En demandant une transaction au cours de l’été, Larkin se retrouve dans le rôle du vilain à Detroit.
Au sein du vestiaire, cette histoire suscite l’attention. C’est une grande distraction. Mais je crois réellement que le monde du hockey reste un milieu professionnel. Ses coéquipiers réagissent probablement de plusieurs façons. Il y en a qui sont fâchés, il y en a d’autres qui l’acceptent et d’autres garderont une attitude neutre. Ses amis chez les Wings resteront ses amis. Il ne se fera pas isoler dans un coin du vestiaire et on ne lui remettra pas un bonnet d’âne.
Comme équipe, tu ne peux pas glisser cette histoire sous le tapis. C’est un cas bien réel. Il y a un joueur qui attend une transaction. Mais en même temps, la vie continue. Larkin l’a compris et il a montré du caractère en bravant la tempête des partisans et des huées. Il a aussi perdu son titre de capitaine.
Shawn Horcoff, le directeur général par intérim chez les Red Wings, aura intérêt à régler ce dossier rapidement. Pour y arriver, Horcoff aura aussi besoin d’une plus grande ouverture d’esprit de Larkin. Oui, il a négocié pour recevoir une clause de non-échange dans son contrat. Il l’a méritée. Mais il a aussi cogné à la porte pour un départ. Il devrait encercler plusieurs équipes où il accepterait de jouer afin de faciliter le travail de son DG.
Les Wings ne voudront pas perdre un bon joueur de centre pour une simple bouchée de pain.
Selon les différentes informations, Larkin refuserait un échange à Montréal. C’est dommage. Il cadrerait très bien avec les Canadiens. En plus, Kent Hughes et Jeff Gorton ont les armes pour séduire Horcoff avec une bonne proposition.
Le Tricolore se retrouverait avec deux très bons centres en Nick Suzuki et Larkin. Un droitier et un gaucher. Comme Suzuki, Larkin est aussi très bon défensivement en plus d’être excessivement rapide. Il compte six saisons de 30 buts ou plus et trois saisons de 70 points et plus. À 30 ans, il a encore plusieurs bonnes années devant lui.
Larkin a également de l’expérience avec un peu plus de 800 matchs (809) dans la LNH, mais il n’a joué que cinq petits matchs en séries. Il n’a pas participé aux éliminatoires depuis sa saison recrue (2015-2016). Ça fait dix ans que les Wings ratent le bal du printemps. Et à mes yeux, c’est la principale raison qui motive son désir de jouer pour une autre équipe. Il veut gagner. Je ne peux pas le critiquer sur cet aspect.
Aux Jeux olympiques de Milan au mois de février, Larkin a été l’un des bons joueurs de la conquête de la médaille d’or des États-Unis. Si on n’a pratiquement jamais eu la chance de le voir jouer en séries, il a montré qu’il a le cran pour élever son jeu sur une grande scène.
Pour Larkin et pour les Wings, je souhaite maintenant un dénouement rapide à ce dossier. Un centre doué comme lui ne court pas les rues. L’équipe qui fera son acquisition ajoutera une immense pièce à son casse-tête.
- Propos recueillis par Jean-François Chaumont, journaliste principal LNH.com*