Demidov et Oliver Kapanen, tous les deux sur la touche. Les choses ne cliquent pas tout à fait avec Newhook, et la venue de Dach sur son trio, mardi, ne lui a pas facilité la tâche.

« On sait qu’on peut être très dangereux comme duo, comme trio, a assuré Newhook. On continue de travailler sur notre cohésion. On se parle pour tenter de voir comment on peut s’aider et de quelle manière on peut mieux utiliser nos atouts. »

Le défi pour Slafkovsky sera maintenant de ne pas laisser ce désir de faire la différence devenir un poids supplémentaire sur ses épaules.

« On peut être bien meilleurs que ce qu’on montre en ce moment », a-t-il conclu.

Avec la collaboration de Jean-François Chaumont, journaliste principal LNH.com