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Bouchard : Qui sont les meilleurs gardiens de la LNH?

Notre chroniqueur analyse quels gardiens se démarquent du lot depuis quelques années

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Après avoir jeté un regard sur lesmarqueurs les plus dangereux et les défenseurs d'impact, attardons-nous maintenant aux gardiens de but. Le poste de gardien tire en grande partie son importance du faible nombre de joueurs concernés. Depuis quatre ans, à peine 76 gardiens ont dépassé le cap des 2000 minutes jouées, pas même trois gardiens par équipe.

Un si faible nombre de joueurs concernés explique en partie les grandes différences de performances qu'on voit à cette position. Les postes sont extrêmement rares et les heureux élus jouent énormément. Parmi les 76 gardiens identifiés, près de la moitié ont disputé 150 matchs et une trentaine ont joué plus de 10 000 minutes au cours des quatre dernières saisons. Les variations de performances d'un individu à l'autre sont donc magnifiées et les organisations ont de toute évidence de la difficulté à identifier correctement les joueurs qui peuvent se démarquer à l'intérieur d'un si faible groupe.

Depuis quatre ans, sept clubs ont obtenu de leurs gardiens des performances manifestement supérieures à la moyenne.

Si on reprend l'indicateur des buts prévus du site Corsica.Hockey, on arrive à une différence entre ce qui aurait dû être accordé et ce qui l'a effectivement été. Il n'est pas surprenant de voir que les Rangers de New York, les Capitals de Washington et les Canadiens de Montréal se classent devant les autres à ce chapitre.

On retrouve en effet les premiers gardiens de chacun de ces clubs parmi les 10 cerbères ayant sauvé le plus de buts au cours de cette période, un groupe mené par Carey Price, Cory Schneider, Cam Talbot et Henrik Lundqvist.

Lundqvist et Talbot sont côte à côte en plus d'avoir été coéquipiers, ce qui explique que les Rangers devancent ainsi les Canadiens au classement des équipes. De même, les Capitals ont eu le luxe d'appuyer Holtby de Jaroslav Halak, Michal Neuvirth et Philipp Grubauer, ce qui leur a permis de se hisser au premier rang total depuis quatre ans.

Il est aussi intéressant de considérer la contribution de ces gardiens sur une base horaire. En prenant le nombre de buts économisés à l'heure et en le montrant comme ce qui a été économisé sur le total prévu de buts accordés par l'équipe, on voit jusqu'à quel point un gardien dominant aide une équipe autrement moyenne à prendre des airs de puissance défensive.

Le graphique ci-dessous trace un axe à 2,7 buts accordés par heure jouée, soit la moyenne de la LNH toutes situations confondues lors de cette période. On voit clairement comment Talbot et Lundqvist ont fait passer une équipe plus qu'ordinaire pour une équipe défensivement supérieure. De même, Carey Price fait passer un club moyen au rang de défensive hermétique. Ces talents de pointe sont extrêmement rares et, comme on l'a vu cette saison avec les Oilers, il est extrêmement payant pour une équipe de savoir identifier un de ces talents lorsqu'il est coincé dans un rôle de second derrière un autre joueur.

Justement, quelles sont les équipes ayant bénéficié du travail de leur gardien depuis le début de la présente saison?

Reprenons le premier graphique, mais en y ajoutant cette fois-ci les résultats de la seule saison 2016-17. Encore une fois, les données concernent toutes les phases du jeu.

Les Capitals (Grubauer et Holtby) les Ducks d'Anaheim (l'émergence de John Gibson), les Oilers (Talbot!) et, surtout, les Blue Jackets de Columbus, avec le grand retour de Sergei Bobrovsky, ont clairement profité de leurs gardiens cette saison. Inversement, l'Avalanche du Colorado, les Jets de Winnipeg et les Blues de St. Louis ont vu leurs saisons torpillées par leurs gardiens.

Sur le plan individuel, les performances de Bobrovsky, Talbot et Matt Murray à Pittsburgh m'ont particulièrement frappé. Voici trois clubs qui seraient normalement clairement inférieurs à la moyenne défensivement parlant, mais sauvés des eaux par leurs gardiens. Bobrovsky, je m'excuse d'insister ainsi, fait particulièrement bien paraître John Tortorella et ses sbires. Les joueurs sont encore ici classés sur le nombre brut de buts sauvés, pour la saison 2016-17.

Je souligne aussi, en terminant, la présence de Scott Darling et Corey Crawford dans ce graphique. L'un comme l'autre semble apte à assurer une solide prime, un peu la cerise sur le sundae pour les troupes de Joel Quenneville. Alors que l'émergence de Nick Schmaltz consolide leur top-6, il semble encore une fois que les Blackhawks sont prêts à connaître un printemps fructueux. J'étais de ceux qui les voyaient chuter vers le milieu du classement, ils n'ont pas fini de me faire mentir.

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