Le gardien qui sera devant le filet dimanche et à moyen terme, à moins que les Rangers effectuent une transaction, est la recrue Dylan Garand. Son dossier se résume à cinq matchs dans la LNH, dont quatre départs, trois victoires, une moyenne de buts alloués de 1,31, un pourcentage d’arrêts de ,954 et un blanchissage.
Même si les statistiques de Garand sont excellentes, elles sont surtout tirées d’un échantillon limité. Trois éléments ne peuvent être ignorés :
1. Durant l’été, les Rangers ne semblaient clairement pas convaincus que Garand était prêt à assumer le rôle de gardien substitut dans la LNH. C’est pourquoi ils ont fait l’acquisition du gardien Joonas Korpisalo dans une transaction avec les Bruins de Boston le 1er juillet.
2. Il y a deux semaines, quelques jours avant le match d’ouverture à Boston, les Rangers ont soumis Garand au ballottage dans le but de le céder au Wolf Pack de Hartford, dans la Ligue américaine de hockey.
3. Garand n’a pas été réclamé, ce qui signifie que les 31 autres équipes de la Ligue ne croyaient pas qu’il pouvait supplanter un de leur gardien.
Garand a rapidement été rappelé à New York pour le match d’ouverture parce que Korpisalo avait subi une blessure au bas du corps qui devait le tenir à l’écart pendant plusieurs semaines.
« Ces décisions ne sont pas faciles, mais il ne faudrait pas en conclure que nous ne croyons pas en lui ou que nous ne le considérons pas comme un gardien capable de faire le travail, a expliqué l’entraîneur des Rangers Mike Sullivan au sujet de Garand. Les réalités du hockey professionnel obligent parfois les responsables des opérations hockey à prendre des décisions très difficiles. C’était le cas ici. Je sais que Dylan aspire fortement à s’établir comme gardien dans la LNH et il aura maintenant une excellente occasion de le faire. »
Samedi, Garand a affirmé être « très prêt » et qu’il sentait « qu’il avait un peu de rancune en raison de ce qu’il a vécu jusqu’ici ».
Il a également répondu présent lorsque les Rangers ont fait appel à lui.
Il a réalisé 22 arrêts dans une victoire de 2-0 contre les Red Wings de Detroit le 2 octobre, puis a effectué 11 arrêts sur 12 tirs en relève à Shesterkin dans une défaite de 3-1 à Washington vendredi. La saison dernière, il avait présenté une fiche de 2-0-1, une moyenne de buts alloués de 1,62 et un pourcentage d’arrêts de ,948 en trois départs.
« Je pense que Dylan possède une confiance tranquille, a affirmé Sullivan. Il sait qu’il est tout à fait capable et je crois que cette confiance est importante pour un joueur qui se retrouve dans une telle situation. Il croit en lui-même, je le sais. Il sait aussi que nous croyons en lui. Nous le considérons comme un gardien qui peut réussir. Nous pensions la même chose il y a quelques semaines lorsque nous avons dû prendre des décisions très difficiles. »
Cela dit, la confiance envers Garand ne doit pas faire oublier l’immense perte que représente l’absence de Shesterkin pour les Rangers.
Le vétéran de 30 ans fait non seulement partie de la crème des gardiens de la LNH, mais il est aussi un des meilleurs pour manier la rondelle.
Il avait même marqué un but cette saison, en plus d’ajouter une mention d’aide. Mais surtout, c’est sa capacité à récupérer régulièrement la rondelle derrière son filet pour amorcer les sorties de zone qui manquera aux Rangers.
Cette qualité force parfois les équipes adverses à changer la façon dont elles appliquent leur échec avant contre les Rangers et l’endroit où elles envoient la rondelle en fond de territoire.
« “Shesty” est peut-être le meilleur gardien que j’ai vu manier la rondelle, a affirmé le défenseur des Rangers Sean Durzi. Les équipes en sont conscientes dans leur préparation de match, parce qu’elles savent qu’on doit garder la rondelle loin d’un gardien qui joue le disque. »
Durzi estime que la communication sera essentielle pour s’adapter à la présence de Garand devant le filet.
« Parfois, “Shesty” nous surprenait en réalisant un jeu, ce que je n’avais jamais vu auparavant. Mais durant tout le reste de ma carrière, c’est nous qui prenons la décision pour le gardien, a expliqué Durzi. Il faut lui faciliter la tâche. Il faut communiquer tôt et se dépêcher de se mettre en position. Nous ferons de notre mieux pour bien communiquer avec lui. »
Les joueurs devraient progressivement développer une meilleure complicité avec Garand. Ils n’ont pas le choix, puisqu’ils ne retrouveront pas Shesterkin de sitôt.
La dure réalité s’est installée et les joueurs des Rangers doivent maintenant poser les bons gestes à leur tour.
« Évidemment, Igor est un joueur exceptionnel et il n’est pas facile à remplacer, mais son absence donnera à d’autres l’occasion de prendre la relève et nous croyons avoir des joueurs capables de le faire, a estimé Sullivan. C’est ainsi que nous voyons les choses. Nous ne pouvons pas contrôler cette situation; nous pouvons seulement contrôler notre réaction. »