MONTRÉAL – Si les partisans du Centre Bell qui ont réclamé Dylan Larkin à plusieurs reprises pendant le match de samedi espéraient retenir son attention, c’est mission accomplie.
Quelques minutes après la défaite de 1-0 des siens en tirs de barrage face aux Canadiens de Montréal, l’attaquant des Red Wings de Detroit s’est présenté devant les médias en sachant probablement très bien que le sujet serait abordé de front.
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En demandant une transaction avant le début de la saison, l’Américain s’est un peu peinturé dans un coin.
« C’était intéressant, a dit l’ancien capitaine de l’équipe. Je n’aurais jamais imaginé entendre ça dans cet édifice ni dans ma carrière. Ce sont des partisans passionnés. Ils font partie des meilleurs. Selon moi, c’est la meilleure ambiance dans toute la Ligue, et les amateurs connaissent leur hockey.
« Cela dit, après quelques secondes, j’ai remis ma concentration sur le match. »
Le bruit est rapidement devenu difficile à ignorer.
Lors de la période d’échauffement, un partisan avait collé une pancarte en forme de couronne contre la baie vitrée du côté des Red Wings. On pouvait y lire : « On veut Larkin! Viens vivre le traitement royal. Lar-king, Lar-king! ». Dès la 30e seconde de jeu, tout le Centre Bell a entonné « On veut Larkin! On veut Larkin! »
Le manège a repris à deux autres occasions pendant la première période.
La réception des amateurs montréalais contrastait beaucoup avec celle que Larkin a reçue à Detroit depuis le début de la campagne. Il a été accueilli avec des huées lors de la présentation des joueurs, et les amateurs continuent de lui exprimer leur mécontentement en le huant chaque fois qu’il touche à la rondelle.
Quand une collègue de Detroit a voulu l’amener sur ce terrain, il lui a poliment demandé de changer de sujet.
On peut tout de même imaginer que l’opération charme a eu son petit effet. Les rumeurs veulent que le Tricolore soit intéressé à ses services, mais que Montréal ne figure pas sur sa liste de destinations. Questionné sur la possibilité de venir jouer au Canada, Larkin a été plutôt habile pour se défiler.
« Je ne veux pas m’aventurer sur ce sujet, a-t-il répondu. Je joue avec les Red Wings, et on vient d’affronter les Canadiens. Je ne suis pas le seul joueur qui aime jouer à Montréal. C’est plaisant de jouer à la maison aussi. Nous tentons de gagner des matchs pour avoir de beaux moments au Little Caesars Arena. »
Une situation unique
Si l’ambiance était festive dans les gradins du Centre Bell, surtout après le but gagnant de Zachary Bolduc en tirs de barrage, elle l’était pas mal moins aux alentours du vestiaire des Red Wings. Le dossier Larkin fait jaser partout où va l’équipe, et ç’a pris d’autres proportions dans la métropole.
« Il y a une première fois à tout, a souligné son coéquipier Lucas Raymond. J’étais concentré sur le match, je n’ai pas trop porté attention aux chants. […] Depuis le début de la saison, nous nous sommes regroupés, et nous nous concentrons sur un objectif : celui de gagner des matchs et de continuer de nous améliorer. »
L’entraîneur Todd McLellan a abondé dans le même sens en tentant d’éviter de parler de Larkin.
« Notre groupe à l’interne et tout l’entourage avons fait un bon travail pour nous protéger du bruit extérieur autant que possible, a dit le pilote. Je mentirais si je disais que ce n’est pas une distraction, mais nous avons la responsabilité de nous concentrer sur ce que nous contrôlons. C’est ce que nous faisons. »
Lorsqu’un collègue a tenté de le relancer sur sa réaction aux chants de la foule montréalaise, l’entraîneur est respectueusement monté aux barricades.
« Vous savez quoi, a-t-il amorcé. J’ai fini d’en parler. Je n’en peux plus de parler de ça. Je suis désolé, mais je n’en parlerai plus. »
Voilà qui a mis fin à une soirée pour le moins unique. Avec tout ce qui s’est passé dans les gradins et en coulisses, on tend presque à oublier que les Canadiens se sont vu refuser trois buts au cours du match, dont un qui aurait potentiellement clos le débat en prolongation.
« Nous avons connu beaucoup de soirées folles ici, et ce soir en était une autre », a conclu Larkin.


















