Ottawa Senators v Detroit Red Wings

DETROIT – Lorsque tout fut terminé, Dylan Larkin s’est retrouvé dans le vestiaire des Red Wings de Detroit et a discuté avec les journalistes pendant environ huit minutes, ce qui est plutôt long pour une entrevue d’après-match. La dernière question posée fut la suivante : est-ce qu’il va se souvenir de ce match, en bien ou en mal, lorsqu’il fera le bilan de sa carrière?

« Hum, oui, peut-être, a-t-il répondu. Ce fut une soirée intéressante. »

Intéressante, parce qu’elle a été ponctuée d’émotions vives et diverses.

À son premier match depuis qu’il a demandé aux Red Wings de l’échanger, ce qui lui a valu de perdre son titre de capitaine, Larkin a transformé les huées en applaudissement en marquant un but. Il a ajouté une mention d’aide, puis a écopé d’une punition pour rudesse alors qu’il est venu à la défense d’un coéquipier. Plus tard, les huées sont revenues. Finalement, lorsqu’il a été nommé première étoile du gain de 5-3 des siens contre les Sénateurs d’Ottawa au Little Caesars Arena mardi, des huées et des applaudissements ont retenti.

« Je tente d’agir en homme et d’affronter ça, et je comprends pourquoi tout ça arrive, a admis Larkin. Mais comme je vous l’ai dit au début de la saison, je vais tenter de laisser mon jeu parler de lui-même, et ce fut très agréable d’être sur la glace avec les gars et d’obtenir la victoire. »

Larkin a passé la totalité de sa carrière dans la LNH avec son équipe d’enfance, mais il n’a pas pris part aux séries éliminatoires depuis sa saison recrue en 2015-16. Les Red Wings ont raté le tournoi printanier au cours des 10 dernières saisons, la plus longue disette de l’histoire de l’équipe, et la plus longue séquence active dans la LNH.

Le centre de 30 ans a formulé une demande de transaction au terme de la dernière saison, et a alors donné à Detroit une courte liste d’équipes pour lesquelles il accepterait de lever sa clause de non-échange. On lui a retiré son titre de capitaine au début de la campagne.

Il s’est présenté au camp d’entraînement, mais n’a pu sauter sur la glace au départ en raison d’une blessure au haut du corps subie à l’entraînement pendant la saison morte. Même s’il avait repris l’entraînement sur la glace, il n’a pas participé aux deux premiers matchs des Red Wings en saison régulière, des revers de 2-0 contre les Rangers de New York vendredi et de 3-2 aux mains des Jets de Winnipeg dimanche.

Les partisans ont hué Larkin lorsqu’il a sauté par-dessus la rampe pour effectuer sa première présence à 1:51 de la première période mardi, et ils l’ont hué la première fois qu’il a touché à la rondelle. Sa première présence s’est terminée lorsque le centre Tim Stützle a marqué sur une contre-attaque pour procurer à Ottawa une avance de 1-0 à 2:44.

Les partisans ont continué à conspuer Larkin chaque fois qu’il touchait à la rondelle… jusqu’à ce qu’il profite d’une passe de l’attaquant Viktor Arvidsson en avantage numérique pour donner à Detroit une avance de 2-1 à 13:14 du premier tiers. Soudainement, ils ont applaudi. Larkin est toutefois resté relativement réservé.

« Je ne voulais pas offusquer qui que ce soit en célébrant trop ce but, avec la situation que nous connaissons, a expliqué Larkin. Mais il reste que quand on marque un but dans la LNH, un but pour son équipe alors qu’elle en a besoin, ce fut un très bon sentiment. »

Larkin a ensuite pointé vers sa fille de 16 mois, Lennyn, dans la foule.

OTT@DET: Larkin donne les devants aux Red Wings

« Elle était venue à un match l’an dernier, mais je pense qu’elle est plus consciente de ce qui se passe, et elle sera en mesure de regarder ce but à nouveau plus tard, a mentionné Larkin. C’était très spécial. »

Larkin a préparé le but d’Arvidsson en avantage numérique qui plaçait Detroit en avance 3-1 à 2:01 de la période médiane. Il bataillait pour la rondelle, il a foncé au filet, il se démenait le long des rampes, et il a provoqué une punition.

À la fin de la période, il s’en est pris au centre d’Ottawa Ridly Greig après que ce dernier eut frappé Alex DeBrincat, et il a écopé d’une punition pour rudesse en plus de provoquer une mêlée. L’attaquant d’Ottawa Nick Cousins a touché à son chandail, et a semblé se moquer du fait que Larkin avait perdu le « C » sur celui-ci. Larkin s’est toutefois contenté d’en rire.

« Il est un joueur de hockey, a résumé l’entraîneur de Detroit Todd McLellan. Une fois qu’il a son équipement sur le dos, il saute sur la glace et il joue au hockey. Il exerce un impact sur le match. Je pense qu’il a joué avec cœur, ce qui est une très bonne chose pour lui. Il avait besoin de ça ce soir, et il l’a fait.

« Je peux vous affirmer que sur le banc, ses coéquipiers étaient rangés derrière lui. Ils croient que nous formons une meilleure équipe avec lui que sans lui, et le reste du groupe était heureux pour lui. Ce fut une victoire d’équipe, et Dylan a fait ce que Dylan doit faire.

« Il arrive qu’il faille simplement se concentrer sur le hockey. Ce qui s’est passé appartient au passé, et avec tout ce qui arrive, c’est amplement suffisant. Il est aussi bien de simplement jouer au hockey, et c’est ce qu’il a fait. »

Larkin a ajouté qu’il était « simplement bon de jouer au hockey à nouveau, c’est certain ».

« Pour un joueur de hockey, c’est le meilleur remède, a-t-il poursuivi. Nous voulons simplement jouer et en profiter, et penser aux jeunes qui donneraient tout pour être à notre place. C’est tout ce qui compte pour chacun d’entre nous. »

Les partisans ont hué Larkin à nouveau lorsqu’il a touché la rondelle à quelques occasions en troisième période, puis lui ont accordé une réaction en demi-teinte lors de l’annonce qu’il était la première étoile de la rencontre. Lorsque Larkin est retourné dans le vestiaire, ses coéquipiers lui ont réservé un bel accueil.

« Ça signifiait beaucoup pour moi, a avoué Larkin. Il y a plusieurs personnes ici que j’aime profondément et qui ont joué un rôle important dans ma carrière. J’étais plutôt émotif quand je suis revenu ici. »

Dès le premier jour du camp, Larkin a parlé de l’importance de regagner la confiance de ses coéquipiers. Lorsqu’il lui a été demandé s’il y était parvenu, il ne semblait pas certain. Il ne s’agissait que d’un match. Il y a encore beaucoup d’incertitude qui règne.

« Je ne sais pas ce qu’il en est de la confiance, a-t-il répondu. Ça prend habituellement du temps. Je sais toutefois qu’avec un groupe de gars au hockey, ça se gagne avec les actions, et non les paroles. »