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Une année qui change une vie

L'adversité a permis à Phillip Danault de grandir au cours des derniers mois

par Joanie Godin @canadiensmtl / canadiens.com

MONTRÉAL - Les choses ont rapidement changé pour Phillip Danault depuis un an. Des hauts et des bas, le joueur de 23 ans en a connu. Heureusement pour lui, son début de saison avec les Canadiens de Montréal est plutôt rempli… de hauts.

Si on lui avait dit à pareille date l'an dernier qu'il serait aujourd'hui un des joueurs les plus constants de l'équipe de sa province natale, Danault ne l'aurait probablement pas cru.

D'une part parce qu'il croyait qu'il ferait carrière dans l'organisation des Blackhawks de Chicago et d'autre part, parce qu'il venait de se faire opérer à la hanche pour réparer une lésion du labrum de la hanche gauche.

C'est le 26 février que tout a basculé.

«C'était très bizarre. On m'a téléphoné un des derniers soirs avant la date limite des transactions pour me dire que j'avais été échangé. Je ne m'y attendais pas du tout, raconte Danault.

Le Victoriavillois venait d'être échangé - avec un choix de deuxième tour au repêchage 2018 - en retour de Dale Weise, Tomas Fleischmann.

Jusque-là, Danault vivait «naïvement», selon ses propres dires.

«J'étais jeune et naïf. Je pensais que j'allais jouer là longtemps. Je me suis fait avoir et ça m'a remis les pendules à l'heure tout de suite», poursuit-il.

C'est qu'il avait été dans l'entourage des Blackhawks lors de leur dernière conquête de la coupe Stanley, en 2015 et qu'il croyait qu'un jour, il soulèverait la coupe à son tour dans cet uniforme. Mais ses rêves ont changé. Si les Canadiens peuvent aujourd'hui aspirer aux grands honneurs, c'était loin d'être le cas à son arrivée à Montréal.

«C'était dur. On perdait et c'était difficile pour mon mental. Ma capacité physique n'était pas là non plus à cause de mon opération à la hanche. Je n'avais pas eu le temps de m'entraîner comme il le faut. Je sentais que je n'étais pas en mesure de montrer ce dont j'étais capable à ma nouvelle équipe et ça me rendait fou! C'était rough. Ç'a été une année assez mouvementée et riche en émotions», admet le numéro 24 du Tricolore.

Un excellent entraînement estival dans la région de Québec et de belles performances en début de saison autant de Danault que de son équipe lui ont permis de retrouver le sourire.

«Quand ça va bien sur la glace, tout va bien en dehors aussi pour moi. Je me sens mieux», ajoute-t-il.

Et il a de quoi se sentir mieux. Après seulement 25 matchs, il a déjà plus de buts (cinq) qu'a sa saison complète l'an dernier (quatre). Il a également été nommé deux fois la première étoile d'un match et deux fois la deuxième. Tout ça, en un quart de saison.

Maturité acquise à la vitesse grand V

Lorsque Danault parle de sa dernière saison, on dirait qu'il fait référence à des moments très lointains. L'an passé, il s'était fait plutôt discret dans son nouveau vestiaire. Cette saison, c'est différent.

«J'étais jeune l'an passé - et je le suis toujours -, mais j'essaie maintenant d'agir en leader et d'aider l'équipe à performer et à gagner. Je sais que j'ai encore plein de choses à apprendre», souligne-t-il.

S'il était «jeune l'an passé», est-ce que c'est parce qu'il a rapidement pris de la maturité au cours des derniers mois, notamment avec les responsabilités en défense que lui donne son entraîneur-chef Michel Therrien?

«Oui. Quand tu fais ta place dans la LNH, c'est différent. C'est certain que j'ai appris des gars à Chicago et ceux d'ici. Ça me donne un peu de bagages pour commencer à devenir moi-même un leader, embarquer dans la gang avec les grands leaders qu'on a déjà», explique celui qui avait été un choix de premier tour des Blackhawks en 2011.

D'ailleurs, Danault estime qu'avec l'addition de Shea Weber, le vestiaire des Canadiens commence à ressemble à ce qu'il a vécu à Chicago avec les leaders comme Jonathan Toews, Duncan Keith et Patrick Kane.

Avec le recul, le Québécois attribue ses succès à son parcours, qui comprend un séjour dans la Ligue américaine.

«À 18 ans, je rêvais de jouer tout de suite dans la LNH. C'était naïf et impatient de ma part. Il fallait que je fasse mes classes dans la LAH pour arriver ici et être prêt. Ne serait-ce que pour apprendre à cuisiner tout seul! Si j'avais commencé tout de suite dans la LNH, ça n'aurait pas marché. Et ça m'aurait joué dans la tête si je m'étais fait rétrograder par la suite, c'est certain», souligne-t-il.

Il se considère «choyé» de ne pas avoir brûlé d'étapes en jouant pendant deux saisons avec les IceHogs de Rockford.

«J'ai réussi. Maintenant, j'ai un poste dans la Ligue nationale. C'est toujours ça que j'ai voulu, c'est sûr. Mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite que ça. J'ai prouvé à tout le monde que je suis capable de jouer et je veux continuer comme ça. Mais mon parcours dans la Ligue américaine a été vraiment important», dit-il, ajoutant que la confiance que les entraîneurs ont en lui joue aussi pour beaucoup sur ses performances.

Malgré tout, Danault n'est toujours pas satisfait. En fait, il a toujours été un éternel insatisfait. Il a l'esprit de compétition très aiguisé.

«Je suis compétitif partout, ça ne fait aucun doute. Même ma blonde, je ne la laisse pas gagner souvent!» lance-t-il à la blague.

Mais sa copine, Marie-Pierre, ne doit pas trop lui en tenir rigueur, puisqu'elle a accepté sa demande en mariage. Le grand jour aura lieu quelque part en 2018.

 

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