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Repêchage 2018 : Gabriel Fortier n'a aucun complexe

L'attaquant du Drakkar de Baie-Comeau joue gros même s'il concède souvent quelques pouces à ses adversaires

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

La même histoire se répète chaque fois que les représentants du Bureau central de dépistage de la LNH procèdent à la prise des mensurations des espoirs en cours de saison. 

Gabriel Fortier se place dos au mur, les talons bien au sol, et attend de savoir s'il a gagné quelques pouces. Pas qu'il s'en fait avec ça - il peut très bien tirer son épingle du jeu à 5 pieds 10 pouces - mais disons que deux ou trois pouces de plus pourraient lui permettre d'éviter beaucoup de questions à ce sujet.

« Six pieds un pouce », lance Dan Marr, le directeur du Bureau, à son collègue qui ne tarde pas de lui faire remarquer qu'il serait surprenant que l'attaquant de 17 ans ait gagné trois pouces en l'espace de quelques mois. Les poussées de croissance existent, mais il y a aussi des limites.

« Il joue comme un gars de 6 pieds 1 pouce alors aussi bien l'inscrire dans le rapport », répond-il en regardant Fortier d'un air complice. 

C'est ce qui frappe le plus lorsqu'on voit jouer le dynamique numéro 9 du Drakkar de Baie-Comeau. Il a beau souvent concéder quelques pouces à ses adversaires, il est la plupart du temps le premier arrivé dans le coin et le premier sur la rondelle.

« C'est un gars qui amène beaucoup d'énergie et beaucoup d'intensité dans sa façon de jouer, a déclaré l'entraîneur du Drakkar de Baie-Comeau, Martin Bernard. Il a une vitesse incroyable, il est souvent sur la rondelle et on peut l'utiliser dans toutes les situations.

« Il ne recule devant personne. Il a tellement de vitesse que les mises en échec qu'il distribue sont percutantes. Ç'a de l'impact. »

Sélectionné au quatrième rang lors du repêchage de la LHJMQ en 2016, Fortier en est théoriquement à sa deuxième saison dans le circuit junior québécois, mais il n'a disputé que 25 matchs l'an dernier en raison d'une opération à l'épaule qu'il a dû subir avant même d'enfiler l'uniforme du Drakkar.

Il a finalement intégré la formation à la fin du mois de janvier, près de cinq mois après avoir amorcé un long processus de réadaptation. Cinq mois, ça peut être bien long pour un joueur recrue impatient de montrer de quoi il se chauffe. Mais Fortier a accepté son sort et a redoublé d'ardeur au lieu de s'apitoyer sur son sort.

« C'était frustrant de ne pas pouvoir jouer, mais le fait que j'embarquais sur la glace chaque jour pour travailler sur mon coup de patin et sur mon cardio, c'était positif, a expliqué celui qui a jusqu'ici récolté 12 buts et 14 aides en 28 rencontres. Je voulais me garder en bonne forme physique en vue de mon premier match. »

Aujourd'hui considéré comme un potentiel espoir de deuxième ou de troisième ronde par le Bureau central de dépistage de la LNH en vue du repêchage de juin prochain, il serait difficile d'avancer que cette longue blessure a eu un quelconque impact sur son développement.

« La décision de le faire opérer l'an passé était la bonne parce qu'il a l'esprit en paix cette année, a précisé Bernard. C'est un kid qui travaille tellement fort qu'il a rattrapé tout le temps perdu. Je n'ai jamais vu un jeune travailler aussi fort en réadaptation. »

Saison faste pour les Fortier

Si Gabriel est à quelques mois d'enfiler le chandail d'une équipe de la LNH, son frère Maxime vient de signer un contrat professionnel avec les Blue Jackets de Columbus à l'âge de 19 ans.

Jamais repêché et invité à deux reprises au camp estival des Canadiens de Montréal, le capitaine des Mooseheads d'Halifax voit enfin ses efforts être récompensés au grand plaisir du cadet de la famille.

« Il a été ignoré lors de deux repêchages, mais il n'a pas arrêté de travailler, a témoigné Gabriel. Pour moi, c'est juste le meilleur modèle que je peux demander. [...] On se pousse chaque jour, l'été on s'entraîne ensemble et on s'appelle souvent pendant la saison. »

Les deux jeunes hommes ont à peu près le même gabarit - à quelques livres près - et possèdent la même vitesse, mais ils n'ont pas exactement le même style de jeu. Ça n'empêche pas le plus jeune de tenter de s'inspirer du plus vieux à certains égards.

« J'aimerais ça être plus dangereux offensivement comme lui, a-t-il admis. Chaque fois qu'il a la rondelle, il est capable de créer quelque chose de dangereux, de créer un jeu. C'est un aspect que j'essaie d'améliorer. »

Pour ce qui est de savoir qui est le plus rapide des deux, il va cependant falloir attendre.

« On n'a jamais fait de course, a lancé Gabriel en riant. Il faudrait en faire une pour voir ça. »

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