MONTEMBEAULT BADGE CHAUMONT

MONTRÉAL – Un camp ne fait pas une saison. Mais un bon camp peut offrir une bonne dose de confiance à un joueur qui avait besoin de replacer sa carrière sur les rails. C’est l’histoire de Samuel Montembeault.

« C’est un nouveau départ, a dit Montembeault à son casier dans le vestiaire des Canadiens. On recommence avec des zéros partout. J’ai connu un bon camp, mais la saison s’ouvrira mardi. Ça repartira à zéro encore une fois. J’ai cherché à oublier la dernière saison dans l’espoir de me concentrer sur la prochaine. »

Un zéro, c’est le chiffre qui se retrouvait dans la colonne des buts accordés pour le numéro 35 dans ce gain de 4-2 contre l’équipe B des Sénateurs d’Ottawa, samedi, au Centre Bell.

Appelé en relève à Jacob Fowler à mi-chemin en deuxième période, Montembeault a rapidement affiché ses couleurs. Le gardien de 29 ans a bloqué quatre tirs menaçants des Sénateurs lors d’une punition à Jake Evans, seulement quelques secondes après son entrée dans le match.

Il a stoppé des frappes de Kasper Halttunen (deux fois), Philip Tomasino et Jaxon Cover pour recevoir de chaleureux applaudissements des partisans, qui scandaient « Monty, Monty, Monty. »

Après le quatrième arrêt, Mike Matheson a également brassé gentiment la tête de son gardien, le remerciant possiblement de lui avoir épargné un but dans son propre filet. 

« Je ne sais même pas à quand remontait mon dernier match au Centre Bell, a lancé Montembeault avec le sourire au visage. C’était vraiment le fun. À mon arrivée sur la glace pour le changement de gardien, il y avait déjà du bruit. J’étais heureux de recevoir cet amour. »

Montembeault n’avait pas foulé la glace du Centre Bell depuis le 26 février 2026 lors d’un revers de 4-3 en prolongation contre les Islanders de New York.

Depuis le début du camp, le Québécois avait joué un peu plus de 31 minutes (0 but sur 13 tirs) face aux Maple Leafs à Toronto et il avait rejoué une trentaine de minutes (1 but sur 8 tirs) contre les Sénateurs à Trois-Rivières.

En trois matchs à ce camp, Montembeault n’a donc donné qu’un seul but sur 35 tirs.

« Ça fait vraiment du bien, a-t-il répliqué. Quand je suis arrivé au camp, je savais que j’avais tout fait pour me donner une chance. Je ne devais pas trop penser et ne pas trop rester dans ma tête. Je voulais juste foncer. Je suis vraiment content de mon camp, mais je ne suis pas satisfait. Il reste encore bien du travail. »

En conférence de presse samedi soir, Martin St-Louis a logiquement dressé un bilan positif de son vétéran gardien.

« Sam a super bien joué ce soir, il a connu un très bon camp. Il a fait comme un reset avec l’an dernier. Il est parti sur son processus. Il travaille. Il n’a pas oublié de jouer au hockey. Comme dans tous les sports, c’est souvent une question de mental pour les athlètes. »

St-Louis a le sentiment que Montembeault se dirige dans le bon chemin. Mais il n’y arrive pas par un simple hasard.

« Je suis content pour lui. C’est du travail. C’est beaucoup de temps à essayer de se réparer. C’est normal de te briser. Ça peut arriver. Mais comment tu fais pour te réparer? Ça n’arrive pas juste avec de la chance. Je suis heureux de le voir dans une meilleure place. »

À l’image de son entraîneur, Phillip Danault a parlé du travail de son coéquipier et bon ami pour se raplomber jusqu’à présent.

« Sam sait qu’il n’a pas eu beaucoup de chance l’an dernier », a souligné Danault, qui a terminé ce match préparatoire avec un but et une passe. « Mais il est arrivé à ce camp prêt. Il a travaillé fort et il s’est entraîné fort. Même en séries, il restait positif avec nous. Il mérite entièrement ce qui lui arrive. Je le trouve solide. Ça démontre son caractère. »

À moins d’une immense surprise, le CH amorcera la prochaine saison avec Jakub Dobes et Montembeault. Fowler poursuivra donc son apprentissage avec le Rocket de Laval, où il aura l’occasion de jouer de grosses minutes dans un rôle de numéro un.

Kent Hughes l’avait dit au tournoi de golf de l’équipe le 14 septembre dernier. Le DG se disait prêt à jongler avec trois gardiens lors du camp, mais pas lors de la saison. Montembeault vient donc de faciliter le travail des dirigeants de l’équipe en dissipant bien des doutes à ce camp. Et pour Fowler, la patience restera de mise. Il a le talent pour jouer déjà dans la LNH, mais l’Américain gagnera à obtenir plus de répétitions avec le Rocket.

Le CH confirmera sa formation pour le premier match de la saison (mardi contre les Leafs à Toronto) lundi en fin d’après-midi. Hughes et Jeff Gorton devront notamment dicter les sorts de Florian Xhekaj et David Reinbacher, deux joueurs qui ont connu un bon camp. Owen Beck, qui a terminé sur une bonne note face aux Sens samedi soir, risque de retourner encore une fois dans la Ligue américaine. Idem pour Adam Engström.