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Le repêchage d'expansion va entraîner beaucoup de mouvement de personnel

Les directeurs généraux de la LNH seront actifs avant de soumettre leur liste de protection aux Golden Knights de Vegas

par Sébastien Deschambault @sebasdLNH / Chroniqueur LNH.com

Maintenant que la Finale de la Coupe Stanley est derrière nous, les directeurs généraux des équipes de la LNH se préparent pour leur saison morte. Si leur agenda comporte habituellement deux dates importantes, le repêchage de la LNH et l'ouverture du marché des joueurs autonomes, un événement d'envergure va marquer la saison morte 2017 : le repêchage d'expansion de la LNH. 

L'arrivée dans le circuit l'an prochain des Golden Knights de Vegas vient quelque peu bouleverser l'ordre du jour habituel des dirigeants de la ligue, et il faudra s'attendre à beaucoup de mouvement au cours des prochains jours, soit jusqu'à la date limite du dépôt de la liste de protection de chaque équipe le 17 juin.

Plusieurs facteurs vont faire en sorte que l'action ne manquera pas en ce mois de juin. En effet, on risque de voir quelques transactions, des rachats de contrat et plus de mises sous contrat que d'habitude à cette période-ci de l'année. Le LNH.com a préparé un résumé de la situation.

Des règles à respecter

Les principales règles du repêchage d'expansion commencent à être bien connues du grand public. Chaque équipe doit protéger un total de sept attaquants, trois défenseurs et un gardien, ou encore un total de huit patineurs, peu importe leur position, et un gardien. 

Certaines équipes auront des choix déchirants à faire, et voudront rentabiliser au maximum les actifs qu'elles ne pourront protéger. Ainsi, plutôt que de laisser sans protection un bon quatrième défenseur, ils vont préférer l'échanger contre des espoirs ou des choix à une équipe qui pourra l'ajouter à sa liste de protection.

Une règle moins connue est que certaines exigences doivent aussi être respectées en ce qui concerne les joueurs qui seront laissés sans protection. En effet, chaque équipe doit laisser sans protection au moins deux attaquants et un défenseur sous contrat pour la saison 2017-18 et qui ont disputé au moins 40 matchs dans la LNH en 2016-17 ou un total d'au moins 70 matchs au cours des saisons 2015-16 et 2016-17, de même qu'au moins un gardien qui est sous contrat pour 2017-18 ou qui deviendra joueur autonome avec compensation au terme de la saison 2016-17.

Cette deuxième règle ne va probablement pas modifier la stratégie des équipes quant aux joueurs qu'elles vont protéger, mais elle pourrait provoquer une vague de mises sous contrat de joueurs autonomes avec ou sans compensation, que les formations ne désirent pas nécessairement protéger, afin de respecter ces minimums. Alors qu'il s'agit habituellement des joueurs dont les équipes s'occupent un peu plus tard au cours de l'été, le dossier de certains d'entre eux se retrouvera sur le dessus de la pile afin qu'ils puissent être laissés sans protection. Il faudra donc que les directeurs généraux accordent des contrats à des joueurs qui ne sont pas assez bons à leurs yeux pour être protégés, mais suffisamment bons pour se tailler un poste s'ils ne sont pas repêchés par Vegas.

Les directeurs généraux n'aiment habituellement pas s'attaquer à ces petits dossiers sans savoir au préalable de combien d'argent ils disposent après avoir accordé des contrats à leurs joueurs de premier plan et après avoir fait leurs emplettes sur le marché des joueurs autonomes.

Clauses de non-mouvement

Lorsque la LNH a annoncé la tenue du repêchage d'expansion, des questions ont été soulevées quant aux clauses de non-échange et de non-mouvement qui sont rattachées aux ententes de plusieurs joueurs. Il a finalement été décidé que seules les clauses de non-mouvement devaient absolument être respectées.

Au moment d'écrire ces lignes, il y a 64 joueurs de la LNH dont le nom ne se retrouve pas sur la liste des blessés à long terme et qui devront obligatoirement être protégés en vertu d'une clause de non-mouvement. Les équipes peuvent toutefois demander à ces joueurs de lever leur clause, mais elles doivent le faire avant le 12 juin. Si un joueur accepte de lever sa clause de non-mouvement, il pourra être laissé sans protection de son équipe en vue du repêchage d'expansion. 

Si la plupart des joueurs qui possèdent une telle clause sont des éléments importants de leur équipe et auraient été protégés même sans cette clause, certaines équipes se retrouvent dans des situations très problématiques. En effet, certains directeurs généraux pourraient être obligés d'honorer des clauses de non-mouvement même s'ils auraient préféré protéger un autre joueur.

Neuf clauses de non-mouvement qui donnent des maux de tête aux DG

Cela laisse trois choix aux directeurs généraux qui se retrouvent dans cette situation : espérer que leurs joueurs acceptent de lever leur clause de non-mouvement, racheter le contrat de ce joueur ou procéder à une ou des transactions afin d'obtenir quelque chose en retour d'un actif qu'ils pourraient perdre sans rien recevoir en retour.

Les Golden Knights prêts à se sacrifier

S'il y a bien un actif que les Golden Knights possèdent et qui fait l'envie de la plupart des équipes, c'est leur marge de manœuvre sous le plafond salarial. En effet, à l'exception des 4,5 millions $ consentis à l'attaquant Vadim Shipachyov, Vegas n'a aucune obligation salariale pour le moment. Alors que toutes les équipes cherchent à faire preuve de créativité pour respecter le plafond salarial, l'arrivée de ce nouveau joueur change la donne.

Le directeur général de Vegas George McPhee a déjà annoncé à ses homologues qu'il était disposé à les délivrer d'imposants contrats dont ils voudraient se débarrasser en retour d'une contrepartie. McPhee pourra donc mettre la main sur des choix au repêchage, des espoirs ou des joueurs qui l'intéressent en acceptant les boulets financiers d'autres formations qui auront ainsi une chance unique de désengorger leur masse salariale.

McPhee se trouve également dans une belle position pour négocier avec des directeurs généraux désireux de jouer sur deux tableaux. Plusieurs de ses homologues tentent certainement de conclure des ententes avec des équipes en situation précaire à l'approche du repêchage d'expansion. Si ces négociations échouent, des directeurs généraux pourraient alors se tourner vers les Golden Knights, et leur demander quel serait le prix demandé en retour de ce joueur si jamais il devait être laissé sans protection.

Une émission de télé-réalité qui mettrait en relief les jeux de coulisses entourant le repêchage d'expansion ferait assurément fureur auprès des amateurs de hockey. Ces derniers devront toutefois se contenter d'attendre l'annonce des sélections de Vegas au cours du Gala de la LNH, le 21 juin (19 h 30 (HE), SN, NHLN). 

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